Les revenus de la F1 progressent, mais l’inflation menace

Les coûts de fret grimpent en flèche

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Par Alexandre C.

5 août 2022 - 16:19
Les revenus de la F1 progressent, (...)

La reprise est là et bien là pour le Groupe Formula One. Mais il y a un hic : la "surchauffe" du cycle économique risque bien de créer, à terme, une boucle inflationniste négative.

Sur le deuxième trimestre 2022 et par rapport au deuxième trimestre 2021, les revenus de la F1 sont en hausse, passant de 501 millions de dollars à 744 millions de dollars. Une franche hausse de 48,5 %.

Mais ces progrès spectaculaires sont aussi à relativiser : si autant de courses (7) ont eu lieu sur les mêmes périodes, les Grands Prix de l’an dernier continuaient d’être affectés par les restrictions Covid (avec par exemple une absence du Paddock Club).

C’est ce que montrent les détails de la progression des revenus primaires (revenus issus du paiement des promoteurs, droits TV, sponsors) : ils augmentent de 35 %, de 464 millions de dollars à 628 millions de dollars.

Liberty Media a commenté ces derniers chiffres ainsi : « Les revenus issus des promoteurs de courses ont augmenté en raison de l’augmentation des redevances. Les droits médias ont augmenté en raison de la croissance des revenus d’abonnement à F1 TV et de l’augmentation des redevances dans le cadre d’accords contractuels nouveaux et renouvelés. Les revenus de sponsoring ont augmenté en raison de la comptabilisation des revenus provenant de nouveaux sponsors et de l’augmentation des revenus spécifiques aux courses générés par la diversité des événements organisés. »

Les ’autres revenus’ de la F1, moins substantiels (116 millions de dollars), ont tout de même progressé... en flèche, de 214 % !

Qu’est-ce que cela recouvre ? Le retour du Paddock Club mais aussi les effets de l’inflation et de l’augmentation du coût du fret (la F1 faisant payer le fret aux équipes). La multiplication des courses hors d’Europe aggrave encore le phénomène.

Voici comment l’explique Liberty Media : « Les autres revenus de la F1 ont augmenté au deuxième trimestre, principalement en raison d’une augmentation des revenus du fret due à l’augmentation du nombre d’événements organisés en dehors de l’Europe et à l’inflation des coûts sous-jacents, ainsi qu’à une augmentation des revenus d’hospitalité générés par le Paddock Club, que la F1 a exploité lors de 5 courses au deuxième trimestre 2022, mais qu’elle n’a pas pu exploiter au cours de la période de l’année précédente. »

Le résultat d’exploitation de la F1 passe au total d’une perte de 43 millions de dollars (deuxième trimestre 2021) à un résultat positif de 49 millions de dollars.

La progression des revenus correspond logiquement elle aussi à une progression de l’EBITDA (Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) : il passe de 63 millions de dollars à 146 millions de dollars. Une progression là encore remarquable, de + 230 %.

La F1 touchée par l’inflation

Toutefois la progression des revenus, due à un facteur conjoncturel (le retour des courses à guichets fermés), ne doit pas masquer une tendance inquiétante pour la F1 : l’inflation frappe à la porte.

Les dépenses sont en effet en nette progression. Les paiements aux équipes tout d’abord (+ 19 %, de 308 millions à 368 millions de dollars), liés à la présence d’un Grand Prix en plus cette année.

Mais ce sont aussi et surtout les dépenses administratives (+51 %), les ’autres coûts’ (dont le fret) et dépenses engagées par la F1 (+ 84 % et + 34 %) qui grimpent...

Liberty Media pointe directement du doigt le coût du fret qui augmente la charge générale du sport : « Ces coûts ont augmenté au deuxième trimestre en raison de la hausse des coûts de fret ainsi que de l’impact d’une plus grande portée des activités pouvant être entreprises par rapport au deuxième trimestre de 2021 touché par la pandémie, y compris l’exploitation du Paddock Club. Les frais de vente, généraux et administratifs ont augmenté au deuxième trimestre en raison de la hausse des frais de personnel et d’informatique, ainsi que de l’augmentation des frais juridiques et autres frais de conseil. »

Alors que la F1 projette de disputer jusqu’à 25 Grands Prix par an, cette augmentation du fret devra se refléter par une nette augmentation des revenus pour les équipes. Discussions à venir en coulisses !

Stefano Domenicali se réjouit

Malgré cette menace de l’inflation, il n’en demeure pas moins que la F1 continue d’afficher une excellente santé, ce dont se réjouit son PDG Stefano Domenicali.

« La saison 2022 de la Formule 1 continue de battre des records. Nous avons vu des actions passionnantes et des résultats imprévisibles sur les circuits. »

« Nous attirons les fans en personne sur les circuits et sur toutes nos plateformes. Nous faisons des progrès significatifs en travaillant avec toutes nos parties prenantes, y compris nos équipes, les promoteurs de course, la FIA et les partenaires commerciaux, pour atteindre notre objectif de zéro carbone net d’ici 2030. »

F1 - FOM - Liberty Media

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