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Directeur d’équipe en F1, les coulisses d’un métier hors-normes racontées par Steiner

Décide-t-il par exemple de la stratégie du GP ?

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Par Alexandre C.

22 octobre 2021 - 08:44
Directeur d’équipe en F1, les coulisses

Le métier de directeur d’écurie a beaucoup évolué au fil des années : de plus en plus, le « team principal » s’éloigne de la piste en elle-même, ou en tout cas doit se transformer en super-manager. Gérer les sponsors, les finances, les pilotes, la prochaine course comme la prochaine ère du règlement : à l’image du métier de directeur technique en F1, le métier de directeur d’écurie s’est enrichi et complexifié.

Günther Steiner est l’un des directeurs les plus connus du paddock, notamment à travers la série Netflix. En marge du Grand Prix à venir à Austin, il a raconté les coulisses du métier, le quotidien du directeur d’écurie. A quoi cela ressemble-t-il ?

« Il n’y a pas beaucoup de jours calmes. Vous commencez par la course le samedi et le dimanche, puis le lundi vous rentrez et vous devez vous occuper des choses plus banales comme la gestion du personnel, des ressources humaines, des affaires avec nos partenaires et nos sponsors. Il y a tellement de choses à gérer. »

« Il y a toujours une surprise chaque jour. »

« Vous vous occupez de l’ensemble de l’entreprise. Je dirais que la seule différence avec une entreprise standard est que vous devez faire beaucoup de choses que vous n’avez pas à faire normalement dans une entreprise standard. Vous devez vous occuper des aspects techniques, des personnes, des pilotes - qui sont des personnes très complexes - et de la politique du sport. Il y a beaucoup de choses à gérer. »

Le directeur d’écurie peut-il imposer une stratégie en Grand Prix ?

A quel point un directeur d’écurie peut-il influencer par exemple la stratégie d’équipe, ou le choix de pneus ? Günther Steiner est-il un directeur technique qui se mêle de ce qui ne le regarde peut-être pas ?

« Je comprends assez bien la course et j’aime la faire, mais je sais que quelqu’un doit prendre les décisions et que ce ne doit pas être moi. Je ne fais pas le choix de la stratégie ici. J’essaie juste de soutenir du mieux que je peux et si on a besoin de moi, je suis là pour aider. Parfois, on a besoin de moi parce qu’ils me font plutôt confiance. »

« Je suis juste là pour les soutenir. C’est mon rôle, mais je suis assez impliqué mentalement. Je ne me contente pas de regarder la course en tant que spectateur. »

Gérer un top-team est bien sûr différent de gérer l’équipe ayant la plus faible dotation budgétaire du plateau, poursuit Günther Steiner.

« D’un côté, c’est parfois agréable d’entrer dans une équipe performante et de n’avoir qu’à la diriger. C’est assez facile et quand tout va bien, il est facile de tout diriger. Mais quand vous commencez quelque chose de nouveau, vous devez le faire à votre façon et vous assurer que vous le faites réussir pour l’avenir, pas seulement pour le court terme. J’aime bien commencer quelque chose à partir de rien, pour que vous puissiez faire passer vos idées. »

« Gene Haas m’a laissé faire pas mal de choses parce qu’il m’a dit "vous avez déjà fait ça, vous avez déjà monté des équipes de course, vous avez fait ça depuis longtemps". J’ai juste essayé de faire ce qui était le mieux, j’ai toujours échangé des notes avec lui sur ce que j’essayais de faire évidemment, mais il m’a toujours soutenu, ce qui était fantastique pour moi. »

Sur un plan plus personnel, ce métier de directeur d’écurie convient-il bien à Günther Steiner ? Malgré toutes les difficultés de cette année 2021 chez Haas avec le stress induit ?

« Je ne sais pas si j’ai toujours voulu être directeur d’équipe, je ne sais pas si je veux l’être maintenant ! Ce n’est pas quelque chose que je me suis donné comme objectif il y a 20 ans en disant "Je veux être directeur d’équipe de F1" - non. »

« Cela fait 35 ans que je travaille dans le sport automobile, c’est une longue période. C’est un processus graduel, donc à un moment donné, c’est devenu le seul endroit où aller. Il n’y a que 10 postes tels que celui-ci dans ce sport, donc il n’y a que peu d’endroits où vous pouvez aller. Ce n’est pas comme le football où il y a beaucoup d’endroits où aller. »

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