‘J’ai vécu comme j’ai voulu’ : Räikkönen, le pilote de F1 sans masque ni compromis

Il réfléchit sur le sens de sa carrière

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Par Alexandre C.

31 décembre 2021 - 12:30
‘J'ai vécu comme j'ai voulu'

349 Grands Prix en F1, 21 victoires, 18 poles, 103 podiums et un titre de champion du monde en 2007 : la carrière de Kimi Räikkönen restera aussi riche, longue que fructueuse pour le Finlandais, qui a quitté la F1 à la fin de cette année.

Kimi Räikkönen a fini sa carrière là où l’avait commencée, c’est-à-dire chez Sauber, à Hinwil, où il a pu retrouver nombre d’employés de l’équipe (Alfa Romeo aujourd’hui), comme Beat Zehnder.

Même si l’aventure Alfa Romeo a été longue à finir, avec quelques petites tensions et agacements, Kimi Räikkönen a été ovationné à Hinwil lorsqu’il est passé dire adieu à « son » équipe.

Kimi Räikkönen restera aussi comme un pilote à la personnalité unique. Un exemple le montre parmi d‘autres : en 2012, il était attendu pour un test Lotus, mais l’avait manqué car du crépuscule à l’aube, la veille, il avait passé la nuit à boire, finissant tout habillé dans une piscine…

« J’ai vécu comme je le voulais » a-t-il résumé.

« J’ai vécu à ma façon. Je peux vivre avec mes décisions. Je n’ai pas à me plaindre. Je ne peux pas être désolé de ne pas avoir fait ceci ou cela. Je ne peux pas me plaindre que c’était mauvais. Je suis heureux de la façon dont ça s’est passé. »

Certaines équipes n’avaient-elles jamais courtisé Kimi Räikkönen en lui demandant, en contrepartie, de renoncer à son style de vie particulier et d’adopter une éthique plus rigoureuse ?

« Bien sûr, oui, beaucoup d’équipes. J’ai compris leur version de l’histoire, mais si vous essayez d’être quelque chose que vous n’êtes pas, peut-être que vous pouvez le faire pendant un an ou deux, mais à long terme, ça ne va pas très bien se terminer. J’essaie toujours d’être moi-même. Qu’ils l’apprécient ou non, cela m’est égal tant que je sens que c’est bon pour moi. Au bout du compte, c’est ma vie. Je ne la vis pas pour quelqu’un d’autre, je la vis pour moi. »

Une bonne ambiance chez Lotus et même Ferrari ?

Kimi Räikkönen se souvient en particulier de l’ambiance régnant chez Lotus, où il a fait son retour en F1 en 2012 (une aventure terminée en queue de poisson, par une quasi-faillite de l’équipe et des salaires non-payés)...

« Ce qui était vraiment bien avec Lotus, c’est qu’ils me laissaient faire plus ou moins ce que je souhaitais faire. Ils ont construit une super voiture, ils avaient un super groupe de personnes qui travaillaient dessus et une super usine et de superbes installations. Je pense que le plus triste, c’est la façon dont tout s’est terminé, pas seulement ma relation avec eux mais aussi avec l’équipe - beaucoup de bonnes personnes sont parties à cause du même problème que j’avais avec eux. Au final, ils avaient des crédits à payer, des familles à nourrir. »

« L’équipe a mis une éternité à se reconstruire. C’était la chose la plus triste - voir un grand groupe de personnes séparées. Ce n’était plus pareil. Mais pour ce qui est de la course, c’était génial. On s’est beaucoup amusé, on a eu beaucoup de bons résultats. Nous avons terminé troisième du championnat en revenant [en 2012], donc de bons souvenirs de là aussi. »

Mais Ferrari n’était-elle pas plus rigoureuse dans ses exigences envers Kimi Räikkönen ?

« J’étais heureux de revenir chez Ferrari. Quand je suis parti la première fois, je n’ai jamais eu un mauvais sentiment. »

« Certaines personnes ont fait certaines choses, mais de la manière dont nous parlions, nous disions ouvertement comment c’était, et tout était réglé. J’ai toujours eu une excellente relation avec eux, et je n’ai eu aucun problème lorsqu’ils ont appelé pour savoir si je voulais revenir. J’ai dit : Oui, pas de problème. En termes de résultats, nous avons quand même eu beaucoup de bonnes courses, et oui, une seule victoire - mais c’était un groupe de personnes formidables et avec Sebastian, j’ai beaucoup de bons souvenirs. »

Pourquoi n’avoir donc pas choisi de quitter la F1, après l’aventure Ferrari ? Pourquoi avoir poursuivi à Hinwil ?

« Alfa Romeo m’a parlé longtemps avant. Ils m’ont dit que si tu veux nous rejoindre, nous étions ouverts à la discussion - nous parlerons. J’ai eu une chance dans une autre équipe, mais c’était important pour moi d’être près de chez moi. Pour visiter l’usine, je peux y aller en voiture en 30/40 minutes. C’est beaucoup plus facile que de prendre l’avion pour un autre pays. Je ne peux pas me plaindre : les résultats finaux, nous voulons tous faire mieux, mais c’est la même chose avec n’importe quelle équipe. »

Kimi Räikkönen, un pilote populaire sans chercher à l’être

Cette personnalité particulière a construit la popularité, voire la légende, de Kimi Räikkönen, qui reste très populaire parmi les fans. Sans avoir jamais cherché ce soutien, poursuit-il.

« Je n’ai jamais essayé d’obtenir le soutien des fans ou de faire quelque chose pour gagner des fans. C’est sûr qu’il y a beaucoup de gens que je n’aime pas - et c’est très bien. Je ne suis pas là pour plaire aux gens. »

« J’ai beaucoup de soutien dans la plupart des endroits où nous allons, et je peux voir qu’ils peuvent être tristes, mais la vie continue. Et on ne sait jamais ce qui nous attend dans le futur. Un grand merci à tous. C’était génial au fil des ans. »

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