Formule 1

Grosjean pense pouvoir éviter la greffe de peau en ratant Abu Dhabi

Le Français a "fait ses adieux" au paddock de la F1

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Par Emmanuel Touzot

7 décembre 2020 - 10:04
Grosjean pense pouvoir éviter la (...)

Romain Grosjean a quitté Bahreïn pour rentrer chez lui auprès de ses enfants, alors que le verdict de sa non-participation au Grand Prix d’Abu Dhabi est tombé hier. Le pilote Haas F1 a reconnu qu’il n’aurait pas été sage de tenter une participation, alors même que sa main gauche est en mauvais état après le crash de la semaine dernière, avec des brûlures au deuxième degré.

"La main droite va plutôt bien, la main gauche c’est la main de Mickey, j’ai essayé de rester ici tant que possible pour espérer disputer le Grand Prix d’Abu Dhabi, mais ce n’était pas une décision sage pour ma main, pour mon futur et les risques encourus, donc je vais rentrer voir mes enfants et leur faire un gros câlin, ils en ont besoin après la frayeur de la semaine dernière" a déclaré Grosjean à France 2.

"On n’espère pas devoir faire une greffe de peau, c’est pour ça que je ne prends pas le risque de rouler la semaine prochaine. On a eu de bonnes nouvelles ce matin puisque la peau semble vouloir vivre, même là où elle est le plus brûlée. La main droite dans une semaine ce sera un mauvais souvenir. La main gauche on en a encore pour deux à trois semaines au mieux et j’espère vraiment que je n’aurai pas besoin de greffe car ça rallonge le processus."

Il explique avoir eu l’impression de faire ses adieux à la F1 ce dimanche en quittant le paddock. Même s’il y reviendra certainement à plusieurs reprises en tant qu’invité, Grosjean pense avoir disputé sa dernière course dans la discipline la semaine dernière à Bahreïn. Il est notamment revenu une dernière fois dans le garage de Haas F1 Team en tant que pilote de l’équipe, où il a reçu un de ses volants en cadeau.

"La F1 c’est fini pour le moment, j’ai fait mes adieux au paddock et je suis sorti en me disant que c’était peut-être la dernière fois que je partais avec inscrit sur mon badge ’pilote de F1’. Je reviendrai c’est sûr, au moins pour dire bonjour aux copains, mais en tout cas dans l’immédiat c’est sûr que c’était mon dernier Grand Prix la semaine dernière."

Romain Grosjean explique avoir eu le temps de se battre dans la monoplace pour s’extirper du brasier, mais reconnaît aussi qu’il peine toujours à accepter l’inquiétude qu’il a pu causer chez ses proches : "Dans la voiture, j’ai eu vingt-huit secondes pour vivre et je n’en ai pas perdu une seule dès le début en décrochant les ceintures de sécurité et en me battant contre tous les éléments qui me bloquaient dans ce brasier."

"Ce qui me fait aujourd’hui le plus de peine et de mal, c’est d’imaginer que mes proches, mes enfants, ma femme, mes parents, pendant deux minutes et quarante-trois secondes, entre le moment de l’impact et le moment où l’on voit que je suis en vie dans la voiture médicale, ont pensé à 99% que j’étais mort."

Son expérience près de la mort l’a poussé à nommer celle-ci, et il préfère expliquer son bref moment d’acceptation de son sort par le fait que son cerveau a dû repartir à zéro pour trouver d’autres idées d’extraction de la carcasse de la Haas : "J’ai fait plusieurs tentatives et je me rends compte à un moment que je n’y arrive pas et que je suis bloqué."

"Le corps s’est relâché et l’esprit aussi. J’étais en paix et je peux dire ’j’ai vu la mort.’ Elle était à dix centimètres de mon visage. Et je lui ai même donné un nom. Je l’ai appelée Benoît. Et ne me demandez pas pourquoi, cela n’a pas de rapport avec quoi que ce soit. J’en avais peut-être besoin psychologiquement pour la matérialiser. J’ai ensuite trouvé l’énergie pour sortir. Est-ce peut-être mon cerveau qui a décidé de prendre ces quelques secondes pour se calmer ?"

"Il faut se rendre compte que j’ai tapé la barrière à plus de 200 km/h et que j’ai eu des forces phénoménales sur le corps. On parle de 57 ou 59 G vécus, ce qui veut dire que le poids de mon corps au moment de l’impact est de 3,9 tonnes, plus ou moins. Ce sont des chiffres fous."

"Au début, j’ai eu un petit peu de mal à comprendre pourquoi je me serais relaxé, pourquoi j’aurais presque accepté de partir. Peut-être était-ce une sorte de bouton ’reset’ et le cerveau qui réfléchissait à trouver la solution pour sortir."

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