Les écarts entre les Pirelli sont deux fois plus grands que prévu

Moins de surchauffe et plus de dégradation

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Par Alexandre C.

25 mars 2022 - 15:27
Les écarts entre les Pirelli sont (...)

Pirelli n’avait pas la vie facile pour développer les tout nouveaux pneus 18 pouces cette année. Il y a eu bien peu de jours d’essais par rapport aux grandes années des essais privés en F1, rien qu’en comparaison des années 90 par exemple ; et les équipes n’avaient fourni que des voitures mulets.

Pourtant, les nouveaux pneus semblent avoir donné satisfaction – une réussite à mettre au crédit de Pirelli.

La surchauffe notamment semble avoir été réduite, permettant aux F1 de davantage attaquer en piste.

« Je dirais que je suis content du résultat » confie ainsi Mario Isola à Racefans.

L’Italien admet cependant des divergences entre les essais Pirelli et le Grand Prix à Bahreïn.

« Ils ne fonctionnaient pas exactement comme prévu, mais n’oubliez pas que l’année dernière nous avons testé les pneus avec les voitures mulets ; et certains des chiffres que nous avons recueillis sont probablement légèrement différents de ceux que nous avons maintenant avec les nouvelles voitures. »

Une différence de taille est celle des écarts entre composés : Pirelli attendait cinq dixièmes, c’était au moins deux fois plus ! Mais c’est une bonne nouvelle au final pour le spectacle stratégique en piste.

« C’était une seconde d’écart entre les durs et les mediums, 1,2 seconde entre les médiums et les tendres. Et aussi le niveau de dégradation était plus élevé que prévu. »

« Ces deux éléments ensemble rendaient la course intéressante car il était possible d’avoir de nombreuses stratégies différentes. Il y avait donc beaucoup de stratégie derrière tout ça. C’est exactement ce que nous voulions obtenir avec les nouveaux pneus. »

Beaucoup moins de surchauffe : une bonne nouvelle pour la F1

Ce qui est conforme en revanche à la lettre de mission - et c’est une excellente nouvelle pour la F1 - c’est que ces pneus surchauffent moins, quand une F1 en suit une autre. Heureusement, car autrement, c’est toute la philosophie du nouveau règlement aérodynamique de 2022 qui aurait été menacée.

« Les pneus semblent beaucoup moins souffrir de la surchauffe. Les pilotes pouvaient pousser pendant la course, c’est visible. Quand ils se suivaient, il était possible de dépasser plus d’une fois. »

« Jusqu’à l’année dernière, si vous vous souvenez, ils essayaient de dépasser une ou deux fois et les pneus surchauffaient. Alors qu’à Bahreïn, nous avons eu beaucoup d’actions différentes en piste. »

« Les pneus arrière fonctionnaient bien. Nous n’avons pas eu de graining, nous n’avons pas eu de cloquage. C’est donc un très bon résultat. »

Quid des prochains pneus Pirelli ?

Maintenant que Pirelli peut, en Grands Prix, récolter des données plus représentatives, Mario Isola compte bien faire évoluer son produit dans le bon sens. Surtout que ces voitures 2022 ne vont faire que gagner en efficacité aérodynamique.

« Le produit est totalement nouveau. Avec cinq composés, nous devons faire face à 23 circuits différents, 10 équipes différentes, 20 pilotes différents et il est clair que nous devons trouver ce que nous disons être le meilleur compromis. »

« Notre travail consiste donc maintenant à collecter des données au début du championnat, à établir un plan pour les tests de développement des pneus pour le reste de la saison, à comprendre si nous devons affiner le produit pour l’année prochaine. »

« Pendant la saison, notre produit est gelé - ce n’est pas comme les équipes, qui développent la voiture. Nous devons geler le produit, disons en novembre ou décembre de l’année précédente - nous ne pouvons pas le modifier pendant un an. Mais nous pouvons recueillir des données, comprendre ce que nous pouvons améliorer pour l’année suivante et c’est ce que nous allons faire, à partir du premier test, qui est après Imola, donc c’est le plan. »

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