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Briatore : Si Schumacher était resté chez Benetton, nous aurions gagné deux championnats de plus

Mais Schumi a choisi Ferrari…

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Par A. Combralier

1er mai 2020 - 16:49
Briatore : Si Schumacher était resté (...)

En 1992, Flavio Briatore avait eu le nez très fin en récupérant, de chez Jordan, un certain Michael Schumacher, qui n’avait alors couru que pour une pige d’un Grand Prix dans l’équipe anglaise. La suite de la relation entre l’Italien et l’Allemand est connue, et mena à deux titres de champion, en 1994 et 1995.

Pour le podcast "Beyond the Grid", Flavio Briatore est revenu sur les coulisses de cette histoire commune avec le Kaiser, qui commença donc fin 1991. Comment Briatore avait-il pu d’abord débaucher Schumi de Jordan ?

« Il n’y avait jamais eu de contrat avec Jordan, ou seulement pour une course. Sur le moment, nous recherchions un jeune pilote car nous n’avions pas l’argent pour payer Senna ou Prost. L’idée, c’était de trouver un jeune Senna, Prost, Berger, pour qu’il grandisse avec l’équipe. »

« Senna était venu me voir dans ma résidence, en 1993, lorsqu’il était en conflit avec Ron Dennis, nous avons partagé un salami et un verre de vin et il m’a dit, Flavio, je prends un million par course. Je lui ai dit : et si je te donnais 8 millions sur la saison ? Senna m’a répondu : Je veux plus. »

Selon Ricardo Patrese et d’autres observateurs, Michael Schumacher devint alors le pilote numéro 1 chez Benetton, au point d’être potentiellement favorisé de manière outrancière…

« Quand j’ai compris que le champion du monde, ce n’était qu’un seul pilote, pour moi, c’est devenu simple » explique Briatore. « A l’époque, j’étais toujours contre les combats entre deux top-pilotes, Prost contre Senna. Pour moi, la voiture est à l’équipe, elle n’est pas au pilote ; et après, du coup, le pilote numéro 1 est le plus rapide. Dans un business, si vous avez six directeurs commerciaux, le numéro 1, c’est celui qui vend le plus. C’est naturel. »

En 1993, Patrese, alors coéquipier de Michael Schumacher chez Benetton, s’était plaint auprès de Briatore, en assurant que Michael Schumacher disposait d’un meilleur matériel et de meilleurs ingénieurs. La réaction du patron fut franche…

« Michael était juste plus rapide [sans lui donner un matériel plus favorable]. Nous avons un jour échangé les voitures entre les pilotes, les ingénieurs aussi. Pour résoudre le problème pour toujours. Et Michael était beaucoup beaucoup plus rapide que Ricardo, de plus d’une seconde. »

« Martin [Brundle] était le seul gars [chez Benetton] à être le plus proche de Michael. Parce qu’il avait le meilleur état d’esprit, il savait que Michael était terriblement rapide. »

Même si Senna était devenu, début 1994, très suspicieux au sujet de la Benetton, assurant qu’il y avait quelque chose de « différent » avec la voiture bleue et verte, Briatore assure que Schumacher et le Brésilien étaient très proches.

« Michael, après l’accident de Senna à Imola, a voulu arrêter la course. Michael était devenu très proche d’Ayrton. Je leur ai fait faire la paix. »

Fin 1995, malgré tant de succès, Michael Schumacher avait pourtant décidé de partir chez Ferrari. Briatore a-t-il compris ce transfert ?

« Michael a gagné deux championnats très rapidement. Il avait senti que c’était presque trop facile. Et puis tout pilote veut courir pour Ferrari. Il voulait un nouveau défi, chez Ferrari. »

« Et il y avait l’argent aussi. Le salaire offert par Ferrari, c’était impossible pour moi de lui offrir autant. Mais nous avons gardé une bonne relation. »

« Oui, Ferrari a récupéré quelques personnes de chez Benetton, c’est normal, Ross Brawn, Rory Byrne. Mais cela leur a pris cinq ans pour gagner un championnat. »

« Si Michael était resté chez Benetton, nous aurions gagné un ou deux championnats de plus. »

Pour remplacer Michael Schumacher, ce fut Jean Alesi qui fut choisi chez Benetton. Un choix que Flavio Briatore regrette !

« J’avais choisi Alesi, parce que les gens chez Ferrari pensaient qu’il était très rapide, et l’environnement Benetton, avec moins de pression, aurait pu lui convenir. Mais j’ai commis une erreur. Jean est un super pilote, un super gars, mais il n’a pas performé comme je l’aurais voulu. Alors que la voiture était très bonne [en 1996-1997]. »

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