Formule 1

Championnat parallèle, retour des ravitaillements : les idées-choc d’Ecclestone

Un pavé dans la mare… à destination de Liberty Media

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Par A. Combralier

27 juin 2019 - 18:14
Championnat parallèle, retour des (...)

Bernie Ecclestone n’a jamais été très tendre avec Liberty Media, depuis que les Américains ont racheté le sport à CVC. En cette saison 2019 où le spectacle subit la franche domination de Mercedes en tête de course, l’ancien Grand Argentier ne s’est donc pas privé pour mettre son grain de sel dans le débat.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bernie Ecclestone a des idées « disruptives » pour relancer l’intérêt autour du sport : créer un deuxième championnat, réservé aux écuries de milieu de grille, avec des voitures standardisées !

« Je dirais qu’il faudrait aller vers deux championnats. Les deux seraient des championnats du monde : l’un serait le championnat du monde des constructeurs, l’autre le championnat du monde des équipes. »

« Le championnat des constructeurs serait pour les équipes qui construisent leur propre moteur et leur propre châssis, comme Ferrari et Mercedes. Si vous êtes Renault, vous rechercheriez à être un constructeur et à dépenser 325 millions d’euros. »

Quant au championnat B, Bernie Ecclestone imagine donc des voitures standardisées, construites par Honda, Renault, ou tout autre manufacturier.

« Je construirais une F2 très sophistiquée. Je ferais de bons profits en construisant une seule voiture, pour la vendre à tout le monde. Les moteurs seraient similaires à ceux d’aujourd’hui, mais un moteur devrait durer toute une saison. »

« Donc si vous voulez lancer une équipe, voici votre chance. Je vous donnerais une voiture complète, et un moteur de secours, ainsi que 30 millions par saison. De cette manière, nous pourrons oublier toute cette histoire de budgets plafonnés, qui n’a aucun sens. »

« L’idée, c’est d’équilibrer les deux types de voitures ; et les équipes qui dépenseraient 65 millions d’euros, auraient une chance, en certaines occasions, de signer un podium. »

« Le gars dans les tribunes ne dira pas ‘ce n’est pas juste, parce qu’une équipe dépense 325 millions, et l’autre 65’. Tout ce qu’il veut, c’est du bon spectacle, et nous l’obtiendrions. »

Mais dans ce cas, comment rendre attractive la compétition pour des écuries comme Racing Point, McLaren ou Williams ? Comment davantage équilibrer la performance ? Bernie Ecclestone tient sa réponse : réintroduire les ravitaillements en essence.

« Les gens diraient : ‘attendez une minute ! Même avec un bon pilote, il n’y aucun moyen pour que ces équipes battent les constructeurs ! » reconnait Bernie Ecclestone.

« Donc si vous voulez que ce soit le cas, alors, vous autoriserez les ravitaillements. Vous n’aurez aussi qu’un type de pneus. Mais si vous voulez vous arrêter pour ravitailler, vous pourriez aussi changer de pneus. »

« Avec des stratégies variées de ravitaillement et de changements de pneus, vous trouveriez, disons, une seconde au tour. Mais seulement si vous le voudriez. »

Les idées de Bernie Ecclestone sont pour le moins radicales, et contrastent avec la voie adoptée par Liberty Media (redistribution des revenus, budgets plafonnés).

Quant à la méthode de travail, le Grand Argentier diffère également radicalement de Liberty Media : alors que les Américains cherchent le consensus des écuries, Bernie Ecclestone n’hésiterait pas à se montrer plus dirigiste.

« Je ne parlerais pas aux écuries. C’est comme avoir un comité. Vous n’en avez aucun besoin quand vous devez prendre ce genre de décisions. »

« Les règles concernant la conception des voitures de constructeurs demeuraient comme elles sont aujourd’hui. De cette manière, les écuries ne pourraient se plaindre. »

Et si, par exemple, Ferrari était malgré tout contre ce règlement, et menaçait de quitter la F1 ?

« Si Ferrari veut s’en aller, ils le peuvent. Ou ils peuvent rejoindre le championnat des écuries. C’est leur choix. »

« On ne parle que de Ferrari et Mercedes pour courir à l’avant, mais d’autres équipes auront une chance de courir à leur niveau avec le cinquième de leur budget. »

« La F1 doit, de nouveau, attirer l’attention du public. Quand vous invitez des amis pour voir une course, il faut que personne ne tombe d’accord sur l’identité du vainqueur de ce Grand Prix. »

FOM (Liberty Media)

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