Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix de l’Eifel

Le milieu de grille à l’honneur, la fiabilité en question

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Par Alexandre C.

13 octobre 2020 - 18:25
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être louangé ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : Le retour express de Nico Hülkenberg : 4 tours en essais, 4 points en course

C’est certainement une des histoires les plus folles de cette saison : samedi à 11h, Nico Hülkenberg était à Cologne en train de siroter un café. Il reçoit un appel… A l’autre bout du fil, Otmar Szafnauer qui lui dit : « Nico, on a besoin de toi, viens vite ! ». En effet avec Lance Stroll malade, Nico Hülkenberg a été appelé en dernière minute – littéralement – pour remplacer le Canadien en qualifications. Il a alors foncé, en voiture, vers le Nürburgring (qui heureusement n’était pas si loin) pour monter, à quelques minutes près, dans la Racing Point avant la Q1. Sans roulage précédent, sans avoir pu régler sa voiture à la convenance, sans avoir pu bien s’installer dans le baquet, sans avoir eu le temps de travailler les caractéristiques d’un circuit qui n’était plus au calendrier depuis 2013, Nico Hülkenberg aurait pu légitimement être désarçonné, mettre sa voiture dans les murs, ou de ne pas être dans les 107 %. Il a au contraire, en qualifications, fini à 4 dixièmes du 19e, et à une seconde du temps de Sergio Pérez en Q1, avec pour seule erreur un blocage de roues. Remarquable. Sans doute qu’avec un relais de plus en Q1, Nico aurait pu passer dans la deuxième partie des qualifications…

Ce fut encore meilleur en course. En effet Nico Hülkenberg a réalisé un sans-faute, trouvant de plus en plus de rythme dans sa monoplace. Il a également su faire durer son premier relais en tendres, « la clef d’un bon résultat » comme il le reconnaissait lui-même. « C’était inattendu mais c’est apprécié, j’en suis heureux. » Voici 4 points précieux pour Racing Point et qui pourraient faire la différence au classement des constructeurs en fin d’année. Quant à son avenir, Nico Hülkenberg a sans doute marqué de bons points. Mais un pilote aussi fiable ne mérite-t-il pas mieux qu’une Haas ?

Top n°2 : Un podium pour Ricciardo et Renault, logique après une série de bons résultats

Le premier podium de Daniel Ricciardo est venu comme une juste récompense pour les efforts de l’Australien, et les progrès de Renault. Depuis Silverstone, en effet, la monoplace française a franchi un cap, en trouvant de plus en plus de constance à fort ou faible appui. Cette 3e place est ainsi somme toute logique : car avec l’abandon de Valtteri Bottas, avec celui d’Alexander Albon, Daniel Ricciardo était bien « l’homme à battre » dans le peloton comme il l’avait dit lui-même après le Grand Prix de Russie. L’homme à battre… avec Sergio Pérez. Car le duel pour la 3e place fut beau et chaud entre la Racing Point et la Renault. Sans la voiture de sécurité, Sergio Pérez serait probablement revenu dans la boîte de vitesses de Ricciardo et avec des pneus plus frais, le Mexicain aurait sans doute pu passer facilement. Mais Ricciardo en gardait-il sous le pied ? Impossible de le savoir. Cette 3e place, Daniel Ricciardo est aussi allé la chercher avec brio par un dépassement bien senti sur Charles Leclerc à l’extérieur du virage 2, après avoir été longtemps bloqué derrière la Ferrari. Ce podium est ainsi certes dû à l’abandon de Valtteri Bottas, mais il était dans la logique des choses que Renault soit récompensée pour ces progrès.

Top n°3 : Grosjean et Giovinazzi se réveillent au bon moment

En fond de grille, deux pilotes qu’on dit sur le départ se sont réveillés (trop tard ?) au Nürburgring ce week-end. Il y a tout d’abord Romain Grosjean. Le Français de Haas avait d’abord effectué un très bon tour en Q1, largement suffisant pour passer, mais malheureusement annulé pour franchissement des limites de la piste. Parti 16e, Romain Grosjean a pourtant réussi à finir 9e… Et avec un doigt bien abîmé. Comment ? Les abandons bien sûr. Mais aussi, une gestion étonnante et remarquablement efficace des durs, sur une piste qui ne dépassait pas les 17 degrés. Romain Grosjean a fait partie des pilotes n’ayant pas pu changer de pneus sous voiture de sécurité. Et pourtant, avec des durs usagés, il a su résister à Antonio Giovinazzi qui était en tendres neufs derrière lui. « J’ai perdu deux positions mais j’ai réussi à remettre de la température dans les pneus, à garder la voiture dans le rythme, elle se comportait bien. C’est un circuit que j’apprécie à l’ancienne avec de la variété, c’est plutôt cool » confiait le Français après l’arrivée. Au vu de l’expérience de Romain, de la qualité de son retour technique, Günther Steiner va-t-il avoir des doutes ?

La position de Antonio Giovinazzi paraît plus précaire encore chez Alfa Romeo, puisque Mick Schumacher est plus que jamais annoncé titulaire pour l’an prochain. Cependant l’Italien a certainement réussi son meilleur week-end de l’année au Nürburgring. Tout a commencé par une belle Q2 : trois dixièmes devant un pâle Kimi Räikkönen en Q1, et une 13e place efficace devant Kevin Magnussen. En course, Antonio Giovinazzi a notamment su résister aux assauts de Sebastian Vettel pour bien se positionner dans le peloton. Cette 10e place tombe à pic pour lui…

Les flops

Flop n°1 : Albon, des erreurs et des maladresses en cascade

Une nouvelle fois, Alexander Albon figure dans les « flops » du week-end. Il faut dire que la situation ne s’améliore pas pour le Thaïlandais. Même s’il a fini 4e en qualifications, il restait à une bonne demi-seconde de son coéquipier Max Verstappen : encore suffisant. Mais le dimanche fut bien pire pour Albon. Au premier tour, un gros blocage de pneu lui fit perdre des places… Le carambolage fut évité de peu. Et le contraignit à rentrer bien plus tôt que prévu aux stands. Ce blocage eut des conséquences en cascade puisque c’est en revenant alors sur Daniil Kvyat qu’Albon, de manière totalement inutile, se rabattit inconsciemment sur l’AlphaTauri, écopant d’une pénalité de cinq secondes. Une nouvelle fois, le jeune pilote s’est donc montré friable en circonstances de course.

Son « they race me si hard » sur un autre dépassement donna enfin de lui une mauvaise image… Comme celle d’un pilote un peu naïf, qui n’était pas au courant de l’intensité du monde de la Formule 1. Avec une Red Bull plus en forme, Albon aurait peut-être été dans la bataille Ricciardo-Pérez, mais qui sait ? Un problème apparemment lié à son unité de puissance Honda l’a empêché d’aller plus loin…

Flop n°2 : Räikkönen marque l’histoire et la Williams de George Russell

Son 323e départ, nouveau record absolu, le laissait dans l’indifférence dans la plus totale… Et en effet, ce Grand Prix de l’Eifel fut pour Kimi Räikkönen loin d’être mémorable. En qualifications, le Finlandais a cruellement manqué de vitesse et la comparaison avec Antonio Giovinazzi (13e, tandis que Räikkönen était 19e) était assez rude pour le champion du monde. En course, ce ne fut guère mieux. Après un départ mitigé, Kimi Räikkönen s’est surtout montré coupable d’une grosse erreur dans sa bataille avec Sebastian Vettel et George Russell : un blocage de pneus l’a fait rentrer dans la Williams, en endommageant le fond plat et la suspension de George Russell qui dut abandonner. Fort logiquement, Kimi écopa de 10 secondes de pénalité et de deux points en moins sur son permis. Même si la voiture de sécurité a permis d’annuler cette pénalité, Kimi Räikkönen a surtout passé son week-end dans l’ombre d’Antonio Giovinazzi. Une fois n’est pas coutume.

Flop n°3 : La fiabilité inquiète chez Renault et Mercedes, bientôt des pénalités ?

La course du Nürburgring fut marquée par un nombre assez important d’abandons : cinq au total. Deux se détachent car ils sont particulièrement inquiétants pour la suite de la saison. Le premier est bien sûr celui de Valtteri Bottas, qui a perdu apparemment son MGU-H en pleine épreuve… Alors qu’il venait d’en recevoir un neuf. Du même coup, cette première défaillance mécanique de l’année pourrait lui valoir sa première pénalité au Portugal, lors du prochain Grand Prix. Il n’avait pas besoin de cela.

Plus sérieuse et gênante encore est la défaillance subie par Lando Norris, là encore liée à un problème électrique à première vue. Gênant, car ce n’est pas la première défaillance de l’année pour McLaren, loin de là, et parce que des nouveaux éléments moteurs avaient été aussi installés dans la McLaren pour ce week-end. On pouvait d’ailleurs sentir l’agacement de Andreas Seidl, le directeur de l’écurie McLaren en F1, après la course : « Malheureusement, nous avons eu un autre problème de groupe motopropulseur après avoir déjà dû installer un nouveau moteur ce matin sur la voiture de Lando. Nous devons attendre que nos collègues de Renault fassent une enquête, mais il semble que ce soit un problème similaire à celui qu’a connu Carlos à Spa. » Quand chaque point compte pour la 3e place au classement des constructeurs, voilà qui devrait donner peut-être de lourds remords à Woking…

On demande à voir…

Les évolutions McLaren sont-elles un progrès ou un pas en arrière ?

Une autre raison d’être inquiets pour Woking est à chercher du côté des dernières évolutions aérodynamiques. Elles étaient censées permettre à McLaren de rattraper Racing Point et Renault en performance pure, alors que la lutte continue d’être serrée mais que la McLaren semble avoir fait un pas en arrière. Hélas, ces évolutions ne donnent pas satisfaction pour le moment (notamment au niveau de l’aileron avant). En Russie déjà, Lando Norris qui en bénéficiait était loin d’en voir la valeur ajoutée. Ce fut pire au Nürburgring puisque Carlos Sainz a eu l’impression de souffrir tout le long des qualifications et de la course (en finissant derrière Lando Norris en qualifications et en n’ayant jamais son rythme en course). Bien sûr, avec une seule heure d’essais libres, évaluer ces évolutions, les peaufiner, n’était pas chose aisée. Mais gageons que la situation semble mal embarquée pour McLaren…

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