‘Je ne voulais pas d’amis’ : Ricciardo a forcé sa nature en arrivant en F1

‘Je ne voulais pas d’amis’ : Ricciardo a essayé de forcer sa nature en arrivant en F1

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Par Alexandre C.

5 juin 2022 - 16:47
‘Je ne voulais pas d'amis' (...)

De l’aveu général, Daniel Ricciardo apparaît comme l’un des pilotes les plus sympathiques et souriants du plateau.

Certaines mauvaises langues ont parfois pu dire que les sourires de l’Australien étaient feintés afin de renvoyer une bonne image de lui…

Bien évidemment, il n’en est rien : le pilote McLaren, comme il l’a assuré à Maxim, est naturellement quelqu’un d’allègre. Cette attitude l’aide d’ailleurs selon lui à extraire plus de performance de la voiture chaque week-end. Explications.

« C’est très naturel. Je suis quelqu’un de plutôt facile à vivre. Si je dois maintenir cette intensité tout au long du week-end, je vais brûler de l’énergie inutilement. Je préfère être moi-même, m’amuser, essayer de m’imprégner du week-end, de l’ambiance et essayer de plaisanter si je peux. »

« Mais j’y ai pensé et surtout quand je suis arrivé en F1, je me suis dit : Mec, est-ce que je dois essayer d’être intense tout le temps ? Je ne voulais pas parler aux pilotes. Je ne voulais pas leur donner un coup de pouce et montrer une quelconque faiblesse. Je me disais : "Je ne veux pas d’amis", et on passe par tous ces trucs, mais ce n’était pas naturel pour moi. Je pense que j’aurais probablement perdu au change si j’avais essayé d’être trop dur hors piste. »

Pour autant, le sourire de Daniel Ricciardo est néanmoins précaire en F1, un sport qui reste aujourd’hui un des plus dangereux du monde. Le pilote McLaren dit y repenser à chaque fois qu’il effectue un geste en apparence routinier mais pourtant ô combien porteur de sens avant chaque séance.

« Il y a toujours eu quelque chose d’assez symbolique... pour moi, la voiture de course est évidemment une arme. Je l’aime, mais c’est aussi une arme et c’est dangereux. J’ai toujours respecté le véhicule. Je pense quand on met son casque, c’est un geste symbolique - non seulement le casque est un rappel des dangers encourus, mais c’est aussi le moment et de faire abstraction de tout le reste. »

« Cela m’amène automatiquement à l’endroit où je dois être ; je me mets en mode compétition. »

Comment tenir le coup moralement ?

Comment faire alors pour tenir mentalement ? Pour garder le sourire ?

Daniel Ricciardo évoque d’abord l’importance des bons souvenirs, des moments de joie. A commencer par sa plus grande joie en carrière : sa victoire à Monaco en 2018, une rédemption après avoir été privé en 2016 d’une victoire méritée en raison d’un arrêt aux stands catastrophe.

« Deux ans auparavant, on me l’a vraiment enlevée avec un arrêt aux stands très lent et évidemment hors de mon contrôle. Et ces choses-là arrivent aussi en course, mais je me suis vraiment senti volé ce jour-là. Je me suis demandé si j’aurais un jour cette chance de gagner Monaco. Donc finalement le gagner : j’étais très, très fier et heureux. »

Mais Daniel Ricciardo évoque aussi sa précieuse victoire de Monza, si bénéfique pour son moral l’an dernier.

« Je ne pensais pas qu’elle [la victoire de Monaco] serait surpassée, parce que l’ampleur de cette victoire était si grande. Mais après la façon dont l’année dernière s’est déroulée, c’était vraiment la première fois dans ma carrière que j’avais des moments de doute. Donc, surmonter ces difficultés et gagner Monza, la première année avec une nouvelle équipe, alors que personne ne s’attendait à ce que je le fasse, tout cela… je dirais que Monza est le moment dont je suis le plus fier. »

Il n’y a enfin pas que les bons souvenirs sur la piste qui sont utiles pour tenir moralement : Daniel Ricciardo évoque un aspect peu abordé mais pourtant crucial dans la préparation des pilotes, le sommeil.

« C’est définitivement une période importante, mais c’est de plus en plus important au fur et à mesure que je vieillis et que j’avance dans ma carrière. »

« Mais ça ne marche pas comme ça en vieillissant. Et évidemment, avec ce travail, le décalage horaire, les fuseaux horaires, l’intensité des courses, la pression et tout ce qui va avec, le sommeil devient tellement plus important pour rester frais. Pour rester actif, parce que nous devons être actifs pour notre sport, si je peux me permettre de dire ce qui est évident. C’est vraiment important. »

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