Binotto et Elkann voient ‘d’énormes progrès’ chez Ferrari… même aux stands

Opération mise en confiance avant le GP

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Par Alexandre C.

10 septembre 2022 - 13:08
Binotto et Elkann voient ‘d'énormes

Ferrari a bien commencé le vendredi à Monza, affichant un rythme plutôt supérieur aux attentes sur le papier. Rien n’est bien sûr encore acquis pour le reste du week-end, car on sait aussi qu’à Zandvoort, Max Verstappen était en relative petite forme le vendredi, avant de dominer en qualifications puis en course…

Faisant le point sur la situation avant les EL3, Mattia Binotto, le patron de la Scuderia, a confirmé l’optimisme ambiant.

« Nous ne sommes pas dans notre meilleure forme, mais si l’on regarde les deux sessions d’essais libres, le ressenti est meilleur. Max Verstappen n’a peut-être pas poussé aussi fort qu’il le pouvait, et Mercedes, comme d’habitude, rattrapera son retard au cours du week-end. »

« Sans pénalités de grille dimanche [à l’inverse de Carlos Sainz, Max Verstappen et Sergio Pérez], Leclerc a une bonne opportunité. Ici à Monza, ce n’est pas toujours évident de dépasser, donc je pense que pour lui, c’est une belle opportunité. Je pense que nous serons plus compétitifs qu’à Spa. Sainz est équipé de la même spécification moteur que Leclerc à Spa-Francorchamps. Il n’y a pas d’autres changements. »

« Les problèmes de dégradation des pneus ? Ils dépendaient de la dégradation de l’équilibre et de la surchauffe. Hier, nous avons effectué quelques tests aérodynamiques, mais nous sommes encore en phase d’analyse des données. »

« Si nous regardons les dernières courses où la dégradation des pneus n’a pas été la meilleure, nous avons certainement des problèmes avec l’équilibre de la voiture. Et avoir un équilibre précaire dans les virages à moyenne-haute vitesse à basse vitesse génère une surchauffe dans les pneus eux-mêmes, ce qui conduit à la dégradation. Nous savons que l’équilibre de la voiture n’était pas bon. Était-ce dû aux développements aérodynamiques qui nous ont amenés là ? C’était un point d’interrogation pour nous. »

« C’est la raison pour laquelle nous avons fait le test hier même si Monza n’est pas le meilleur circuit pour faire le test. Nous l’avons fait pour collecter des données à analyser une fois de retour à l’usine et essayer d’avoir une bonne explication de ce qui s’est passé, ce que nous n’avons pas comme réponse complète et définitive. »

Ce Grand Prix en Lombardie est d’autant plus important pour Mattia Binotto, qui sera surveillé de près par John Elkann, le PDG de Ferrari, et tout le public italien....

Le moment est alors bien choisi pour défendre son bilan à plus moyen terme.

« Ferrari a fait d’énormes progrès ces dernières années pour se battre pour le titre, mais nous devons encore améliorer la fiabilité et la stratégie de course. Nous travaillons tous dur pour combler ce retard, en apprenant de nos erreurs. Il est important de bien terminer la saison. »

La fiabilité pose tout de même problème, Mattia Binotto le reconnaît... ainsi que certains choix stratégiques.

« Mais il y a toujours des situations, je pense d’abord à la fiabilité. La fiabilité nous a coûté au moins deux victoires et pour gagner des championnats, il faut être fiable, sans aucun doute. »

« La gestion de la course aussi : La stratégie, les arrêts au stand, il y a des améliorations qui sont nécessaires. Je pense que pendant le week-end de course vous pouvez toujours faire des erreurs, je pense qu’être parfait est presque impossible, vous devez prendre des décisions en temps réel sur le mur des stands. »

Mattia Binotto est-il bien sûr d’avoir la totale confiance d’Elkann ?

« Nous savons que nous avons le soutien de notre président, nous n’avons pas besoin de le lire dans les journaux. Quand il exprime son soutien en public, c’est plus pour le public que pour l’équipe, qui sait combien il nous soutient. »

« Nous n’avons pas à rassurer les pilotes après les erreurs de l’équipe, car ils font partie de l’équipe. Ils font partie de la stratégie de course et il est important de les garder impliqués dans le développement, pour garder confiance dans ce que nous faisons. »

« En interne, nous sommes concentrés, nous allons bien et nous n’avons aucune inquiétude, mais je pense qu’une telle interview [d’Elkann] est certainement formidable parce qu’elle confirme ce que nous savons déjà. »

Elkann sort les chiffres pour défendre Ferrari

John Elkann justement, s’est aussi exprimé dans la Gazzetta dello Sport sur le bilan de Mattia Binotto avec des premiers propos plutôt rassurants (voir notre article).

Mais le bilan de Mattia Binotto n’a-t-il pas une faille en particulier : les arrêts aux stands ? L’arrêt-catastrophe de Carlos Sainz au dernier Grand Prix a encore fait sourire dans le paddock...

Elkann sort alors les chiffres pour montrer que tout ne va pas si mal à Maranello.

« Cette année, nous étions compétitifs, comme je l’avais prédit il y a deux ans. Et nous avons été capables de transformer cette compétitivité en victoires. Nous sommes finalement retournés quatre fois au sommet du podium. »

« En 2020, 48% de nos arrêts aux stands étaient d’une durée inférieure à 3 secondes, pour une moyenne de 2,75 secondes. Sur les 15 premiers Grands Prix de cette année, 70% sont inférieurs à 3 secondes et la moyenne est de 2,6 secondes. »

« C’est un chiffre tangible qui témoigne de la croissance de l’équipe. »

Un chiffre il est vrai d’autant plus appréciable avec l’arrivée des 18 pouces, plus lourds à manier cette année.

Ferrari semble pourtant avoir reculé en performance pure depuis quelques courses : ne serait-ce pas la faute à la directive technique sur le marsouinage pour Elkann ?

« Je ne crois pas qu’une équipe gagne ou perde à cause des arbitres ou des règles. Je pense que dans le sport, la personne la plus forte sur le terrain ou sur la piste gagne, et plus les adversaires sont forts, plus la satisfaction de bien faire et de gagner est grande. »

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