Formule 1

Deux pas en arrière, trois pas en avant : Russell explique la stratégie de Williams

Il n’a pas le sentiment de vivre une situation injuste

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Par A. Combralier

12 juillet 2019 - 09:44
Deux pas en arrière, trois pas en (...)

Même si les performances de la FW42 desservent quelque peu son exposition médiatique, il faut rendre pleinement justice à George Russell, qui réalise un début de saison extrêmement convaincant. Le rookie anglais bat quasiment à chaque fois Robert Kubica, en course ou en qualifications, avec de larges écarts ; et au Red Bull Ring, il a même terminé devant la Haas de Kevin Magnussen.

A Silverstone, Williams recevra quelques évolutions importantes pour le futur. Grâce à ces nouvelles pièces, George Russell espère-t-il pouvoir battre de nouveau une écurie de milieu de grille ?

« C’est un processus, nous y allons étape par étape pour le moment. L’équipe a connu deux années très difficiles, enfin, une dernière année très difficile. Ils ont voulu grandement changer la structure, et cela nous a fait faire presque deux pas en arrière – avant d’en faire trois en avant. Les fondations sont vraiment en place aujourd’hui, pour apporter plus de performance à la voiture au fur et à mesure de la saison. J’ai confiance, nous pourrons y arriver. Mais le fait est que ce sera un autre week-end difficile pour nous. Il nous faudra juste faire le maximum. Mais oui, c’était sympathique de courir contre une autre voiture que celle de Robert au Red Bull Ring. »

George Russell a couru l’an dernier à Silverstone, en F2, sur un asphalte qui appartient désormais au passé : la piste a été resurfacée. Cela changera-t-il vraiment quelque chose à son pilotage ?

« Je ne le saurai qu’après avoir piloté. Bien sûr j’ai couru en F2 l’an dernier ici, je ne pensais pas que l’asphalte était un gros problème. Cela ajoute un peu de caractère à la piste, quand elle est bosselée je veux dire. C’est la même chose pour tout le monde. Il faut s’adapter à la situation. Parfois, quand le tarmac est trop parfait, alors, il est presque plus facile de piloter. Mais bien sûr, ils ont dû resurfacer la piste plus pour le Moto GP que pour la F1. »

De toute évidence, George Russell luttera donc en fond de grille pendant le reste de l’année ; or dans le même temps, Lando Norris – que George Russell avait battu en F2 l’an dernier – joue les gros points avec McLaren. N’est-ce pas injuste ? Le pilote Williams, protégé de la filière Mercedes, ne sent-il pas qu’il manque de grosses opportunités ?

« Merci pour cette question ! Non, pas du tout. Je sais que très peu de personnes vont faire une différence dans ma carrière, et ce sont Claire, les dirigeants de Williams, et Toto Wolff et les dirigeants de Mercedes. Ces gars savent tout à fait si je réussis ou pas mon week-end. Et même moi, sur certaines courses, je savais que j’avais bien performé, j’en étais satisfait ; sur d’autres courses, je sais que j’aurais pu faire un meilleur travail, même si ma position, à l’arrivée, était exactement la même. »

« Mais oui, je suis toujours heureux pour Lando et Alexander [Albon]. La jeune génération rivalise avec les gars plus expérimentés, elle montre ce dont nous sommes capables. Je suis heureux pour eux et s’ils font du bon boulot, ça me profite aussi. »

En 1979, sur ce même circuit de Silverstone, Williams remportait sa première victoire grâce à Clay Regazzoni… Le parallèle risque d’être terrible pour l’équipe de Grove.

« J’ai vraiment conscience de cet héritage historique » poursuit le jeune pilote de 21 ans. « J’ai visité le musée Williams de nombreuses fois, et cela m’impressionne à chaque fois. La dernière fois, je suis monté dans une vieille voiture, et c’est vraiment incroyable de penser que ces gars pilotaient de tels engins par le passé ! Je pouvais à peine glisser mes pieds dans cette chose et vous n’aviez que de la fibre de verre pour vous protéger. Mais oui, j’ai bien conscience de ce que l’équipe a réussi par le passé, c’est un honneur de courir pour Williams. Notre projet est un projet de long terme pour l’équipe. Nous aurions pu réussir certaines bonnes choses pour le court terme, de manière à être meilleurs aujourd’hui, mais l’équipe a de plus grands projets à l’esprit, des projets plus importants. »

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