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Entre soupçons de népotisme et sexisme, Claire Williams a subi ‘beaucoup de harcèlement’

Ce qui l’a personnellement affecté

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Par Alexandre C.

31 janvier 2021 - 10:34
Entre soupçons de népotisme et sexisme,

Claire Williams avait-elle le talent nécessaire pour gérer une équipe de F1, ou bien n’était-elle que la fille de son père ? Le népotisme chez Williams n’a-t-il pas été trop important, au détriment de la méritocratie qui prévaut dans toutes les équipes globalement ?

Comme le reconnaît Claire Williams dans les colonnes du Spectator, sa réputation est aujourd’hui très mauvaise. Les gens « m’associent avec certaines des pires années de Williams » a-t-elle constaté.

C’est selon elle, bien sûr, une injustice, mais qui n’a pas empêché de très nombreuses critiques de se diriger sur elle. Ainsi Claire Williams confie avoir dû supporter, très souvent, des attaques la visant elle, à titre individuelle – remettant en cause ses compétences.

« Nous avons reçu beaucoup de soutien et il a duré durant les premières années de ma prise de fonctions. Mais ensuite, je pense que les gens ont commencé à se retourner un peu et surtout, je pense, contre moi. A juste titre : j’étais le leader, j’étais le patron et la responsabilité s’arrête à moi. »

« Mais vous prenez des décisions à l’époque parce que vous pensez que ce sont les bonnes décisions et parfois ces décisions ne vont pas dans votre sens et c’est ce qui s’est passé dans mon cas. Mais bien sûr, j’ai reçu beaucoup de critiques pour cela. J’ai été toujours scrutée, de très près. »

Et Claire a tâché d’ignorer ce flot d’insultes, notamment sur les réseaux sociaux...

« J’ai subi tout un tas de harcèlement, beaucoup de harcèlement, apparemment, sur les médias sociaux. Mais, de mon côté, je ne pouvais pas écouter ce bruit. Cela aurait absorbé une énorme quantité d’énergie négative et j’avais besoin de concentrer mon attention sur l’équipe et de prouver à tout le monde que je pouvais le faire. »

Accusée de népotisme, Claire Williams dit aussi avoir été attaquée en tant que femme. Alors, du népotisme au sexisme, quelle attaque l’a-t-elle le plus affectée ?

« C’est revenu à plusieurs reprises : ’Oh, c’est parce que c’est une femme’ et j’ai aussi entendu ’elle est seulement dans le métier de toute façon parce que c’est la fille de Frank, dégagez-la’. Je sais que j’ai souvent entendu cela. »

« Je me fiche de ce que les gens pensent ou écrivent sur ce genre de choses alors qu’ils n’ont jamais été un jour à ma place et qu’ils ne connaissent pas la vérité. Tu peux jeter autant de boue que tu veux, mais ça ne prend pas. Si c’est de cela que vous voulez m’accuser, alors c’est très bien. »

« J’étais la fille de mon père et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai fait ce travail, parce que nous sommes une équipe familiale et les gens de Williams voulaient que la prochaine génération des Williams vienne et dirige l’équipe et que la famille soit toujours impliquée. C’était là tout l’intérêt. Donc, quiconque critique le fait que j’ai pris la relève de mon père passe complètement à côté de l’importance de la famille et des générations suivantes. »

Du reste, Claire Williams assure que son père privilégiait tout de même le talent sur la famille.

« Papa a été assez clair : il ne faisait pas de népotisme, il ne voulait pas que ses enfants travaillent chez Williams. Mon frère aîné y avait déjà un emploi et il n’était pas très enthousiaste à l’idée que sa fille y travaille aussi. »

« Mais heureusement, après environ trois mois de lobbying par le responsable du marketing de l’époque, papa a accepté à contrecœur de me donner une chance. Et puis, évidemment, le reste appartient à l’histoire. J’y suis resté pendant une vingtaine d’années encore. »

« J’ai toujours fait ce qu’on me demandait de faire et j’aurais été heureux de travailler pendant 20 ans comme attaché de presse chez Williams. C’était un endroit formidable pour travailler. C’était un tel privilège. J’en ai apprécié chaque minute. »

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