L’âge d’or de la F1 ne fait que commencer pour Wolff

Les équipes commencent à devenir rentables, les fans se renouvellent

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Par Olivier Ferret

21 janvier 2022 - 12:39
L'âge d'or de la F1 ne fait (...)

Même si la controverse d’Abu Dhabi a terni la fin de la saison dernière, personne ne peut nier que la Formule 1 connaît actuellement un boom, y compris Toto Wolff, le directeur de Mercedes F1.

Bien entendu, le duel formidable entre son équipe et Red Bull Racing a accroché l’audience tout au long des 22 courses mais ce n’est pas la seule explication.

"Ce duel a certainement encore suscité l’intérêt. La Formule 1 en a clairement profité, mais ce n’est pas la seule raison," reconnait l’Autrichien.

"Il est devenu évident l’année dernière que nous attirons un public plus jeune. C’est devenu une base de fans à part entière. On pourrait presque parler d’un changement de génération. Netflix a apporté une nouvelle dimension, l’e-sport aussi. Soudain, les personnalités sont devenues plus intéressantes pour les gens qui n’avaient jamais suivi le sport auparavant. Cela nous a ouvert ce nouveau groupe cible."

Y a-t-il un risque qu’une saison 2022 fade, à cause d’une équipe qui domine, ruine ces efforts ?

"Non je ne pense pas. Et il n’y a aucune raison macro ou micro-économique pour laquelle la Formule 1 ne prospère plus, à moins que le Covid ne nous frappe à nouveau très durement. Le sport est connecté, l’intérêt est énorme et la portée est meilleure que jamais. Nous aurons une deuxième course aux USA à Miami en 2022, peut-être même une troisième en 2023. Tous les signes pointent vers un avenir positif."

Les fans ont aussi l’impression qu’un plateau pouvant jouer à armes égales en termes de budget ne fausse plus la compétition. Pourtant, les meilleures équipes n’étaient initialement pas partisanes du plafond budgétaire.

"Bien sûr, les équipes qui avaient les poches pleines n’étaient pas particulièrement heureuses d’avoir perdu un avantage de ce côté. Mais tout avait dégénéré en une course aux armements entre Red Bull, Ferrari et nous. Maintenant, tout est plus équilibré. Je pense qu’il y a cinq ou six équipes qui peuvent gagner à l’avenir. C’est bon pour le sport. Ce ne sera pas toujours la même équipe qui remportera le gros trophée."

De quoi rendre enfin les équipes rentables en Formule 1 ?

"Pour nous, c’est le cas, depuis la saison 2021. Moteur exclu. Pour être plus précis, hors coûts de développement moteur."

Le plafonnement des coûts apporte de la prévisibilité et augmente la valeur des équipes. Combien vaut une écurie de Formule 1 comme Mercedes aujourd’hui et combien vaudra-t-elle dans cinq ans ?

"Je ne veux pas donner de chiffres, mais je pense qu’on se rapproche des cotes des équipes américaines de la NBA et de la NFL. Nous allons clairement vers les bénéfices et avec cela, il est possible d’estimer des valeurs."

"Nous n’avons qu’un nombre limité de dix licences. J’aime avoir 10 équipes, en avoir plus ne fait que diluer les revenus. Une nouvelle équipe ne peut être ajoutée que si tout le monde est d’accord. Le prix d’entrée est très élevé à 200 millions de dollars. Il est important pour nous que non seulement Mercedes soit rentable, mais que les autres équipes emboîtent le pas. Je pense que Ferrari et McLaren seront les prochaines. Cela augmente le facteur de crédibilité de toute la série."

"L’avantage du plafonnement des coûts est que chaque nouveau venu sait dans quoi il s’embarque. Il sait que personne ne peut dépenser plus de 140 millions de dollars. Pour qu’il puisse monter au sommet, il sait ce qu’il faut mettre car les autres n’ont pas plus. Dans le passé, personne ne savait combien d’argent il en coûterait pour rivaliser avec Ferrari, Red Bull ou nous-mêmes."

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