Formule 1

Campos et la F1, un rendez-vous trois fois manqué...

2019, 2010 et 1993 !

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Par Alexandre C.

30 janvier 2021 - 17:13
Campos et la F1, un rendez-vous (...)

Adrian Campos, décédé en ce mois de janvier, sera parti sans avoir pu totalement concrétiser son projet d’emmener son équipe de la F2 à la F1. Pourtant, à plusieurs reprises, Campos n’était pas loin du compte…

2019 : la dernière tentative...

La dernière opportunité remonte à 2019. En réalité, Campos avait tenté de faire alliance avec un fonds monégasque, Monaco Increase Management, pour entrer en F1, sous le nom de « Panthera Team Asia ».

En octobre 2019, les tenants du projet Panthera étaient même très optimistes, au point d’organiser de conférence de presse à Monaco. Et Salvatore Gandolfo, le PDG de Campos, dressait la liste des atouts de ce projet : le soutien de la fédération espagnole, les budgets plafonnés qui arrivent, les installations actuelles de Campos… Un directeur technique, Peter McCool (ancien de Super Aguri) et un directeur sportif Ben Wood (ex- Prost F1 et Mercedes) avaient même été engagés. Monaco Increase Management étant aussi sous contrat avec Pascal Wehrlein, l’équipe avait déjà un pilote numéro 1 tout trouvé.

« Rejoindre la F1 en 2021 serait un projet de long-terme » déclarait alors Salvatore Gandolfo.

« Nous savons qu’un gros défi nous attend, mais nous avons une équipe d’experts travaillant jour et nuit, et une solidité financière – demandée par la FIA- pour faire ce de projet un succès. »

« Avec les budgets plafonnés, la nouvelle redistribution des revenus et le nouveau règlement sportif et technique, il existe une opportunité formidable pour les plus petites équipes d’être compétitives en F1, afin de rendre le championnat de nouveau plus intéressant et équilibré. »

La crise du coronavirus aura cependant fini d’enterrer ce projet qui ne semblait pas si viable financièrement. Plus aucune nouvelle n’est venue de Panthera Team Asia…

2010 : La promesse non-tenue des budgets plafonnés

En 2010, Campos était aussi passé près du but.

La F1 accueillait alors des nouvelles équipes avec la promesse, qui ne serait jamais respectée, de plafonner les coûts. Lotus se joignit à la fête, en compagnie de Virgin Racing.

Campos présenta aussi un projet. Sur le papier, il s’appuyait sur l’expertise de Dallara pour développer le châssis – comme Haas quelques années plus tard. L’intérêt croissant de la F1 en Espagne (grâce à Fernando Alonso) laissait augurer un bel élan populaire. Là encore, un directeur sportif et un directeur d’écurie avaient été désignés à l’avance… à l’été 2009. Et Campos avait déjà racheté les infrastructures de l’équipe Super Aguri, disparue fin 2008.

Mais vient alors la nouvelle terrible pour ce genre de petites structures : aucun accord ne serait trouvé pour les budgets plafonnés. Le sponsor de Campos, une entreprise espagnole de droits nommée Meta Image, retira alors une grande partie de son soutien. Et Campos cessa dans la foulée de payer Dallara à temps pour développer le châssis. Un autre soutien financier de Campos, Jose Ramon Carabante, commença aussi à voir rouge et stoppa son soutien – il pointait du doigt l’énormité des frais payés à Dalara.

Finalement, Campos, mis sous pression, céda ses parts du projet F1 à Carabante.

Le projet survivrait cependant sous le nom mieux connu de Hispania Racing Team, avec le soutien de Bernie Ecclestone et de Colin Kolles, qui devint le directeur d’écurie. Ainsi le projet HRT en F1 reprit les installations prévues par Campos à l’origine – mais disparut au bout de trois saisons seulement, sans marquer un point, avec une 13e place pour meilleur résultat.

1993 : L’argent encore et toujours...

Déjà en 1993, Campos avait tenté une première escapade en F1, avec le projet Bravo.

Jean-Pierre Mosnier, ancien directeur d’écurie chez Lola en F3000, était de la partie.

Cependant là encore, un manque d’argent cruel vint enterrer ces projets.

En somme jamais Campos n’aura pu concrétiser son rêve : voir une équipe de F1 porter son nom, ou être portée par lui. Il n’en demeure pas moins que ses équipes junior auront connu leur lot de succès – peut-être aussi plus réalistes et adaptés aux moyens du bord. Et puis, un pilote lié de très près à Campos disputera cette saison de F1 : Fernando Alonso, dont Adrian Campos fut le découvreur et le manager.

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