Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix de Bahreïn

Une saison d’exception pour les uns, de déceptions pour les autres ?

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Par Alexandre C.

30 mars 2021 - 18:36
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être louangé ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : La créativité stratégique de Mercedes et le sang-froid de Lewis Hamilton

On a souvent reproché à Mercedes, l’an dernier, de gagner seulement parce que l’équipe disposait de la meilleure voiture. Désormais, ces rares critiques contre la machine de guerre allemande devront trouver autre chose, si cela est possible : même sans avoir la meilleure voiture de course, Mercedes reste une équipe de pointe, qui n’abandonne pas en faisant preuve d’une vraie créativité stratégique. C’est ce qui a été démontré à Bahreïn. L’équipe, pour une fois dans le rôle du chasseur, a su mettre sous pression Red Bull, en réalisant deux undercuts en durs, pour dépasser Max Verstappen à la faveur des arrêts aux stands. Mis sous pression, le Néerlandais et son équipe ont été comme pris au piège et déjà un tour plus tard, il était trop tard... pour rester en piste. Max Verstappen a alors abandonné la position sur la piste à Lewis Hamilton. Une erreur décisive, comme il le regrettait en conférence de presse.

Cette course a ainsi prouvé deux choses : oui, Mercedes sait répondre dans la difficulté et n’a pas oublié comment le faire, après plusieurs années de domination pourtant ; et oui, Lewis Hamilton, qui a fait preuve d’un sang-froid et d’une grande maîtrise en fin d’épreuve, étant pourchassé par Max Verstappen, ne gagne pas parce qu’il a la meilleure voiture – mais aussi parce qu’il est l’un des tout meilleurs pilotes de l’histoire.

Top n°2 : Les débuts sans fioritures de McLaren et de Lando Norris

Après les essais hivernaux, les données de la FOM voyaient McLaren 3e meilleure force du plateau, avec peu de retard sur Mercedes. Même en essais libres, les positions des monoplace papaya étaient flatteuses. Pour autant Lando Norris a vite rabaissé les espoirs des fans : la place de McLaren était en milieu de grille. En effet, en qualifications, Lando Norris et Daniel Ricciardo finirent 6e et 7e, battus même par l’excellent Charles Leclerc sur Ferrari. En course pourtant les McLaren ont récolté une grosse moisson, 18 points, dont 12 par Lando Norris. Le Britannique a été l’auteur d’une course superbe et très proprement exécutée : il a dépassé son coéquipier au départ, puis avalé en quelques tours Charles Leclerc. Il n’aura fini que 7 secondes derrière Valtteri Bottas (qui a certes fait un arrêt de plus), mais aura vécu surtout une course solitaire, loin devant le reste du peloton. Daniel Ricciardo a lui fini à 20 secondes de son coéquipier, mais a souffert des dégâts sur son fond plat.

Ainsi McLaren, sans avoir forcément la 3e meilleure voiture (AlphaTauri semblait parfois plus rapide) a récolté beaucoup de points grâce à la constance de ses deux pilotes, et sans commettre d’erreurs, en maximisant tout. Cela rappelle furieusement… la saison dernière, pardi !

Top n°3 : Le potentiel d’AlphaTauri et de Yuki Tsunoda

Le premier Grand Prix ouvre autant de promesses que de déceptions pour AlphaTauri. Du côté des déceptions, il faut bien sûr citer le Grand Prix de Pierre Gasly, sur lequel on reviendra. Du côté des promesses, c’est le potentiel de la monoplace italienne qui a tout d’abord impressionné. Pierre Gasly en essais libres donnait l’impression de voler ; en Q2 il fut le seul pilote du peloton (Lewis Hamilton, Max Verstappen et Valtteri Bottas exceptés) à passer en médiums, lui donnant un avantage stratégique, et prouvant son rythme pur.

Très prometteur. Yuki Tsunoda, le rookie, a lui aussi impressionné pour ses débuts. Certes aidé par le potentiel de sa monoplace, le Japonais a tout réussi en course, sauf son départ qui l’a fait reculer largement dans le peloton. Mais ensuite la liste de ses victimes fut impressionnante : Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Kimi Räikkönen… Il a avalé tout cru ses idoles. Il a croqué Lance Stroll au finish pour finir 2e, et Carlos Sainz n’était plus loin ! Et cela sans faire une faute, et avec une gestion formidable des pneus comme vu en F2. En partant plus haut, qui sait où il arrivera ?

Les flops

Flop n°1 : Les tergiversations de la FIA sur les limites de la piste

Première course et première polémique pour la FIA. On parle ici bien sûr de la désormais fameuse affaire des limites de la piste. Ce qui est en cause ici, ce n’est pas la réaction, saine, de la FIA sur le dépassement, bien hors limites, de Max Verstappen sur Lewis Hamilton au virage 4. Avant la course, il avait été stipulé que dépasser ici serait interdit et que Michael Masi, le directeur de course de la FIA, interviendrait alors à la radio pour demander au pilote de recéder sa place.

Ce qu’on critiquera beaucoup plus, c’est l’inconstance voire le déni de la FIA sur les règles entourant le dépassement des limites de piste au virage 4 (hors dépassement de voiture). En EL1, il avait été dit aux pilotes qu’il serait autorisé de dépasser les limites ; en EL2, la FIA a changé d’avis : tout chrono, surtout en qualifications, serait annulé en cas de dépassement. Puis en course, le vendredi soir aussi, la FIA, au briefing des pilotes, assura que les limites de la piste ne seraient pas « surveillées » au virage 4, à condition qu’un pilote ne gagne pas « d’avantage durable ». Pourtant, après 15 tours, la FIA a paru changer de règle, en pleine épreuve donc. Face aux plaintes de Red Bull, qui voyait Lewis Hamilton exploiter allégrement les limites de la piste au virage 4, le pilote Mercedes a été privé, sous menace de recevoir un avertissement (drapeau noir et blanc) de stopper ce petit jeu. Il s’est alors exécuté ; mais Mercedes observait bien les règles, à l’inverse de Red Bull.

Tout cela pose question… Pourquoi la FIA a-t-elle cédé à la pression de Red Bull, sans prendre de décision par elle-même ? Et inversement, pourquoi avoir attendu Red Bull pour considérer que Lewis Hamilton (qui dépassait plus les limites que d’autres pilotes) gagnait à force bien un « avantage durable » en manœuvrant ainsi ? Et pourquoi enfin se plonger dans le déni en affirmant que tout était clair et constant ? Les critiques de Christian Horner, de Toto Wolff, et même de Lewis Hamilton, se sont coalisées après la course pour dénoncer cette inconstance. Ce ne serait pas la première fois… Pourquoi ne pas remettre alors du gravier, ou des capteurs comme en Moto GP, pour couper court à tout débat ?

Flop n°2 : Mauvais présage ? Le week-end catastrophe de Sebastian Vettel

Il est facile de le pointer bien sûr, mais le premier week-end de Sebastian Vettel avec Aston Martin F1 fut tout simplement horrible. En essais libres, l’Allemand n’a jamais paru avoir le rythme de Lance Stroll, naviguant à deux ou trois dixièmes. Son élimination en Q1 n’est donc pas totalement à mettre au crédit des drapeaux jaunes : la première tentative de Vettel n’était pas très réussie. Et il n’avait sans doute pas le rythme de Lance Stroll pour passer en Q3. Pour le reste en course, Sebastian Vettel a pâti d’une stratégie à un seul arrêt impossible sur ce tracé abrasif. Il a tout de même pointé en 6e place, avant que ses pneus ne s’effondrent. Remonté à la 12e place (seule réussite de son week-end), Sebastian Vettel a alors fait… une Vettel, c’est-à-dire un blocage de pneus avant de percuter la voiture de devant (Esteban Ocon), comme à Silverstone (face à Max Verstappen) quelques années plus tôt.

Le Sebastian Vettel de l’an dernier est de retour : c’est très inquiétant. Pire, il repart de ce week-end avec 5 points de pénalité dans le dos, soit presque 50 % de ce qu’il faut pour être suspendu une course. Il ne manquerait plus que ça…

Flop n°3 : Nikita Mazepin déjà ridicule

Surnommé déjà « Mazespin » sur les réseaux sociaux, le pilote Haas a vécu le pire premier week-end possible en F1. Cependant deux de ses trois tête-à-queue en F1 sont imputables (selon Haas) à un problème de systèmes de freins. On l’excusera donc pour cela. On l’excusera moins pour avoir enfreint le gentleman’s agreement des pilotes en dépassant tout le monde sur la piste en Q1 dans le trafic. Certes il n’est pas le premier à le faire, certes son équipe lui avait dit de dépasser ; mais le faire dès le premier Grand Prix, avant de partir en tête-à-queue au virage 1, a quelque chose de ridicule pour sa réputation. La suite ne fut pas meilleure en course : victime certes du manque d’appui arrière de sa Haas (Mick Schumacher allait en souffrir aussi), le Russe est parti en "spin" (encore un) avant de se crasher dans le mur. C’était donc possible de faire pire…

On demande à voir…

Le vrai potentiel de Pierre Gasly et de Sergio Pérez

La hiérarchie est désormais un peu mieux connue après ce premier Grand Prix, mais il reste encore quelques inconnues. Bien sûr il s’agira de voir comment les F1 se comportent sur un circuit plus tortueux, où la puissance moteur compte moins, à Imola dans trois semaines. Il s’agira aussi de connaître le vrai potentiel d’AlphaTauri et de Pierre Gasly : il semblait très impressionnant ce week-end, mais les déboires du Français en début de course ont empêché de bien le cerner. Avec des dégâts sur son fond plat, le Normand a dû perdre des dixièmes, quoique son rythme dans le dernier relais fût très prometteur. Sur un circuit d’Imola que AlphaTauri connaît très bien, peut-on s’attendre à du très ?

La performance de Sergio Pérez sera très intéressante à scruter aussi. En course, le Mexicain a été l’auteur d’une folle remontée, de la dernière à la 5e place (Lando Norris n’était même plus très loin), en réussissant dépassement sur dépassement. S’il part de plus haut, à la 4e place, sans être éliminé en Q2, de quoi sera-t-il capable ? D’aller chercher Valtteri Bottas ? De mieux ? En tout cas le rythme était là : car même en Q2, Sergio Pérez n’était qu’à une poignée de dixièmes, en médiums, de Max Verstappen. Red Bull aura besoin de deux voitures pour lutter face aux Mercedes, comme la course stratégique de Sakhir l’a montré ; cela tombe bien, Sergio Pérez pourrait être la perle rare longtemps cherchée en Pierre Gasly ou Alexander Albon…

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