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Affaire FIA / Ferrari : Todt souhaite la divulgation de l’accord, pas la Scuderia

Le président de la FIA s’exprime au sujet des doutes sur la Ferrari de 2019

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Par Olivier Ferret

9 avril 2020 - 08:16
Affaire FIA / Ferrari : Todt souhaite

Jean Todt, le président de la FIA, s’est expliqué un peu plus longuement dans les médias concernant l’affaire de l’accord secret signé entre Ferrari et sa Fédération.

Face au doute concernant la légalité, la FIA devait agir contre la Scuderia et une sanction, qui n’a pas été dévoilée, a bien été prise. Malheureusement, les termes de l’accord ne pourront pas être révélés sans que Ferrari le permette. Ce qui n’est pas du tout le cas pour l’instant.

"Jamais Ferrari n’a reconnu (devant la FIA) qu’elle faisait quelque chose d’illégal ou contre l’esprit du règlement," révèle le Français dans un entretien à L’Equipe.

"Nous avons été confrontés à un doute qui n’est pas reconnu par Ferrari. Ce doute n’existe plus désormais car ils sont dorénavant interdits de faire ce que nous supposons qu’ils aient pu réaliser. Par contre, nous n’avons pas les moyens de démontrer qu’ils aient fait ce que nous supposons."

La FIA aurait pu convoquer la Scuderia devant son tribunal mais "sans certitude sur la conclusion d’une action ni de sa longueur, ce n’était pas dans l’intérêt du sport que de rentrer dans ce genre de litige."

C’est donc ce qui justifie l’accord de confidentialité permis par l’article 4 du règlement judiciaire et disciplinaire de la FIA.

"C’est à la demande de la Scuderia, qui en a le droit, que nous sommes restés sur cette clause. Je souhaiterais, personnellement, que Ferrari accepte la divulgation de cet accord. Toutefois, nous avons pris des mesures contre Ferrari que je ne peux pas développer."

La FIA a cherché à avoir l’appui des équipes, qui avait les mêmes doutes qu’elle.

"C’est un doute qui a été partagé par d’autres équipes qui nous en ont parlé. C’est d’ailleurs une bonne chose. La FIA ne compte que quelques ingénieurs et techniciens qui doivent répondre aux sollicitations des écuries qui, elles, ont plusieurs centaines d’employés. L’une de mes premières actions a été de dire aux équipes : si vous avez un doute, portez réclamation !"

Il n’y a pas eu de réclamation et cela a d’ailleurs été un des points qui a motivé la réponse aux 7 équipes qui ont formé une fronde au début.

"Lorsque les équipes m’ont écrit pour se plaindre de cet accord, elles ont dit le contraire. C’est faux ! Cela m’a contrarié. Elles l’ont finalement reconnu. Je ne comprends pas comment des écuries sérieuses peuvent se permettre d’interpréter la réalité."

Lorsque le journal L’Equipe demande à Todt pourquoi avoir finalement rendu public l’existence de cet accord de confidentialité, le président de la FIA admet ne pas avoir eu le choix. Il aurait bien fallu donner une réponse à un moment ou à un autre.

"Certaines équipes savaient que nous travaillions sur le sujet. Pour la bonne transparence du sport, il me paraissait important de dire que quelque chose s’était passé et qu’un accord avait été trouvé."

Et Jean Todt de reconnaître "absolument" qu’il y aura toujours un doute sur la légalité du moteur utilisé l’an dernier par la Scuderia.

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