Formule 1

Faut-il vraiment rendre le pilotage des F1 plus ardu ?

La F2 est ‘beaucoup plus physique’ que la Formule 1 selon Norris

Recherche

Par A. Combralier

12 juillet 2019 - 15:12
Faut-il vraiment rendre le pilotage (...)

Est-il plus facile de conduire les F1 aujourd’hui qu’hier ? Ce vieux débat a récemment ressurgi. Kimi Räikkönen, le pilote le plus expérimenté du plateau, a par exemple confié qu’il était souvent plus facile d’embellir le passé, et que les F1 contemporaines n’étaient pas forcément plus aisées à manier, surtout depuis le changement réglementaire ambitieux de 2017, censé, justement, rendre plus corsé le pilotage.

S’il y avait des mesures à prendre aujourd’hui, pour complexifier le pilotage, vers quoi la F1 pourrait-elle se diriger ? Enlever de l’appui ? Supprimer toute direction assistée ? Avoir plus de puissance moteur ? Le règlement 2021 pourrait être une bonne occasion pour mettre en place ces changements… Mais dans le même temps, il faut aussi que ces changements permettent aux voitures de davantage se suivre, pour favoriser le spectacle.

« Oui, tout ce qui concerne la course, le spectacle, c’est le sujet le plus important » confie Daniel Ricciardo. « Si tout le monde était un peu plus proche, ce serait génial, et si chacun avait la capacité de suivre plus facilement une autre voiture, ce serait formidable aussi. Aujourd’hui, si vous vous rapprochez d’une autre voiture, vous perdez beaucoup d’appui, et donc, vos pneus commencent à surchauffer ; vous perdez alors plus d’appui, donc vous vous battez contre ces deux forces négatives. »

« La direction assistée ? Honnêtement, avec l’appui que nous avons aujourd’hui, ce serait vraiment impossible. J’ai eu des défaillances hydrauliques, et alors vous perdez la direction assistée. Et vous ne pouvez plus tourner. Je suis courageux, mais je peux affirmer que ça ne ferait pas l’affaire. Peut-être sur un tour, mais pas sur 50. »

Du côté de Mercedes, Lewis Hamilton se concentre, lui aussi, davantage sur la définition du règlement 2021, afin de favoriser le spectacle en piste. Le Britannique assume de plus en plus ses responsabilités dans la communauté des pilotes.

« Ce qui est important aujourd’hui, c’est que les pilotes sont unifiés, pour la première fois depuis mon arrivée en F1. Nous sommes unis, avec la FIA, et nous espérons que cela aura un impact positif sur les règles de 2021. Nous pouvons apporter des changements subtils pour nous assurer que la voiture soit un peu plus physique qu’aujourd’hui. En aucun cas, le pilotage n’est aisé pour nous, et vraiment, enlever la direction assistée ne serait pas décisif, mais je pense que nous pourrions peut-être la réduire un peu, si nécessaire. Nous avons l’option de le faire aujourd’hui, mais cela ne fait pas vraiment de différence. Mais oui, comme Daniel l’a dit, il y a bien d’autres aspects à considérer ; pouvoir se suivre de plus près, ça améliorerait vraiment la course, donc c’est la clef pour nous. »

Lando Norris est sur la même longueur d’onde que ses aînés… Mais il reconnait que la F2 est plus physique que la F1 !

« Le principal, c’est la course. Les caractéristiques physiques, je ne m’en soucie pas vraiment. J’ai beaucoup souffert depuis le karting, avec ma taille, et tout, dans chaque catégorie, F4, F3, F2… Pas tant en F2. La F1 fut un peu plus sympathique avec la direction assistée ; la F2 est beaucoup plus dure, physiquement, pour les bras, et presque pour tout le corps, que la F1. Donc cela pourrait changer oui… mais peu importe pour moi. Ce n’est pas la priorité pour la F1 aujourd’hui. »

« Être capable de se suivre de plus près est la priorité numéro 1 » surabonde George Russell, pour Williams. « Mais nous permettre de courir à fond, sur chacun des 70 tours durant un Grand Prix, ce serait assez sympathique, et cela rehausserait aussi les exigences physiques. Si vous faites constamment du lift-and-coast, ou si vous économisez toujours les pneus en virages à haute vitesse, alors, ce n’est pas aussi rude que si vous alliez à fond. Donc voici ce que serait mon idée… »

FIA

expand_less