La F1 en Thaïlande ? Albon évoque ‘des discussions’ mais reste réaliste

Il décrit l’effet des budgets plafonnés sur les pilotes

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Par Alexandre C.

27 septembre 2022 - 16:57
La F1 en Thaïlande ? Albon évoque (...)

La popularité de la F1 est en plein ‘boom’, et cela plus précisément sur des marchés clefs comme pour les jeunes et les femmes ; mais la F1 s’étend aussi géographiquement, en particulier aux USA.

Quid aussi de l’Asie, et notamment des marchés de l’ASEAN en forte croissance aujourd’hui – ce pourquoi la F1 voulait aller au Viêt Nam il y a encore deux ans.

Alexander Albon, pilote de nationalité thaïlandaise, est un élément clef dans le paddock pour juger de ces percées en popularité de la F1 : alors, Albon voit-il aussi la F1 devenir plus populaire dans son pays ?

« Oui, j’en suis certain ! Bien que la Formule 1 ne soit pas aussi importante que dans d’autres pays en Thaïlande. Les courses de moto sont en fait plus populaires, et nous avons également une course de Moto GP là-bas. »

« Bien sûr, c’est à moi de faire la promotion de la F1 et de faire du mieux que je peux. J’ai visité la Thaïlande plusieurs fois cette année ; maintenant, ce n’est plus aussi délicat d’y aller que pendant les restrictions du COVID-19. Ma dernière visite là-bas remonte à 2019, et j’y suis retourné cette année. J’ai été surpris de voir à quel point le pays s’est développé. »

Verra-t-on alors bientôt un Grand Prix de Thaïlande au calendrier F1 ? Alexander Albon ne s’enflamme pas encore...

« Eh bien, nous avons déjà le circuit pour cela à Buriram (circuit Grade 1 FIA, ndlr). C’est un circuit formidable, mais un circuit urbain autour de Bangkok serait également incroyable. Il y a eu des discussions, alors on verra. J’espère qu’il y aura une opportunité de courir en Thaïlande. »

« Entre 50 et 60 pays essaient d’obtenir une place en Formule 1, alors je suis sûr que la Thaïlande doit avoir beaucoup d’argent si elle veut être ajoutée au calendrier. »

Comment passer de Red Bull à Williams ?

La popularité d’Alexander Albon et donc de la Thaïlande profite aussi des bonnes prestations du pilote Williams, qui malgré le potentiel de sa monoplace, arrive à jouer des Q3 ou des points.

Comment Alexander Albon s’y est-il pris pour passer d’une Red Bull à une Williams ? L’approche, le pilotage, sont-ils différents quand on passe des écuries de pointe à une équipe de fond de grille ?

« En termes de performance pure, non. Vous traitez chaque session de la même manière. Vous essayez vraiment de tout maximiser avec les ingénieurs et l’équipe. Bien sûr, la façon de courir est légèrement différente parce qu’il y a beaucoup de combats dans le milieu de la grille - c’est beaucoup plus féroce. Beaucoup plus d’équipes peuvent marquer des points, et vous devez être parfait dans tous les domaines pour obtenir des points. C’est là que les détails sont essentiels, et c’est légèrement différent. »

« D’autre part, le côté mentalité a quelque peu changé. Votre sentiment quand vous marquez des points est le même que pour un podium. C’est un sentiment puissant d’obtenir des points pour l’équipe, et c’est quelque chose qui signifie beaucoup. »

Williams et Red Bull ont-elles aussi des manières de fonctionner très différentes ? Alexander Albon, qui a connu toutes les coulisses de Milton Keynes comme pilote de développement, répond.

« Eh bien, c’est assez similaire. Williams est une équipe massive avec 150 personnes, même en termes de chiffres. C’est assez similaire à Red Bull. Tant de pièces sont fabriquées en interne dans notre usine de Groove. Bien sûr, en termes de financement, Williams est légèrement en retard sur Red Bull. »

« Mais si l’on fait abstraction de cela, il n’y a pas trop de différences. Le niveau est extrêmement élevé, et les détails sont examinés de la même manière. C’est peut-être un peu plus un esprit de famille, qui se transmet de génération en génération jusqu’à Frank Williams. Red Bull, quant à elle, est une énorme entreprise, et le marketing y est très important. »

Si l’on continue à parler budget, Alexander Albon voit-il les conséquences des budgets plafonnés en place sur le quotidien des pilotes ou des équipes ?

« Un peu, oui. Bien sûr, il faut absolument éviter tout crash de nos jours. La façon dont les évolutions arrivent et la façon dont vous devez travailler est beaucoup plus sélective et prend plus de temps parce que vous ne pouvez pas simplement ajouter des petites pièces et des évolutions à chaque course. Ce n’est pas rentable de faire ça. »

« Le retour d’information du pilote est essentiel ; vous ne pouvez pas simplement essayer des choses et les mettre sur la voiture. C’est la façon dont nous communiquons avec l’équipe. Nous devons être très sûrs des choses lorsque nous parlons de la voiture et de son comportement. »

« Après cela, c’est assez similaire. Je pense toujours que les meilleures équipes ont un avantage. Elles ont l’infrastructure et le personnel. Les petites équipes doivent encore rattraper leur retard dans ce domaine. Elles doivent encore sous-traiter beaucoup de choses parce qu’elles ne peuvent pas s’offrir certaines des vastes machines que les écuries de pointe pouvaient s’offrir. Il y a donc une légère différence, mais l’effet réel se fera sentir dans 4 ou 5 ans. »

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