Les pilotes de F1 s’inquiètent de la disparition des couvertures chauffantes

Ce sera dangereux, comme "piloter sur de la glace"

Recherche

Par Emmanuel Touzot

28 octobre 2022 - 11:33
Les pilotes de F1 s'inquiètent (...)

Les pilotes de F1 s’inquiètent de la mise en place d’un retrait progressif des couvertures chauffantes. Selon eux, ne pas chauffer les pneus Pirelli de 18 pouces représentera un danger, et c’est Max Verstappen qui explique pourquoi.

"Alors je pense que nous allons avoir beaucoup d’accidents. C’est difficile" a déclaré Verstappen. "La dégradation des pneus va être complètement différente parce que les pneus sont très froids, vous glissez beaucoup dans les premiers tours, la pression de vos pneus va monter en flèche, donc vos pneus vont dégrader beaucoup plus."

"Pour le moment, je n’aime pas vraiment ça, mais beaucoup de pilotes disent la même chose et nous devons bien sûr trouver une solution à cela. Austin est toujours un circuit où vous pouvez facilement mettre les pneus en température à cause des virages à grande vitesse."

"Mais si vous allez sur une piste comme un circuit urbain, comme Monaco, pouvez-vous imaginer des conditions moitié-moitié, je pense que cela va prendre jusqu’à la moitié de la course avant que vous ayez de la température dans vos pneus."

Les F1 actuelles "ne sont pas faites pour ça"

Lando Norris rejoint l’avis du double champion du monde, le pilote McLaren F1 estimant que le fait de ne pas préchauffer les pneus du manufacturier italien serait accidentogène.

"Oui, il y en aurait" assure le Britannique. "C’étaient les meilleures conditions possibles pour utiliser ces pneus : super chaud, température de piste élevée, premier secteur à grande vitesse pour avoir la température. Et ils n’étaient pas sympas. C’était facile de bloquer à l’avant, et facile de bloquer à l’arrière."

"Et ils étaient complètement imprévisibles. Imaginez aller sur un circuit beaucoup plus froid, ou si c’est un peu humide ou autre. Tout le monde va crasher la voiture à un moment donné. Aucun pilote ne veut cela, en fait."

"Les F1 de l’ère actuelle, si spécifiques avec tout l’aéro et le reste, ne sont pas faites pour sortir avec des pneus froids, ce n’est pas comme une F2 ou une F3 où vous pouvez juste sortir et faire n’importe quoi. Ça ne fonctionne pas vraiment comme ça. Nous aurons des discussions à ce sujet, entre tous les pilotes et le GPDA."

"Pirelli, la FIA et la F1 ne comprennent pas"

Kevin Magnussen juge quant à lui que les personnes qui prennent ces décisions n’ont pas assez d’éléments de compréhension de ce que représente la mise en température des gommes. Le pilote Haas F1 révèle que celle-ci était déjà très difficile en réduisant la température des couvertures à 70 degrés.

"Je n’aimerais vraiment pas ça parce que je ne pense pas que Pirelli, la FIA et la Formule 1 comprennent vraiment à quel point il est difficile de faire entrer de la chaleur dans ces pneus, même lorsqu’ils sortent à 70°C" a déclaré Magnussen.

"Ils ont essayé à 50°C et c’est déjà très difficile. Je pense que c’est parce qu’ils n’ont pas piloté ces voitures, ils ne comprennent pas. Je pense qu’il y a un problème de sécurité. Les charges sont très élevées sur ces voitures à cause de l’appui, donc le pneu doit être assez rigide et quand il fait froid, il est dur, comme de la glace."

"Alors que sur les voitures de sport, je pense que le pneu a une plage de fonctionnement plus faible et qu’il est mou, donc quand il est froid, il est très facile à réchauffer. A 50°C ici, c’est un gros problème. Donc ne pas avoir de couvertures chauffantes est un très gros problème."

Il faut modifier les pneus pour le faire selon Bottas

Valtteri Bottas pense qu’appliquer cette règle sur les pneus actuels serait dangereux pour la sécurité des pilotes. En revanche, le pilote Alfa Romeo F1 pense que si Pirelli modifie les gommes, cette idée pourrait être applicable.

"Si vous faites un arrêt au stand pour des pneus sans couverture, sur une piste comme celle-ci, ce serait certainement très risqué et presque un problème de sécurité" assure le Finlandais. "Ou sur une piste urbaine, sortir avec un jeu de pneus complètement froids , ce serait comme du plastique à cette température."

"Mais si le pneu change et s’il a été modifié pour fonctionner dans une plage beaucoup plus basse, alors pourquoi pas. Pour le moment, et le pneu que nous avons essayé à Austin, il ne pouvait pas supporter les 50°C."

"Il était vraiment, vraiment, vraiment glissant au début. Et c’était à Austin, et il faisait chaud. Donc sur certaines pistes, ce serait déjà un problème."

Pirelli

Info Formule 1

Photos

Vidéos