Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix de Grande-Bretagne

Leclerc a frôlé l’exploit majuscule

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Par Alexandre C.

20 juillet 2021 - 18:18
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être applaudi ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : Un Charles Leclerc aussi grand que frustré

Après l’arrivée à Silverstone, Charles Leclerc se disait « très déçu » ; en conférence de presse le dimanche soir, cela allait déjà mieux : il se disait « 50 % frustré, 50 % heureux » ; il est logique qu’avec le temps, la déception d’avoir perdu la victoire au 49e des 52e tours s’efface de plus en plus pour le Monégasque qui aura réalisé une performance brillante à Silverstone. Et pas que le dimanche. Dès les qualifications, Charles Leclerc surperformait en emmenant sa Ferrari au 4e rang, devant les McLaren et la Red Bull de Sergio Pérez à la régulière. C’est-à-dire une ou deux places de mieux au moins que ce que vaut la Scuderia. En qualifications sprint, Charles Leclerc était au rendez-vous également, en tenant bien ses gommes comme le rythme de la Mercedes de Valtteri Bottas. En course enfin, la Ferrari a ainsi su adroitement tirer profit de l’affrontement au sommet entre Charles Leclerc et Max Verstappen pour virer en tête.

Mais alors que l’on aurait pu penser que Lewis Hamilton reprendrait facilement le dessus, Charles Leclerc a étonnamment bien résisté ; mieux, il a fait durer ses Pirelli mediums plus longtemps que ceux de la Mercedes, avec succès… Si nous étions étonnés, c’est parce que le Grand Prix du Paul Ricard, terrible pour la gestion des pneus pour Ferrari, faisait « craindre l’enfer » (dixit Carlos Sainz) pour le tracé si abrasif de Silverstone avec ses virages à haute vitesse. Finalement, ce fut presque le paradis pour Charles ! Mieux que les limbes en tout cas, avec cette formidable 2e place. La déception sur le moment est légitime – quel pilote de course ne serait pas frustré de lâcher une victoire à 3 tours de la fin ? Mais les louanges le sont tout autant, voire plus.

Top n°2 : Le bulldog Fernando Alonso ne lâche jamais rien

En qualifications, Fernando Alonso estimait que son Alpine valait mieux que le top 10. Parti 12e des qualifications sprint, Fernando Alonso sentait qu’il avait ainsi des places à grappiller et il a donc fait le choix des tendres au départ. Pari risqué sur l’usure, de court-terme, mais ô combien payant : après un premier tour d’anthologie, peut-être un de ses plus beaux de sa carrière (pour une fois l’expression n’était pas exagérée), l’Espagnol a gagné pas moins de 6 places ! S’il a cédé face aux McLaren de Lando Norris et de Daniel Ricciardo ensuite, car bien plus rapides, il partait donc en 7e position de la course du dimanche, exempt de tout reproche, sauf peut-être de ses zigzags.

Durant ce Grand Prix, Fernando Alonso a de nouveau maximisé les performances de son Alpine, résistant à tous ses poursuivants, et envoyant même l’Aston Martin F1 de Sebastian Vettel à la faute en ne cessant de le tenir en échec. L’Alpine, ressortie derrière Lance Stroll, a même réussi à avaler tout cru le Canadien pour tenir cette 7e place. Tout au long de la course, Fernando Alonso aura été mis sous pression par le reste du milieu de grille qui voulait faire sauter le bouchon Alonso… Mais le Matador, à presque 40 ans (le 29 juillet), est toujours un sacré client qui ne lâche jamais rien.

Top n°3 : Le public et l’ambiance à Silverstone

Mettons les considérations sanitaires à part, car à moins d’avoir fait une dizaine d’années d’études en épidémiologie, discuter des consignes prises par le NHS est un autre débat, qui ne concerne pas a priori les fans de F1. Savourons alors ce plaisir interrompu qu’a été la présence d’un public, à pleine capacité, à Silverstone : avec plus de 140 000 personnes par jour en moyenne, chacun a redécouvert la joie d’une ambiance formidable en F1. Le pari de bouleverser le format d’un week-end avec les qualifications sprint, pour redynamiser le vendredi, a été aussi payant (dans tous les sens du terme) pour la FOM, avec de l’ambiance sur les trois jours.

Certes ce n’est pas le premier Grand Prix à pleine capacité depuis la pandémie puisqu’en Russie l’an dernier, les tribunes étaient aussi pleines, tout comme l’Autriche il y a deux semaines. Cependant le public de Silverstone est bien sûr davantage passionné, vibrant, exaltant, mais aussi plus nombreux. Quand George Russell a signé une formidable Q3 ; quand Lewis Hamilton a signé le meilleur temps le vendredi ; quand il a dépassé encore Charles Leclerc à Copse en fin d’épreuve, chacun, même les téléspectateurs, ont pu entendre le rugissement de Silverstone. Et quelle joie de voir encore Lewis Hamilton brandir l’Union Jack et aller au contact d’une foule enthousiaste. « C’est différent quand nous allons sur d’autres courses car je veux gagner pour mon équipe mais ici, vous connaissez beaucoup de gens. Cette édition est très importante, parce que personne n’a pu quitter sa maison depuis très longtemps » confiait Lewis Hamilton après la course. « Donc tout cela combiné a fait de cette course un événement monumental pour nous, et très important. C’était un véritable honneur de pouvoir brandir l’Union Jack et de faire le tour du circuit. Je suis très reconnaissant et très humble. » George Russell, Lando Norris, Lewis Hamilton : le public britannique avait de quoi célébrer ce week-end et a mérité son titre de « best fans » octroyé par Lewis Hamilton (même s’il n’est pas avare de telles récompenses). Moins de Covid, plus de public, c’est tout ce que le peuple demande…

Les flops

Flop n°1 : Saison 2021 : Oui à l’excitation, non à l’exécration

La F1 a produit le meilleur à Silverstone : la passion du public et le suspense à foison. Mais aussi le pire : la mauvaise foi, la haine des autres, voire le racisme de certains. Au rayon de la mauvaise foi et de l’exagération, les déclarations de Christian Horner et de Helmut Marko n’ont rien fait pour calmer les débats. Demande de suspension de Lewis Hamilton de plusieurs courses, de disqualification, manœuvre « d’un homme désespéré » : le tandem de Milton Keynes ne s’est pas distingué par sa modération et aurait été plus crédible dans le cas contraire. La haine a pu en parallèle succéder à la mauvaise foi, surtout des fans sur les réseaux sociaux, rendant parfois impossible tout débat construit et pertinent, entre les fans de Truc et de Quelque chose, entre les insultes et les attaques personnelles, entre les comparaisons irrespectueuses avec Jules Bianchi, 6 années, presque jour pour jour, après sa disparition. Le débat public vaut mieux que ces passions déchaînées et sans limite.

La mécanique du pire étant enclenchée, il était presque « attendu », mais tout aussi regrettable, de voir déferler sur les réseaux des insultes racistes envers Lewis Hamilton. Ce que la FIA, la FOM et Mercedes ont condamné dans un communiqué commun : « La Formule 1, la FIA et Mercedes F1 condamnent ce comportement de la manière la plus sévère possible. Ces gens n’ont aucune place dans notre sport et nous demandons instamment que les responsables soient tenus de répondre de leurs actes », Christian Horner demandant, dans la foulée, « d’éradiquer le racisme. » Rappelons que tout aussi exaltante que soit la saison, il ne s’agit là que de sport ! La passion oui, la haine non…

Flop n°2 : Un autre week-end à oublier pour Sergio Pérez

Après l’Autriche, Sergio Pérez confiait sa volonté d’oublier un week-end loupé et de rebondir dès le prochain Grand Prix à Silverstone. Raté… Car une fois encore, le Mexicain a eu faux sur tout ou presque, et n’était pas là pour recoller les morceaux après le crash de Max Verstappen.

Dès les qualifications Sergio Pérez sous-performait, finissant derrière Charles Leclerc, avec 7 dixièmes de retard sur Max Verstappen (avec un dernier tour annulé). En course sprint ce fut peut-être le seul à tomber dans le piège de ce nouveau format, pourtant rebattu par les ingénieurs : ne pas tout tenter pour grappiller une place. Et pourtant, Sergio Pérez est bien parti à la faute en essayant de passer Fernando Alonso dont il s’agaçait de voir le diffuseur. Parti des stands en durs, Sergio Pérez avait déjà ruiné sa course puisque dans les virages à haute vitesse de Silverstone, il est presqu’impossible de suivre une autre voiture. Il n’a certes pas été aidé par la stratégie Red Bull, qui l’a étrangement tôt fait rentrer alors qu’il était parti en durs (le seul du plateau). Certes Checo a signé sur le tard le meilleur tour pour le chiper à Lewis Hamilton, mais c’est sa seule réussite du week-end, et qui n’a été possible que parce qu’il avait raté tout le reste.

Flop n°3 : Sebastian Vettel retombe dans ses travers

Aie aie ! Le Sebastian Vettel erratique que l’on connaissait dans les duels, et que l’on espérait avoir oublié, est revenu au pire moment de la course à Silverstone. Et pourtant le week-end du pilote Aston Martin F1 était jusqu’ici très solide. Fort en Q3, Vettel brillait en qualifications sprint et pouvait espérer de gros points en course en partant bien dans le top 10 et avec le libre choix des pneus. Après l’accrochage entre Lewis Hamilton et Max Verstappen, il était même 6e et avec un rythme supérieur à celui de Fernando Alonso, il pouvait là encore avoir un bon top 6 dans le viseur. Et pourtant : patatras. Menacé par Alonso qui l’attaquait par l’extérieur, l’Allemand est redevenu le « Spinmaster » que l’on connaissait, avec un nouveau tête-à-queue qui a ruiné sa course, finie sur un abandon diplomatique. Au moins doit-il se satisfaire de son rythme en progression certaine…

On demande à voir…

Un match à trois pour la victoire au Hungaroring ?

Mercedes amenait des évolutions à Silverstone et forcément, chacun pourra penser que si Lewis Hamilton a pu signer le meilleur temps en Q3, c’était grâce à ses nouvelles pièces. Mais aussi et peut-être surtout grâce à la nature du tracé anglais, composé de virages à haute vitesse traditionnellement plus favorables à l’équipe allemande. « Silverstone ici pour nous a été un pas en avant pour nous. Je pense que ce week-end a un peu plus rappelé les quatre premières courses et je croise les doigts pour que ça continue » confiait ainsi Lewis Hamilton après la course. Red Bull ne restait cependant pas loin, quoique l’écart semble s’être réduit avec Mercedes.

Et Ferrari ? La forme de la Scuderia était très étonnante, dans le bon sens, tant en qualifications qu’en course, surtout au niveau de l’usure des gommes. Qu’en sera-t-il alors au Hungaroring ? Sur ce tracé plus lent et plus tortueux, les performances pourraient-elles être proches entre les trois équipes ? Oui, trois, car dans les virages lents, Ferrari était très performante à Monaco et à Bakou. Charles Leclerc, Max Verstappen, Valtteri Bottas : un trio de rêve pour la victoire finale ? Ou bien Max Verstappen va-t-il reprendre sa domination comme à Monaco ou au Red Bull Ring ? Ou enfin, les deux prétendants au titre vont-ils de nouveau se rendre la vie impossible, au plus grand plaisir du pilote Ferrari ? Réponse début août…

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