Formule 1

Ecclestone : Le coronavirus pose la ‘plus grave menace’ de toute l’histoire de la F1

Il ébauche un scénario de sortie de crise

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Par A. Combralier

29 mars 2020 - 14:19
Ecclestone : Le coronavirus pose la (...)

Comme l’a récemment rappelé Claire Williams, la crise du coronavirus place la F1 face à une impasse financière inédite, qui menace désormais la survie de plusieurs équipes, en particulier en milieu de grille.

La F1 a certestraversé d’autres crises majeures par le passé, comme en 2008-2009 lors du krach boursier mondial. Pour autant, cette crise du Covid-19 n’est-elle pas la plus grave menace ayant jamais pesé sur la F1 ?

A cette question, Bernie Ecclestone répond sans détours : « Oui. »

L’ancien grand argentier de la F1 est l’un des mieux placés pour traiter ce sujet d’un point de vue financier, et le ton employé illustre bien la gravité de la situation.

« Regardons le bon côté des choses. Il faut six mois pour mettre de l’ordre dans cette pandémie pour qu’il n’y ait plus de problème » a-t-il commencé par rappeler au Daily Mail.

« [Mais même après cela], il n’est toujours pas facile pour la Formule 1 de courir. Ce n’est pas comme semer une graine. Il y a énormément de choses à faire. Vous devez amener les promoteurs à prendre un risque en organisant des événements sans savoir s’ils vont inclure du public ou non. »

« Vous ne pouvez pas organiser une course s’il fait -10C. Et les gens planifient généralement ce qu’ils vont faire ; ils ne se réveillent pas un jour en disant "allons à Silverstone ou ailleurs". »

« Et même si tout cela est réglé, il faut alors des participants. Et la question suivante est : sont-ils vivants et assez en forme pour performer ? Même une petite équipe comme Williams, ils ont du personnel à payer et des factures à régler, et ce n’est pas facile pour eux s’ils ne tirent pas leurs revenus de la course. »

Le sujet prioritaire pour la FOM est maintenant d’assurer la survie de ces petites structures. Bernie Ecclestone avait certes, par le passé, l’habitude de renflouer les équipes ; mais les sommes en jeu étaient alors bien moins colossales…

« Auparavant, quand les gens n’avaient pas un personnel aussi nombreux et qu’ils rencontraient des problèmes, je les renflouais toujours, leur donnais un peu de temps pour me rendre l’argent - ou parfois nous oubliions de collecter l’argent... Maintenant, les sommes sont à une autre échelle. »

« C’est un monde différent aussi. A l’époque, les choses se faisaient sur une base très personnelle. Les gens appelaient et disaient : "Bernie, tu peux m’aider ? " Comme ce cher Frank [Williams]. Personne ne disait alors : "Vous avez aidé Frank, et moi alors". Vous faisiez ce que vous pensiez être juste. »

Enfin, pour Bernie Ecclestone, cette crise pourrait conduire Liberty Media devant une alternative simple : soit arrêter les frais et revendre la F1… soit y investir beaucoup plus pour sauver les meubles.

« Liberty est une entreprise très prospère et M. [John] Malone [le propriétaire de Liberty Media] est un très, très bon opérateur commercial et il va chercher à savoir s’il a besoin de la F1. »

« Je dirais [à sa place] : nous pensons que la F1 est une bonne affaire et nous y mettons beaucoup d’argent – pour expliquer que nous allons y investir. J’achèterais tous les promoteurs, qui font un super boulot, je prendrais le risque auprès d’eux. Je serais alors responsable de l’organisation des courses. Ce serait la première chose à faire.

« Ensuite, j’essaierais de préserver les équipes. Je leur parlerais de façon très aimable : je leur demanderais de changer leur façon de fonctionner. En leur disant qu’elles dépensent trop d’argent – qu’elles gaspillent trop d’argent. Ces foutus grands motorhomes, par exemple. C’est là que les égos se mettent parfois en travers de la route. »

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