Formule 1

Le nombre de dépassements, un mauvais critère pour juger le nouveau règlement ?

Brawn explique les conséquences du nouveau règlement

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Par Valentin Vilnius

10 mars 2019 - 13:28
Le nombre de dépassements, un mauvais

Le règlement aérodynamique 2019 a été modifié de manière substantielle, en particulier au niveau des ailerons arrière et avant. L’aileron arrière sera plus large, et de ce fait, l’effet du DRS pourrait être accru ; l’aileron avant est aussi plus large, mais a été surtout simplifié. L’objectif, dans les deux cas, est de permettre aux voitures de se suivre plus facilement en piste.

Ce règlement va-t-il avoir les effets positifs souhaités par la FIA et la FOM ? Les avis divergent dans le paddock : certains, comme Kevin Magnussen, sont très optimistes ; d’autres, comme Max Verstappen, plus pessimistes.

Ross Brawn, qui, en tant que manager des sports mécaniques pour Liberty Media, a participé à l’élaboration de ces règles, est-il confiant avant la première course ?

« Nous avons des sentiments mitigés. Le pire retour que nous avons eu, c’est celui qui assure que le nouveau règlement n’a produit aucune différence par rapport à l’an dernier ; le meilleur, c’est qu’il apporte un changement significatif. Donc une fois que les voitures commenceront à rouler de plus près ensemble, nous allons récolter toutes les informations et je pense que ce sera très utile pour le travail que nous faisons pour 2021. Mais, ce que nous avons proposé ne prétend pas résoudre toute la situation : c’est seulement une partie de ce que nous pensons pouvoir réussir pour 2021. »

En effet dans le cadre de la négociation des prochains Accords Concorde, Liberty Media et la FIA entendent bouleverser plus profondément le règlement en vigueur…

« Ce que nous verrons avec les changements de cette année, sera juste un mince aperçu de ce qui est prévu par la suite » prévient Ross Brawn. « Les équipes se sont très bien impliquées dans ce processus. Elles participent toutes au programme, elles s’occupent chacune de différentes choses, et nous leur demandons de mener leurs recherches et de combiner le fruit de leur travail pour nous donner une énorme profondeur de recherche. »

« Si l’on revient en arrière, j’ai entendu des gens dire que nous devrions nous débarrasser des ailerons, de tout l’appui, et de juste nous appuyer sur la traction pour que les voitures puissent de nouveau faire la course. Le problème, c’est qu’elles seront lentes avec tout ça ! Or la vitesse d’une F1 est ce qui vous tient en haleine, et nous ne voulons pas perdre cela. Nous voulons que la F1 soit la série la plus rapide sur la planète, et vous ne pouvez y arriver qu’en poussant plus loin la performance aérodynamique. »

« Ce qu’il nous faut, c’est que l’appui des F1 leur permette tout de même de se battre l’une contre l’autre. Le nombre de dépassements peut parfois être utilisé comme le critère pour mesurer le succès d’un nouveau règlement, mais en fait, la capacité des voitures à se suivre de plus près, côte à côte, de s’approcher pour attaquer, c’est ce qui excite tout le monde. Même si finalement, nous n’arrivons pas à augmenter le nombre de dépassements, si les voitures se battent l’une contre l’autre, c’est bien. »

Les intentions de Ross Brawn sont louables ; mais si les écarts demeurent immenses entre les écuries de pointe et le milieu de grille, le spectacle n’en sera pas franchement amélioré en course. L’ancien ingénieur de Ferrari en est bien conscient…

« Donc il nous faut, premièrement, rapprocher les différences de performance des voitures en général. Nous avons une division 1 et une division 2 pour le moment, il faut y mettre fin. »

« Nous avons besoin d’écarts bien plus serrés entre les équipes, et le contrôle des coûts fera partie de l’équation. L’évolution du règlement aussi. »

Ross Brawn évoque ici l’introduction prochaine des budgets plafonnés et la standardisation d’une partie des pièces, dont la boîte de vitesses. S’agissant de la standardisation, Ross Brawn a d’ailleurs ciblé, après la boîte de vitesses … les extincteurs utilisés par chaque équipe.

« Nous enlevons de l’équation des éléments de la voiture qui ne passionnent pas les fans. La technologie devrait être excitante et fascinante pour eux. Et ce n’est pas le cas avec un extincteur. Chaque équipe veut construire son propre extincteur, parce qu’elle pense qu’elle pourra en construire un de plus léger que les autres. Mais ça n’intéresse personne. C’est juste un simple exemple : tout le monde devrait rouler avec le même extincteur. »

« Ensuite, une fois que les voitures puissent se suivre de plus près, elles doivent être capables de faire la course. Il y a déjà une différence massive aujourd’hui. Avec les F1 d’aujourd’hui, une fois que vous suivez une voiture, vous perdez 50 % de performance. La voiture que nous avons en développement représentera un immense progrès de ce côté. Immense. »

« C’est une approche commerciale et technique, qui fera de la F1 actuelle une F1 meilleure ; nous faisons les deux en parallèle. Tout le monde aimerait que cela arrive rapidement, ou devienne plus visible tout de suite, mais ce sera correctement fait quand ce sera pleinement achevé. »

FIA

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