Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix du Qatar

Les Alpine à la fête

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Par Alexandre C.

24 novembre 2021 - 18:18
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les tops et les flops identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être applaudi ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : Hamilton rugit et finit la saison en trombe

Depuis 2010, le vainqueur d’un nouveau circuit apparu au calendrier est toujours devenu champion du monde à la fin de l’année. Bien sûr, cette statistique vaut ce qu’elle vaut mais elle témoigne tout de même d’un pressentiment qui parcourt le paddock : et si Lewis Hamilton était bien devenu le nouveau favori dans la course au titre ? Quoi qu’il en soit, le renversement de vapeur du Britannique est stupéfiant. Après Mexico, et la facile victoire de Max Verstappen, on avait trouvé un pilote Mercedes presque fataliste, désabusé sur ses chances de titre.

Et le voici revenu à 8 points du Néerlandais, avec le vent dans le dos. Le tournant n’était peut-être pas le sursaut d’orgueil de la disqualification du Brésil, qui aurait réveillé le lion Lewis Hamilton, Toto Wolff dixit. Non, dès les EL1 d’Interlagos, le pilote Mercedes était en très, très grande forme. De nouveau, il a signé en Q3 samedi dernier le plus gros écart de l’année sur Max Verstappen avec 455 millièmes d’avance (lors de la Q3 du Brésil l’écart était même supérieur avant disqualification). Cela confirme bien que même sans de grandes lignes droites au programme, la Mercedes a trouvé quelque chose, en particulier sur la voiture de Lewis Hamilton qui reçoit les dernières nouvelles pièces. A quoi attribuer ces progrès ? C’est sans doute plus complexe qu’une espèce d’aileron arrière illégal dont on ne voit toujours pas la couleur… En course bien sûr le lendemain de ces qualifications triomphales, Lewis Hamilton a géré son avance, réalisant une course aussi solitaire que solide, sans trop de suspense. Le champion en titre ira-t-il chercher un de ses plus beaux succès en F1 en battant Red Bull au finish ? S’il continue comme cela, Max Verstappen a beaucoup de soucis à se faire.

Top n°2 : Alpine colle un 25-0 à AlphaTauri

Avant le Qatar, Alpine et AlphaTauri étaient à égalité de points au classement des constructeurs. Désormais 25 points les séparent. Car le week-end d’Alpine en général et de Fernando Alonso en particulier fut sensationnel. Les Bleus étaient la 3e force du week-end, peut-être pas en qualifications mais sûrement en course. Fernando Alonso comme Esteban Ocon s’étaient déjà très bien qualifiés, le premier avec un meilleur rythme que le second, ce qui s’est confirmé tout le week-end. En course, les deux voitures ont également réalisé une stratégie très efficace. Alonso a en particulier impressionné par sa gestion du dépassement de Pierre Gasly, en début de course, et par sa gestion des gommes le reste du temps, en exécutant une parfaite stratégie à un arrêt. Son podium fait plaisir à tout le monde puisque nous avons retrouvé le Alonso qu’on aime : un guerrier ou un gestionnaire, sans mauvais esprit. Son premier podium depuis la Hongrie 2014 (Max Verstappen n’était pas encore en F1 et Lewis Hamilton n’avait qu’un titre de champion) représente aussi le plus long intervalle entre 2 podiums consécutifs en F1. Quoi qu’il en soit l’Ibère avait bien mérité les louanges d’Alain Prost qui l’a qualifié de « meilleur pilote » du plateau après-course.

Désormais Alpine ne doit pas se contenter de ce week-end très réussi. La Hongrie n’était restée pour longtemps qu’un « one-shot ». Il faut stopper cette irrégularité qui empêche Alpine de viser ce qu’elle devrait viser, c’est-à-dire plus battre McLaren et Ferrari qu’AlphaTauri ou Aston Martin F1.

Top n°3 : Stroll, sa meilleure course de l’année ?

Lance Stroll a sûrement signé son meilleur dimanche de l’année au Qatar, avec une 6e place (il n’avait jamais fini plus haut en 2021) presque inattendue, qui confirme que quand il le veut, le Canadien peut être un redoutable pilote, bon gestionnaire de gommes ; lui aussi a su jouer d’un décalage stratégique réussi pour battre les deux Ferrari, ce qu’on aurait pensé presque impensable avant la course. Un départ efficace conjugué à une certaine confiance derrière le volant lui ont ainsi permis de refaire le plein de confiance avant l’an prochain. Notons cependant que Sebastian Vettel a dominé son coéquipier en qualifications et sans un départ totalement manqué, aurait pu jouer avec lui. Après un trou d’air spectaculaire au Mexique, Lance remet les pendules à l’heure…

Les flops

Flop n°1 : Le samedi de Sergio Pérez brouille son dimanche et son bilan

Il n’est certainement pas normal pour une Red Bull, une voiture qui lutte pour le titre de l’autre côté du garage, d’être éliminé en Q2. Ce qui était peut-être excusable en début de saison pour Sergio Pérez ne l’est plus en cette deuxième moitié de saison, cruciale pour Red Bull et pour Max Verstappen. Ce l’est encore moins si l’on se rappelle que Sergio Pérez est même le seul pilote Red Bull à ne pas être passé en Q3, puisque Yuki Tsunoda et Pierre Gasly s’étaient aussi qualifiés dans le top 10 au Qatar. Le pire est que Sergio Pérez n’a pas pu même profiter de ce libre choix des pneus au départ, en partant sur une stratégie à deux arrêts aux stands certes un peu douteuse quand on connaît, d’une part, les succès stratégiques de Fernando Alonso avec une stratégie à un arrêt, et d’autre part, la qualité de gestionnaire du pilote Red Bull. Mais qui sait, peut-être aurait-il pu crever comme Valtteri Bottas. Sergio Pérez avait beau jeu de critiquer la stratégie de son équipe : en partant plus haut, tout aurait été plus simple…

En somme il a payé le dimanche son flop de la veille et ainsi perdu un podium qui aurait été normal. S’agissant de ses performances en qualifications, qui se redressaient quelque peu, la question est maintenant : le Qatar sera-t-il la règle ou l’exception ?

Flop n°2 : Bottas : bis repetita

Valtteri Bottas a presque vécu un week-end similaire à celui du Mexique au Qatar et cela devient agaçant à force : bonnes qualifications, départ manqué, coincé dans le peloton et résultat catastrophique au final… Comme au Mexique donc, le pilote Mercedes a subi un mauvais départ. A Mexico, Lewis Hamilton lui avait reproché d’ouvrir la porte à Max Verstappen, tandis qu’à Losail, le Finlandais a perdu pied dans le peloton, sans trop défendre ou pouvoir riposter. A la porte des points pendant une bonne partie de la course, il faisait montre de ses habituels défauts : ne pas pouvoir doubler dans le peloton, ce qui est inquiétant pour un futur pilote Alfa Romeo.

Même Toto Wolff s’en agaçait publiquement, lui qui a crié « Hurry up » à Valtteri à la radio en pleine course. Un petit camouflet ? Peut-être. Valtteri Bottas était certes sur une bonne remontée avant sa crevaison, mais de nouveau, Toto s’est peut-être dit que le choix George Russell n’était pas forcément le mauvais pour l’an prochain. Alors que Red Bull revient à hauteur de Mercedes au classement des constructeurs, cette déconvenue Bottas pourrait coûter très cher…

Flop n°3 : Avis de disparition pour les AlphaTauri en course

Qui l’eût cru ? Lorsque les feux rouges s’éteignaient dimanche soir au Qatar, Pierre Gasly n’avait que Lewis Hamilton devant lui… Et pourtant, le pilote AlphaTauri a fini à la porte des points, après avoir dégringolé et souffert tout le long du Grand Prix. A quoi attribuer une perte totale de rythme, après un superbe chrono en qualifications de nouveau ? Au choc de l’aileron cassé des qualifications ? Peut-être pas puisque Yuki Tsunoda a aussi beaucoup offert.

Sans doute est-ce le même mal qui a affecté Pierre Gasly comme Yuki Tsunoda (qui a dégringolé plus encore) le dimanche, à savoir une AlphaTauri trop dure avec ses gommes, surtout l’avant-gauche qui était à la limite. Ajoutons à ce cocktail décevant une stratégie hésitante, et vous obtiendrez donc une petite désillusion pour AlphaTauri, qui rappelle peut-être les difficultés de Mercedes à convertir de bons succès le samedi en bons points le dimanche, en 2012 ou 2013. « Je n’ai pas de réponse, on ne peut pas faire des miracles tous les jours mais de là à perdre autant de positions avec Yuki [Tsunoda]. On partait tous les 2 dans le top dix, mais on n’avait aucun rythme » concluait amer Pierre Gasly après la course…

On demande à voir…

Lewis Hamilton va-t-il foncer vers la tête du championnat à Jeddah ?

Le circuit de Jeddah, le prochain Grand Prix, sera beaucoup plus sensible à la puissance moteur que celui de Losail. Il rappellera ainsi un peu Interlagos… où justement Lewis Hamilton avait collé un écart monstre à Max Verstappen en Q3 (avant disqualification), sans parler de ses remontées stupéfiantes par ses dénouements comme par son aisance en qualifications sprint et en Grand Prix. Forcément, on peut se dire que sur un circuit sensible à la puissance moteur, le pilote Mercedes pourrait tout écraser puisque son unité de puissance d’Interlagos (qui n’était pas celle de Losail) reprendra du service en Arabie saoudite. Il y a de quoi être pessimiste côté Red Bull.

Mais attention à ne pas trop l’être car il y a beaucoup d’incertitudes aussi. Lewis Hamilton, après Interlagos, disait déjà s’attendre à des pertes de puissance du V6 Mercedes au fur et à mesure du kilométrage. Ce qui est naturel dans tout V6 semble l’être encore plus sur celui de Mercedes, qui non seulement perdrait beaucoup en performance mais encore en fiabilité plus rapidement qu’il ne le faudrait – d’où la pénalité moteur de Lewis Hamilton à Interlagos. Alors, ce moteur thermique va-t-il continuer à effrayer les Red Bull, où les maux que craint Mercedes (perte rapide de puissance et de fiabilité) vont-ils être la bouée de sauvetage de Red Bull ? A Milton Keynes on transpire déjà…

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