Les F1 2022 sont plus sujettes au marsouinage que prévu

Qu’est-ce que le ’porpoising’ dû à l’effet de sol ?

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Par Emmanuel Touzot

24 février 2022 - 17:24
Les F1 2022 sont plus sujettes au (...)

Un effet indésirable est apparu sur les F1 2022 lors de la première journée d’essais hivernaux de Barcelone. Les pilotes ont ressenti un effet de tangage et de rebond inattendu, et consécutif au retour massif de l’effet de sol.

Le marsouinage, ou porpoising en anglais, est un phénomène d’oscillation qui se crée à cause de l’effet de sol, et que l’on retrouvait déjà sur les ’wingcars’ des années 70 et 80. Il s’agit d’un effet double, qui part des rebonds générés par le passage de l’air sous la monoplace.

Le plancher de la voiture, via les canaux de circulation des flux d’air, aspire la voiture à la piste, et ce phénomène s’accroit à mesure que la vitesse augmente. Mais avec l’augmentation de la vitesse et l’aspiration de la voiture, la pression d’air peut parfois évoluer brusquement, notamment au passage sur une bosse.

Cela va alors provoquer un décrochage, donc une production d’appui moins importante. La hauteur de caisse va alors remonter, et recommencer à nouveau son phénomène de succion à la route, reproduisant le phénomène à l’infini.

Les équipes de F1 n’attendaient pas une telle intensité

C’est cet effet de rebond qui est appelé marsouinage, et qui a surpris les pilotes et équipes. En effet, ce type de phénomène ne peut pas se simuler via la dynamique des fluides ou la soufflerie. On est donc ici face à un cas typique de problème réel, que Ferrari et d’autres équipes avaient d’ailleurs sous-estimé.

"Je pense que la plupart d’entre nous ont au moins sous-estimé le problème" a déclaré le directeur de la Scuderia, Mattia Binotto. "Lorsque vous réglez ces voitures avec le plancher, la situation est différente. C’est un processus d’apprentissage."

Il faudra désormais trouver le moyen de régler ce problème. La manière la plus simple est de relever la hauteur de caisse de la voiture, afin de ne pas arriver à ce point de rupture avec une hauteur de caisse trop basse lorsque la voiture est aspirée.

Mais en relevant la hauteur de la voiture, on réduit l’effet de sol et ainsi, on perd en performance. Binotto confirme qu’il serait très simple de corriger le tir, mais qu’il sera plus complexe de le faire sans sacrifier en performance et en équilibre.

Et trouver le réglage parfait ou la solution qui permettra de minimiser ce problème sera crucial pour débloquer encore de la performance, comme le confirme le patron de la Scuderia.

"Je pense que la résolution de ce problème peut être assez simple. Mais il faut optimiser les performances, parce que ce ne doit pas être un compromis, vous devez essayer d’éviter les rebonds en tirant le maximum des performances de la voiture."

"Et cela pourrait être un exercice moins facile. Je suis presque sûr qu’à un moment donné, l’équipe trouvera la solution. Combien de temps cela prendra ? Ceux qui y arriveront le plus tôt auront un avantage en début de saison."

AlphaTauri confirme le porpoising, Alfa Romeo s’inquiète

Du côté d’AlphaTauri, Franz Tost a confirmé que l’AT03 était elle aussi victime de ce phénomène. L’Autrichien reconnaît que c’est le principal problème que posent les F1 de 2022, et sait que ce sera un des gros défis pour les équipes d’ici au début de saison.

"C’est le premier problème avec ces nouvelles voitures. Nous allons les faire évoluer" a expliqué Tost. "Toutes les équipes vont les faire évoluer entre maintenant, et entre la première course à Bahreïn et les courses suivantes."

"Ici, nous testons, nous explorons. Nous poussons à la limite. Nous pouvons ajuster la hauteur de caisse pour mettre la voiture afin qu’elle touche le sol comme la voiture de l’année dernière."

Chez Alfa Romeo en revanche, il semble que ce soit un des principaux problèmes de la monoplace, et parmi ceux qui ont empêché Valtteri Bottas et Robert Kubica de rouler normalement depuis hier.

Guanyu Zhou roule davantage ce jeudi après-midi, mais l’équipe veut régler ce problème qui semble grandement perturber l’équilibre et les performances de la toute nouvelle C42 à moteur Ferrari.

"Certains éléments ne sont pas faciles à évaluer en soufflerie et en simulateur, et nous sommes tous confrontés au même problème" a déclaré le directeur de l’équipe suisse, Frédéric Vasseur.

"Régler le problème n’est pas la plus grande question, mais être efficace par la suite sera la clé. La rapidité de réaction de l’équipe sera cruciale pour les premières courses."

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