Formule 1

C’est Wolff qui a décidé l’arrêt simultané des Mercedes en Chine

Une décision osée qui a demandé réflexion

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Par Emmanuel Touzot

18 avril 2019 - 11:11
C'est Wolff qui a décidé l'arrêt (...)

Mercedes a hésité avant d’appliquer une stratégie à deux arrêts à ses pilotes en Chine, mais surtout avant de les faire rentrer simultanément aux stands. L’équation était simple. Il ne fallait pas mettre Valtteri Bottas en position de se battre avec Lewis Hamilton, mais ne pas le mettre à la merci de Sebastian Vettel, troisième.

"Au 35e tour, Vettel est rentré et ça a créé un dilemme pour nous, car nous avions une avance correcte" explique Shovlin.

"Mais si nous arrêtions Lewis en premier et Valtteri en deuxième, on aurait eu le risque que Vettel fasse l’undercut sur Valtteri et prenne sa place. Et si nous arrêtions Valtteri d’abord pour le protéger contre Vettel et Lewis ensuite, il y avait une chance que Valtteri fasse l’undercut sur Lewis."

Il a donc fallu gérer cela en interne : "C’était délicat et c’est Toto qui a proposé un arrêt enchaîné. Cela a été une discussion entre James Vowles et Ron Meadows, le temps de vérifier si l’écart entre les voitures était suffisant et si l’équipe était prête à faire ça, en ayant les pneus prêts."

"James est celui à qui revient la décision finale et il a décidé de faire cela. Ce que ça nous a permis, c’est de conserver nos voitures dans le même ordre qu’avant l’arrêt, et de nous protéger de places perdues face à Ferrari. C’était la solution parfaite et c’était une belle exécution des arrêts par les gars."

Il explique que ce genre de situation est très rare et qu’elle ne fait pas partie de celles pour lesquelles les mécaniciens s’entraînent. Ce n’est pas par choix ou par facilité, mais bien au contraire parce que c’est techniquement impossible de répéter un tel enchaînement.

"S’entraîner à un double arrêt au stand est l’une des choses les plus difficiles parce que vous n’avez pas deux voitures pour vous entraîner. Nous avons une voiture d’arrêt au stand ici à l’usine et nous pouvons nous entraîner à sortir les deux jeux de pneus et à faire deux arrêts consécutifs, mais on ne peut jamais vraiment obtenir la même situation."

"C’est assez difficile pour le jackman arrière, parce qu’il doit s’écarter quand la première voiture part et se mettre en position quand la seconde arrive. La chorégraphie est assez délicate, il y a un peu plus à prévoir et avoir autant de pneus dans la voie des stands est un peu risqué, il faut s’assurer que les bons pneus vont sur la bonne voiture, mais c’est quelque chose pour lequel nous nous préparons autant que possible."

Il admet que l’équipe n’était pas sereine à prendre un tel risque, qui peut littéralement ruiner la course de l’équipe : "Vous essayez de ne pas le faire trop souvent parce que si vous avez un problème avec la première voiture, cela a aussi un impact sur la deuxième et vous pouvez passer des deux premières places aux troisième et quatrième en un rien de temps".

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