Formule 1

Kubica ne sait pas du tout comment se passera sa première course

Il n’est plus la même personne qu’en 2011

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Par A. Combralier

9 mars 2019 - 13:26
Kubica ne sait pas du tout comment (...)

Quel que soit son niveau cette saison – et le niveau de sa Williams par ailleurs – Robert Kubica aura réussi un pari exceptionnel, en faisant son retour en F1, huit années après son dernier Grand Prix.

Pour le Polonais de 34 ans, ce come-back exceptionnel est davantage qu’un défi personnel atteint, c’est aussi une leçon de vie.

« Nous prenons tout pour acquis. Et une fois que vous n’avez plus ce quelque chose entre vos mains, alors, vous réalisez à quel point vous étiez chanceux. Il n’y a rien pour acquis dans la vie, c’est ainsi. »

A-t-il conscience de l’exploit qu’il a réalisé ?

« Je ne m’en soucie pas, honnêtement. Je sais ce que ça m’a pris pour revenir, les périodes par lesquelles je suis passé. Je sais à quel point ça m’a coûté en énergie, et à quel point le défi qui vient sera important. »

« D’un autre côté, je sais qu’on ne me fera pas de cadeau. Je ne vais pas commencer les courses 20 secondes devant tout le monde, juste parce que j’aurai réalisé un grand come-back. Je suis sur la grille, dans la voiture, dans la même situation que les autres. »

Robert Kubica a su regagner ce qui lui avait été enlevé après son grave accident de rallye. Mais pour ce faire, il explique avoir dû se remettre en question.

« Si je suis revenu en F1, c’est parce que je suis différent. Si j’étais resté le même qu’il y a 10 ans, alors, je ne serais pas là. Avant, j’étais très manichéen, c’était toujours oui ou non, rien au milieu. »

« Mon accident – 15 centimètres plus à droite et rien ne serait arrivé, 10 centimètres plus à gauche et je ne serais plus là… Peut-être que c’est à partir de ce moment que vous commencez à voir que ce n’est pas une question de blanc ou de noir, qu’il y peut y avoir quelque chose au milieu… »

« Je suis devenu plus sensible, plus ouvert, ce qui n’est pas nécessairement bon pour la F1. Mais si vous pouvez contrôler vos émotions, ce peut être positif. »

L’endurance du pilote Williams sera forcément scrutée de près à Melbourne… a-t-il peur de connaître une franche déception ?

« Beaucoup de gens me parlent de Melbourne… Comment ce sera ? Honnêtement, je n’ai pas d’indice. Mais ça ne m’effraie pas. J’espère seulement que ces émotions me donneront une énergie supplémentaire, sans aspects négatifs ; et si je peux les contrôler, ce ne sera que du positif. »

Briller à Melbourne sera difficile, étant donné la faible compétitivité de la FW42… Le Polonais a d’ailleurs tenu des propos très pessimistes sur la compétitivité future de sa voiture.

« Si vous demandez si je suis confiant, je répondrai oui » tempère-t-il. « Mais d’un autre côté, je sais que je ferai face à des situations que je n’ai pas affrontées depuis longtemps. Si vous me demandez comment se passera le premier virage… je ne sais pas, mais personne ne le sait. »

« Donc à la fin, peu importe si cela fait neuf ans ou trois mois que je n’aie plus couru. Personne ne sait à quoi ressemblera le premier virage. Je vois me concentrer sur de petites étapes, sur la réalité, et voir comment je réagirai. »

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