Formule 1

Alonso avait commencé à ‘détruire’ Piquet Jr, le Crashgate l’a achevé

Un environnement impossible chez Renault F1

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Par A. Combralier

13 mai 2020 - 13:45
Alonso avait commencé à ‘détruire’ (...)

Nelson Piquet Jr a été un acteur majeur et consentant du Crashgate de 2008 avec Renault F1, lorsque Flavio Briatore, le directeur d’écurie, lui avait intimé l’ordre de percuter volontairement le mur, afin de faire entrer en piste la voiture de sécurité, favorisant ainsi la stratégie de son coéquipier Fernando Alonso.

Piquet avait fini par témoigner du complot orchestré par Renault auprès de la FIA, en échange de la clémence des autorités. Cet incident avait ensuite conduit à son départ de l’écurie en 2009, en cours de saison.

Si le Brésilien s’est reconverti avec succès en Formule E, le Crashgate l’aura durablement marqué. Ses relations avec Briatore et Pat Symonds l’ont tout particulièrement touché – Piquet y fait d’ailleurs référence à demi-mots au moment, aujourd’hui, de revenir sur cette affaire.

« J’avais une personne contre moi, ou deux, qui étaient les deux personnes qui étaient impliquées dans ce bordel. Le reste des gens, évidemment... tout le monde était de mon côté pour me défendre, » confie-t-il dans le Podcast d’Inside Electric.

« C’est pourquoi ils ont été bannis et sanctionnés très lourdement, et c’est pourquoi rien ne m’est vraiment arrivé. Ils ont dû me payer une amende et ils ont perdu un sponsor. »

« Dans mon cas, j’étais vraiment frustré. De toute évidence, étant très jeune, cela m’a beaucoup consumé émotionnellement et je voulais juste sortir de là. »

Piquet Jr a été aussi éprouvé mentalement, sur un plan bien différent, par sa cohabitation avec un redoutable coéquipier, Fernando Alonso…

« Il était au sommet de sa carrière. Il venait de remporter deux championnats. Il mourait d’envie de remporter plus de championnats, plus de courses. Il avait le couteau entre les dents, comme on dit au Brésil. Il courait pour ça. »

« Mentalement, c’était vraiment dur pour moi parce que je n’ai jamais eu de coéquipier de toute ma carrière qui était constamment plus rapide que moi. Et tout d’un coup, j’ai eu un gars qui avait évidemment gagné deux championnats récemment. Et c’était vraiment dur. Fernando, à part Lewis [Hamilton], a détruit tous ses coéquipiers, en gros. »

S’il retrace sa carrière, le Brésilien perçoit le moment où elle a dérivé dans la mauvaise direction en F1 : en 2007, lorsqu’il a accepté un rôle de troisième pilote chez Renault au lieu de continuer une saison de plus en GP2 – il venait d’y être battu par Lewis Hamilton.

« Nous étions en pourparlers, devrais-je faire une troisième année de GP2 juste pour continuer à emmagasiner du kilométrage - et [parce que] c’est toujours mieux que de ne pas courir ? Et Renault a dit : Ne faisons pas ça, préparons nous mieux sur le plan de la F1, dans le cas où quelque chose arrive aux pilotes, et puis il y aura beaucoup d’essais. »

« C’était donc une mauvaise décision parce qu’au bout du compte, en 2007, mon rôle était de faire des essais, mais j’ai fini par faire quatre ou cinq jours d’essais. C’était beaucoup de roadshow et de choses comme ça, des opérations marketing qui ne m’ont pas du tout aidé à me préparer pour la saison suivante. »

« L’un de mes plus grands regrets a été de ne pas avoir couru cette année-là, parce que si j’avais couru une troisième année en GP2, je pense que je serais arrivé beaucoup mieux préparé, j’aurais eu une saison entière de courses, de départs, une saison entière de batailles, de dépassements, j’aurais pu gagner le championnat.

« Donc, pour être honnête, le plus grand regret de ma carrière a sans doute été de ne pas avoir couru en 2007. »

Sous-entendu : le plus grand regret de la carrière de Nelson Piquet Jr, ce n’est finalement pas d’avoir obéi à l’ordre de Flavio Briatore à Singapour…

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