Formule 1

Comme un chef de cuisine : le directeur technique d’Alfa dévoile les coulisses de son quotidien

Un quotidien qui l’éloigne trop souvent des circuits ?

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Par A. Combralier

28 janvier 2020 - 18:01
Comme un chef de cuisine : le (...)

Successeur de Simone Resta (rappelé par Ferrari) au poste de directeur technique chez Alfa Romeo, Jan Monchaux connaît en ce moment des semaines agitées. La préparation de la saison 2020 a été perturbée par l’échec d’Alfa Romeo à son premier crash-test. Cet échec a été surmonté depuis, mais il a sûrement dû semer un peu d’inquiétude à Hinwil.

Jan Monchaux a une longue expérience de la F1, pour voir travaillé chez Toyota et Ferrari. Chez Alfa Romeo, il met aujourd’hui à profit cette expérience, en s’attachant en particulier à travailler sur le côté humain de son métier.

« C’est une question de confiance : vous devez faire confiance aux gens qui vous entourent et leur apporter le soutien dont ils ont besoin. »

« Il faut s’assurer d’abord que tout fonctionne en même temps. Ensuite, chaque semaine, peut-être chaque jour, vous voulez que tout tourne un peu plus vite. »

Après la confiance, vient la question de la performance qui tient aussi à cœur à Monchaux… Mais le directeur technique explique que, contrairement au passé, son rôle n’est plus d’aller débusquer la dernière trouvaille aérodynamique qui vaudra un ou deux dixièmes ; mais plutôt d’encadrer ses équipes techniques.

« Il y a vingt ans, le directeur technique aurait eu peut-être 40 personnes travaillant pour lui. Aujourd’hui, c’est dix fois plus, et chaque personne est de plus en plus spécialisée. Même en tant que directeur de l’aéro, il serait faux de dire que je suis un expert absolu dans tous les domaines de notre programme aérodynamique. »

« C’est comme le chef cuisinier qui décide d’ouvrir un restaurant. Il va avoir du mal à cuisiner lui-même : il doit s’appuyer sur des cuisiniers qui comprennent sa philosophie, sa cuisine. C’est comme ça que je vois les choses ici. Je vais donner des indications et une philosophie. Je ne vais pas dire aux gens comment résoudre les problèmes. Beaucoup d’entre eux sont plus intelligents que moi, alors pourquoi devrais-je m’impliquer dans ce niveau de microgestion ? Encore une fois, c’est une question de confiance envers les gens qui vous entourent et il faut leur apporter le soutien nécessaire. »

Cette suractivité en coulisses, ou plutôt en cuisine, explique aussi pourquoi Jan Monchaux, bien qu’il aimerait le faire, ne se rend que très peu souvent sur les Grands Prix…

« En ce moment, notre équipe a besoin de plus d’efforts et de travail en coulisse, s’agissant de tous ses processus, pour améliorer l’efficacité de notre manière d’aborder nos problèmes et pour examiner la rapidité et de leur résolution. Me rendre sur les Grands Prix, cela signifie perdre beaucoup de temps à l’usine - et pourtant je ne veux vraiment pas perdre le contact avec la piste. »

« Pour revenir à l’analogie de la cuisine, l’activité au bord de la piste est le moment où la nourriture quitte la cuisine pour être servie aux convives. Le chef devrait peut-être rester dans la cuisine la plupart du temps - mais il faut parfois s’aventurer à l’extérieur pour voir comment le restaurant fonctionne. »

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