La F1 au bord de la ‘saturation’ avec 24 Grands Prix pour Steiner

Le personnel va-t-il tenir ?

Par Alexandre C.

9 juillet 2023 - 08:58
La F1 au bord de la ‘saturation'

Pour les plus petites structures comme Haas F1, un calendrier record de la F1 à 24 courses, comme cela est bien prévu pour l’an prochain, mettra à rude épreuve les ressources humaines.

Günther Steiner est d’ailleurs déjà inquiet pour les siens : c’est ainsi que le patron de l’équipe américaine a lancé une sorte d’avertissement au sport, à la FOM et à Stefano Domenicali dans le paddock de Silverstone. 24 Grands Prix, cela frise avec la limite du supportable…

« 24 courses, c’est la limite avec le modèle commercial que nous avons aujourd’hui. »

« Si vous avez plus de courses, chacune doit représenter un grand pas en avant, aussi financier pour que vous puissiez avoir deux équipes qui se partagent les Grands Prix en rotation. Sinon, il est est très difficile d’attirer des gens pour travailler en Formule 1 - parce que c’est un effort à faire. »

« De mon côté, je viens évidemment dès le mercredi, mais certaines personnes, les mécanos, sont parfois absentes plusieurs mois d’affilée de chez eux - c’est une longue période. »

« Pour eux, c’est plus difficile que pour moi personnellement. Pour nous aussi, ce n’est pas facile d’être absent 24 week-ends pour les courses, mais je pense qu’il y a aussi un facteur de saturation. »

Au-delà de la quantité de courses, Günther Steiner rappelle l’importance de tenir compte de l’aspect qualitatif - ce qui semble être le cas avec des Grands Prix au format varié.

« Aujourd’hui, nous avons 24 courses. Si vous avez 24 courses qui sont toutes identiques, je pense que ce serait trop. »

« Il y a six week-ends de sprint, donc les gens se disent ’Allons-y pour le week-end de sprint’, puis il y a les courses de nuit. »

« L’année prochaine, nous aurons deux courses le samedi. Il y a donc toujours quelque chose de spécial à rechercher. Mais pouvez-vous imaginer 24 courses, comme dans le passé, quand elles étaient toutes identiques ? Non. Mais maintenant, il y a toujours un peu de nouveauté et des choses différentes. Ce qui rend les choses intéressantes. »

La régionalisation partielle du calendrier, annoncée pour l’an prochain, n’est-elle pas au moins de nature à rendre le calendrier plus tenable, notamment pour réduire les temps passés dans l’avion ?

« Cela aide, mais il s’agit toujours de 24 courses, »

« Ce n’est pas seulement une question de voyage, le voyage est une chose, mais l’intensité d’un week-end de course est le plus important. »

« La régionalisation est tout simplement meilleure pour le développement durable. Il s’agit simplement d’être plus conscient du fait que nous ne nous déplaçons pas tout le temps. Mais il y a aussi des contrats de longue durée en place en ce moment. »

« Il faudra du temps pour que le système soit vraiment régionalisé, mais la FOM et Stefano y travaillent pour le rendre encore meilleur qu’il ne l’est aujourd’hui. »

Mais Günther Steiner est tout de même très inquiet pour une catégorie de personnel qui est moins concernée par la rotation de Grand Prix en Grand Prix, notamment les mécaniciens et ingénieurs de course.

« Certaines personnes aiment tourner un peu et nous essayons de le faire, cela concerne le département informatique parce qu’ils ont plus de chance de tourner. »

« Mais les mécaniciens et les ingénieurs - c’est difficile de les faire tourner, nous avons quelques ingénieurs qui tournent, des ingénieurs chargés de la performance, des choses comme ça, mais les ingénieurs de course, la rotation est difficile pour eux. »

« Les mécaniciens, beaucoup aiment faire toutes les courses, parce qu’ils aiment être avec l’équipe, avec la voiture. Parfois, si un gars a quelque chose à faire à la maison, un mariage ou autre, nous avons la capacité de le remplacer, mais ce n’est pas comme un calendrier planifié avec deux équipes de course en rotation - ce que nous devrions avoir si nous avions plus de 24 courses. »

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