Ferrari explique le défi aéro de Mexico, entre Monza et Monaco

Un défi colossal pour les ingénieurs et pour les réglages

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Par Emmanuel Touzot

27 octobre 2022 - 13:11
Ferrari explique le défi aéro de (...)

La F1 va ce week-end au Mexique, sur le circuit le plus en altitude de la saison. Une altitude qui a des effets sur les monoplaces comme l’explique Thomas Bouché, directeur du groupe de performance de la performance aérodynamique en piste de Ferrari.

L’ingénieur, dont la passion pour la Formule 1 a commencé par le fait d’avoir "des pilotes français comme Alain Prost et Jean Alesi au sein de la Scuderia dans les années 90", a brièvement été pilote avant de se consacrer à sa carrière d’ingénieur dans l’aéronautique, puis en sport automobile.

En F1 depuis 2007, celui qui est chez Ferrari depuis 2018 explique les effets que courir à plus de 2000 mètres d’altitude peut avoir sur une monoplace aussi technologique qu’une F1.

"L’aspect vraiment unique du circuit de Mexico est son altitude, à 2238 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui signifie que la densité de l’air est inférieure de 20% à celle du niveau de la mer" explique le Français.

"C’est un circuit court, l’un des plus courts du calendrier, mais qui comporte néanmoins une longue ligne droite, de près de 1300 mètres, où la majorité des dépassements se produisent en course."

"Le tracé moderne utilisé depuis 2015 ne comporte pas de secteurs de virage à haute vitesse particulièrement difficiles, surtout depuis que le dernier virage, la mythique Peraltada, a été remplacé par une section lente et sinueuse. Les virages à basse vitesse dominent, en fait, et font de la motricité un facteur clé sur cette piste."

Un effet moindre sur les V6 turbo hybrides

Thomas Bouché précise que le fait d’avoir un moteur turbo dans la voiture, qui compresse lui-même l’air envoyé dans le moteur, limite les pertes de puissance causées par l’altitude, contrairement à ce que ce serait avec un moteur atmosphérique.

"La réduction de la densité de l’air due à la haute altitude est l’un des plus grands défis de la saison : les forces aérodynamiques sont considérablement réduites et nous nous retrouvons avec des charges d’appui faibles, équivalentes à celles de Monza, tout en utilisant les configurations d’ailerons avant et arrière utilisées à Monaco."

"Les moteurs turbocompressés signifient que l’efficacité de l’unité de puissance n’est que faiblement affectée et que les capacités d’accélération et de vitesse de pointe, aidées par une traînée aérodynamique réduite, sont parmi les plus élevées du calendrier."

"Cela entraîne des défis considérables sur le front du refroidissement du moteur et des freins. Les voitures de Formule 1 actuelles n’ont pas été conçues et optimisées pour fonctionner dans cette fenêtre très particulière et ces aspects seront donc étroitement surveillés et gérés tout au long du week-end."

"Ces aspects seront donc étroitement surveillés et gérés tout au long du week-end. Cela peut même devenir critique dans les courses rapprochées, lorsque l’on roule dans un air pollué en suivant d’autres voitures."

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