Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix de Russie

Du baume au cœur pour McLaren

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Par Alexandre C.

28 septembre 2021 - 18:42
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être applaudi ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : Hamilton et Verstappen, voici pourquoi ils dominent le championnat

Ceux qui survoleront le résultat du Grand Prix de Russie diront : « et alors, Hamilton 1er, Verstappen 2e, qu’est-ce qui change ? ». Ce qui change, ce sont les circonstances de course exceptionnelles ayant présidé à ce Grand Prix de Russie ; si Lewis Hamilton et Max Verstappen finissent alors aux deux premières places, cela souligne moins la prévisibilité de la F1 (surtout cette année) que le talent exceptionnel de ces deux chefs de file. Le plus grand mérite de Lewis Hamilton tout d’abord est d’avoir écouté son équipe au moment du passage en intermédiaires. Comme Lando Norris, le pilote Mercedes a d’abord refusé de rentrer ; puis il a fini par faire confiance à son muret. « Je ne peux pas m’attribuer le mérite de cette décision incroyable, c’est celui de l’équipe » confiait, avec grande classe, Lewis après l’arrivée. Ce qui a fait la différence sur Lando : c’est donc l’expérience, la confiance placée en Mercedes depuis ses années de succès depuis 2014. On vit ensemble, on gagne et perd ensemble : c’est ainsi que Lewis a tout gagné ou presque depuis 2014, et c’est ainsi qu’il reprend la tête du championnat à Max Verstappen.

Quant à Max Verstappen, son mérite d’être revenu en 2e place est peut-être plus grand quand l’on sait qu’il partait… dernier ! Lui aussi a la vista au moment de gérer le passage aux intermédiaires. Il faut dire qu’il avait moins à perdre étant donné que la stratégie Red Bull, aventureuse, l’avait fait rentrer en même temps que Lewis Hamilton, alors que le pilote Mercedes partait en médiums et le pilote Red Bull en durs. La pluie a d’ailleurs été salvatrice car ses pneus médiums perdaient grandement en température.

Les overcuts stratégiques réussis de Lando Norris, Fernando Alonso et… Sergio Pérez avant la pluie, indiquaient bien quelle était la marche à suivre. Et pourtant, Max assurait que ses durs étaient déjà en fin de vie... Peu importe, que ce soit dans le peloton ou sous la pluie, le Néerlandais n’a commis aucune erreur et aurait sans doute signé pour cette 2e place. Et maintenant en prime, il a un moteur tout neuf…

Top n°2 : McLaren et Norris malgré tout

Jamais une 7e place n’aura été aussi amère pour Lando Norris. Le Britannique avait tout bien fait jusqu’à l’arrivée de la pluie à Sotchi. Pole position, dépassement pour reprendre la tête de course face à Carlos Sainz… Lando Norris tenait une victoire incroyable de prestige puisqu’à la régulière, sans la pluie, même Lewis Hamilton a reconnu qu’il aurait eu du mal à doubler la McLaren. Et patatras : le Britannique, trop gourmand, trop sous pression, trop enthousiaste, ou trop naturellement conservateur puisqu’il occupait la tête de course (Toto Wolff a estimé qu’avec la pluie, McLaren n’aurait pu que perdre la course de toute manière), Lando Norris est passé en quelques averses de la première à la 7e place. Les yeux rougis.

Seul bémol qu’on retiendra de ce week-end : non le choix de ne pas rentrer (tout le monde peut se tromper) ; mais peut-être son attitude envers son équipe. Car alors même qu’il avait lancé un fort « Shut up » à son ingénieur de course qui lui décrivait l’averse tombait sur Sotchi, Lando Norris a, en conférence de presse, une heure plus tard, estimé que son muret des stands ne l’avait pas assez prévenu du danger à venir : « J’ai décidé de rester dehors parce que l’équipe m’a dit qu’il ne devait pas y avoir plus de pluie que ça, et que c’était le maximum que la pluie pouvait atteindre Pour une raison quelconque, nous n’avons pas su, vu ou anticipé que ce ne serait pas seulement une bruine, mais beaucoup de pluie. Et c’est là que nous nous sommes trompés. Je ne savais pas qu’il allait y avoir beaucoup plus de pluie. Et il n’y a aucun moyen pour moi de le savoir, à moins qu’ils ne me disent qu’il va y avoir beaucoup plus de pluie, ce qu’ils n’ont pas fait. » Une attitude qu’on peut trouver dommageable. Mais d’une part, à écouter les radios, effectivement, McLaren n’a pas assez insisté ; et d’autre part, même si Lando aurait pu ne pas critiquer ainsi son équipe en public, y compris pour de bonnes raisons, on mettra sa réaction sur le compte de la déception du moment, compréhensible pour un jeune pilote qui attendait sa première victoire avec tant d’impatience, surtout après celle de son coéquipier lors du dernier Grand Prix.

Du reste il y a aussi du positif à retenir pour McLaren. Comme le soulignait Daniel Ricciardo après la course, l’équipe orange était de nouveau très compétitive ; et même au classement des constructeurs, McLaren a inscrit 4 points de plus que Ferrari. Sur un plan personnel, Lando Norris apprendra in fine de cette course, a gagné 10 Grands Prix d’expérience en un seul, et pourra faire plus confiance aux siens à l’avenir. Il l’admettra peut-être avec le recul, mais pas quelques dizaines d’heures après ce qu’il a lui-même décrit comme le plus grand déchirement de sa carrière.

Top n°3 : Sainz, toujours un des pilotes les plus injustement sous-estimés du paddock ?

Carlos Sainz fait-il partie des pilotes les plus sous-estimés du paddock ? Lui-même s’en plaint régulièrement et y a de quoi en effet un peu lui donner raison puisque l’Espagnol a de nouveau signé un résultat très solide ce week-end. 2e en qualifications, le pilote Ferrari était en première place après les premiers tours, alors que de toute évidence, surtout avec la vieille unité de puissance, le moteur Ferrari n’était pas au niveau du Mercedes. Lando Norris a ainsi mis de longs tours à passer devant la Ferrari. Quand ce fut fait, Carlos Sainz aurait de toute façon sans doute terminé sur le podium ou au pied de celui-ci ; mais il a rappelé pourquoi il était bien un pilote d’expérience (il a commencé la F1 en même temps que Max Verstappen, soit il y a 7 sept saisons) au moment du passage en pneus intermédiaires, en faisant de meilleurs choix que Charles Leclerc.

Au classement pilotes, Carlos Sainz devance Charles Leclerc pour le moment (8,5 points d’écart). Qui l’eût cru en début d’année ? Ceux qui se rappelaient qu’en 2015 chez Toro Rosso, l’écart entre Max Verstappen et lui était tout sauf grand !

Les flops

Flop n°1 : Deuxième week-end la tête à l’envers pour Gasly et Tsunoda

Comme à Monza, AlphaTauri repart avec 0 point alors même que la monoplace italienne avait le potentiel pour un top 5 ou 6 en qualifications (le rythme de Pierre Gasly en Q1 ou en essais libres le témoigne). C’est une autre occasion de gâchée et cela commence à faire beaucoup pour AlphaTauri, qui se voit distancée par une équipe Alpine qui au contraire ne gâche aucune occasion notamment grâce à Fernando Alonso (magistral aussi en Russie). L’ambiance s’est même un peu tendue : en qualifications, éliminé de la Q2, Pierre Gasly était très énervé envers son équipe. « Pendant trois tours je demandais à rentrer parce que mes pneus étaient morts, et voilà, on ne l’a pas fait et... je ne comprends pas forcément pourquoi. Je préfère ne pas trop parler parce que sinon je vais m’énerver et ça ne sert à rien maintenant » lâchait-il ainsi. Il s’agit maintenant de se reconcentrer et de ne pas laisser l’émotion dominer puisqu’il est clair que cette AlphaTauri peut être une petite pépite sur certains Grands Prix.

Quant à Yuki Tsunoda, il a été de nouveau inexistant : à bonne distance de Pierre Gasly en qualifications (une pleine seconde), fantômatique en course, le Japonais n’était pas là pour recoller les morceaux comme il l’avait su le faire… lors de sa première apparition à Bahreïn. Une autre époque. Désormais le pilote AlphaTauri veut appuyer sur le bouton « reset », bouton qu’il a déjà pressé à de trop nombreuses reprises cette année…

Flop n°2 : Portes ouvertes chez Valtteri Bottas

Valtteri Bottas avait déjà changé d’éléments moteur à Monza, contrairement à Lewis Hamilton, et pourtant, c’est bien le Finlandais qui a subi un changement de moteur thermique avant le Grand Prix de Russie, reculant de la 7e à la 17e place. La raison officielle pour Mercedes ? Chacun a soupçonné la volonté de l’équipe allemande de « bloquer » la remontée de Max Verstappen en fond de grille. En réalité, Mercedes a bien pris cette pénalité pour des motifs liés à la fiabilité, a révélé le soir du GP Andrew Shovlin, ingénieur de course en chef chez Mercedes : car le moteur « neuf » de Valtteri Bottas à Monza serait déjà hors d’usage. La 7e place de Valtteri Bottas sur la grille a donc servi de prétexte idéal.

Mais il n’en reste pas moins que de sa position, Valtteri Bottas, censé être très performant, devait être très utile pour bloquer Max Verstappen. Le résultat ? Il a tenu une poignée de tours seulement avant de céder facilement… Max Verstappen a eu plus de mal à doubler, dans sa remontée, des voitures de milieu de grille. Damon Hill a même critiqué vertement le futur pilote Alfa Romeo après la course : « Vous ne pouvez pas oublier que le gars qui est arrivé deuxième a commencé la course derrière lui et que son coéquipier a gagné la course. Valtteri, en course, on s’attendait à ce qu’il se défende un peu pour se battre contre l’équipe Red Bull et Max Verstappen, mais il semblait juste lui faire signe de passer. Peut-être qu’il ne voulait tout simplement pas d’ennuis. Il n’a pas l’air de faire la course. C’était presque comme un cadeau pour Max. » Après l’arrivée, Valtteri Bottas lui-même a admis que la pluie avait « sauvé » sa course puisqu’en faisant le choix de basculer sur les inters au meilleur moment, le pilote est remonté dans le top 5.

Une fois de plus il a été vu que Valtteri Bottas avait du mal dans le peloton, et qu’il n’est pas le premier à défendre le plus agressivement (c’est une litote). Bottas a expliqué ses difficultés par du sous-virage en suivant les autres voitures…

Flop n°3 : 3,9 secondes…

En Q1, samedi dernier à Sotchi, Mick Schumacher a fini 17e et Nikita Mazepin 19e. A priori, rien de remarquable dans ce résultat brut (même si Mick Schumacher s’est offert l’Alfa Romeo d’Antonio Giovinazzi).

Mais ce qui est en revanche frappant, c’est l’écart abyssal entre les deux pilotes Haas : 3,9 secondes sur un tour et dans des conditions similaires. Cela fait bien sûr très mal à voir pour le pilote russe, dépassé par son coéquipier en qualifications (12 à 3 cette année) malgré quelques progrès ces dernières courses. L’écart moyen entre les deux coéquipiers le samedi grandit au-dessus des 6 dixièmes. Mick Schumacher a lui-même confié après les qualifications qu’il adorait ces conditions piégeuses sous la pluie comme samedi dernier : dans le garage Haas, cela s’est vu.

On demande à voir…

Le moteur gratuit de Verstappen va-t-il faire la différence ?

A Monza et à Sotchi, Max Verstappen était censé perdre des points sur Lewis Hamilton compte tenu de la nature des tracés, plus favorables à Mercedes. Résultat des courses, le Néerlandais en a repris 2 au Britannique à Monza, et perdu « seulement » 7 à Sotchi, circuit où Mercedes demeure invincible depuis 2014 (voire 1913). Et cela aurait pu être bien pire pour Max Verstappen puisqu’il partait dernier en Russie, ayant décidé de changer tous ses éléments moteur, étant donné que finir la deuxième moitié de saison avec les pièces actuelles aurait été trop juste.

Du même coup Max Verstappen a désormais un moteur bonus face à Lewis, qui, sans avoir forcément besoin de nouvelle unité de puissance d’ici Abu Dhabi, se retrouve forcément en situation de fragilité. Sans compter que d’ores et déjà la nouvelle unité de puissance de Valtteri Bottas, montée à Monza, a montré de gros signes de faiblesses. Sur un GP ou un autre, Lewis Hamilton pourrait donc être forcé de partir en fond de grille (avec peut-être des circonstances de course moins exceptionnelles qu’à Sotchi). Et sur le reste des courses, en attendant, il pourrait ainsi peut-être moins attaquer en course, de peur de voir son unité de puissance exploser… alors que Max Verstappen sera tenté de monter un peu plus les régimes. Et si cela faisait la différence au bout du compte, tant cette année est serrée ?

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