Formule 1

Les embouteillages en qualifications préoccupent les pilotes pour la sécurité

Ocon veut imposer des temps minimums en tour de sortie

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Par Alexandre C.

18 août 2020 - 17:56
Les embouteillages en qualifications

Une fois encore, en qualifications à Barcelone, les pilotes sont sortis au dernier moment pour profiter de l’amélioration de la piste. Résultat des courses : un véritable embouteillage dans le sinueux secteur 3 du circuit. La farce de la Q3 de Monza l’an dernier (tous les pilotes à la queue-leu-leu) ne s’est cette fois pas reproduite de manière aussi extrême, mais la FIA a été invitée à se pencher sur ce problème par les pilotes eux-mêmes.

Ce sont aussi les tours de sortie trop lents qui inquiètent : il s’agissait d’un passage obligé à Barcelone, pour ne pas surchauffer des tendres sensibles. Ainsi, ces deux problèmes sont liés et se renforcent mutuellement.

Daniel Ricciardo a été parmi ceux à publiquement s’alarmer de ces tours de sortie, dangereux pour la sécurité des pilotes…

« Lors de mon dernier relais en Q2, nous avons tous été bloqués dans la dernière chicane. J’étais littéralement au point mort, dans la descente avant la dernière chicane, essayant de trouver un peu d’espace. »

Et le pilote Renault d’accuser... les Pirelli !

« La réalité, c’est que ce sont les pneus. Ils sont si sensibles et si vous les poussez trop sur un tour de piste, ils ne durent pas tout le tour. Alors tout le monde essaie de trouver la meilleure façon de les refroidir et de les préparer pour le tour. Dans ces conditions, c’est ce qui arrive, avec cette chaleur, et un troisième secteur qui est si critique sur le temps au tour, car c’est là que vous pouvez trouver le plus de chrono, juste sur l’adhérence pure. »

« C’est pourquoi nous protégeons les pneus pendant le tour de sortie. Les raisons de ces vitesses si basses, sont en fait simplement dues aux pneus et à leur comportement. Nous ne voulons pas faire cela, bien sûr, ce n’est pas drôle quand une autre voiture vous dépasse à toute vitesse, ou quand vous vous éloignez toujours de la trajectoire et que vous vous récoltez des marbles sur vos pneus. »

Que peut alors faire la FIA ? Le coéquipier de Daniel Ricciardo, Esteban Ocon, lance une piste : imposer des temps minimums drastiques sur les tours de sortie.

« Il n’est pas vraiment acceptable d’avoir une file de voitures. S’il y a quelqu’un qui arrive à grande vitesse, cela peut être dangereux. »

« C’est la tendance, dans des conditions de chaleur, nous sommes une minute plus lents dans un tour de sortie ou pour préparer le tour. C’est très, très lent. Je dirais donc qu’il faudrait limiter les chronos, ce serait une bonne chose. »

« Pour commencer mon dernier tour, j’étais pratiquement à l’embrayage et j’étais arrêté, j’étais littéralement à 0 km/h au milieu de la trajectoire. C’est la première fois que ça m’arrive. De 2016 à 2018, je n’ai jamais vu quelque chose comme ça. C’est donc très, très extrême de nos jours. »

Comme souvent en F1, un gentleman’s agreement a été passé pour régler ce problème : les pilotes se sont engagés à ne pas dépasser dans les embouteillages. Et comme souvent, cet accord a été rompu en qualifications à Barcelone.

Alexander Albon prévient donc : puisque l’accord ne tient plus, il dépassera aussi dans la queue...

« Je ne voulais pas faire la même chose qu’en Hongrie, en gros. Je me disais que si on en arrive là, je vais dépasser les voitures qui me précèdent. Nous avons ce genre de gentlemen’s agreement où nous n’essayons pas de nous dépasser juste avant de commencer un tour. Je voulais donc le faire plus tôt. »

« Mais je regardais et des gars dépassaient juste dans le dernier virage, ce qui semblait un peu brouillon. »

Le pilote Red Bull pense lui aussi que la solution est liée de près à l’usure des Pirelli.

« Nous avons toutes ces règles de couverture chauffante des pneus maintenant et, à cause de la façon dont sont les pneus, nous devons rouler si lentement dans un tour de piste. Nos tours de refroidissement sont incroyablement lents, cela crée des problèmes. »

« Si nous avions un pneu plus permissif, où l’on pourrait simplement sortir et pousser sans se soucier de se trouver dans la fenêtre de fonctionnement parfaite, à deux degrés, alors on n’aurait pas ces problèmes. »

Pirelli

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