Formule 1

‘Je ressentais plus de peine que de peur’ : Ricciardo raconte sa nuit après la mort d’Hubert

La nuit de l’accident, il eut du mal à s’endormir

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Par A. Combralier

6 septembre 2019 - 08:49
‘Je ressentais plus de peine que de (...)

Après le décès tragique d’Anthoine Hubert à Spa, samedi dernier, Daniel Ricciardo a admis qu’il avait hésité à prendre le départ, le lendemain, du Grand Prix de Belgique.

A Monza, le pilote Renault s’est livré sur ses doutes, ses sentiments, sa peine – toutes les émotions par lesquelles il est passé entre le samedi soir et le dimanche après-midi.

« La nuit de l’accident, je n’ai pas trop dormi. Vous vous battez avec un peu de colère, de frustration. Et ensuite, avec quelques émotions. Vous vous demandez si courir le lendemain serait la bonne chose à faire, sur le plan moral. Et sur le plan personnel. »

« Le dimanche matin, la situation était plus claire. J’ai réussi à dormir un peu. Mais c’était toujours étrange, froid. Être excité par la course, je ne sentais pas que ce fût bien. Ce n’était pas bien d’être juste content d’être là. »

« Les minutes avant la course, ce ne fut pas vraiment amusant. Lors de la parade des pilotes, vous faites signe de la main aux fans. Mais vous sentez que ce n’est pas bien de sourire, ou de se sentir heureux. »

« La réalité, étrangement, c’est que j’aime trop la course. Courir, j’ai senti que c’était la bonne chose à faire. Même si je ne voulais pas vraiment le faire, je me suis dit OK, une fois que j’y étais, le ressenti était normal, bon. »

« Le dimanche, quand je suis monté dans la voiture, je ressentais plus de la peine que de la peur. Si j’avais été submergé par la peur, alors, il n’aurait pas été intelligent pour moi de courir. »

« Quand une telle chose arrive à un autre pilote, quand c’est l’un de vos collègues, tout devient plus réel. Vous vous dites, OK, ça peut en fait arriver à tout le monde. Nous réalisons que nous ne sommes pas invincibles, et cette impression s’installe. Je sais que mes parents stressent déjà assez pour moi. Et vous vous demandez : est-ce que cela vaut vraiment la peine si j’impose ce stress, à moi et aussi à ma famille ? »

Daniel Ricciardo, ce dimanche de course, a dû passer à 44 reprises devant le Raidillon de l’Eau Rouge, là même où Anthoine Hubert trouva la mort.

« Je me suis dit, vas-y à fond, ne pense pas trop en passant ce virage. C’était un soulagement. Si j’avais vraiment relâché l’accélérateur, si j’avais été vraiment effrayé, ç’aurait été un signe – montrant que je n’aurais peut-être pas dû prendre la piste ce jour. Je voulais me tester. Et le ressenti était bon. »

En tant que pilote de l’écurie Renault, Daniel Ricciardo était sinon ami, du moins proche d’Anthoine Hubert, membre de la Renault Driver Academy. Il l’aura côtoyé jusqu’au dernier jour.

« J’ai vu les pilotes de la Renault Academy le dimanche matin. Je leur ai parlé aussi le samedi soir, juste par message. Ils sont plus jeunes. J’essayais d’être une sorte de figure paternelle pour eux. »

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