Formule 1

Abiteboul : McLaren n’était plus en phase avec notre stratégie

"Selon nous, cela aurait été plus vite en restant alliés"

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Par Olivier Ferret

29 septembre 2019 - 10:31
Abiteboul : McLaren n'était plus en (...)

Selon Cyril Abiteboul, il y avait une possibilité pour que le contrat avec McLaren soit prolongé après la saison 2020 avec Renault comme motoriste.

Mais la stratégie souhaitée par l’équipe de Woking est différente de celle du constructeur français.

"Il est devenu apparent que Renault et McLaren ont des ambitions différentes pour l’avenir. Actuellement, nous nous battons pour la 4e place l’un contre l’autre, nous voulons tous les deux combler l’écart avec les top teams. Selon nous, cela aurait été plus vite en restant alliés parce qu’ensemble on est plus forts. Mais McLaren n’avait pas vraiment envie de ça," explique le directeur de Renault F1.

"C’est une opportunité manquée de construire quelque chose avec un autre grand team en F1 (après Red Bull). Mais cet arrangement ne convenait plus à McLaren. Nous aurons moins de données, c’est le seul point négatif."

Abiteboul a senti le vent tourner depuis l’arrivée d’Andreas Seidl, moteur de changement chez McLaren.

"Il est apparu évident au cours des dernières semaines quand on a discuté de l’évolution de ce partenariat au delà de 2020 qu’on en attendait plus vraiment la même chose. De notre côté, on se projette plutôt avec une relation plus stratégique, avec des coopérations qui vont au delà de la partie moteur, qui ne soient pas fratricides comme on l’est aujourd’hui dans cette bataille pour la quatrième place." ajoute-t-il au micro de Canal +

"On cherche plutôt à se projeter, donc dans comment aller chercher les tops teams. On a senti McLaren plus sur la réserve, vraiment concentrée sur le fait d’être client d’un moteur, d’un moteur qui soit finalement le plus transparent possible pour eux, donc, on a senti effectivement que l’ambition n’était pas la même."

"On ne s’y retrouvait pas réellement, on a fait un bon bout de chemin ensemble, on a progressé, ils ont beaucoup progressé, ils le reconnaissent, mais maintenant, je pense qu’il était le moment de tirer une conclusion de ce décalage."

Perdre son seul client, n’est-ce pas un problème pour Renault ?

"Nous ne sommes pas comme Mercedes, nous avons beaucoup de fournisseurs pour nos pièces moteur alors qu’eux ont une usine à Brixworth qui fait presque tout en interne. Nous ne gagnons pas d’argent en vendant notre moteur au prix souhaité par la FIA."

Et le fait que Mercedes aura 4 équipes à partir de 2021 ?

"Personnellement je ne vois pas cela comme un avantage. On l’a fait dans le passé, et ça ne nous a pas réussi, au contraire, c’est plutôt des contraintes très fortes en matière de logistique. On se projette en 2021 en pensant qu’au contraire le moteur fera une différence parce que le règlement aérodynamique sera beaucoup simplifié. Il y aura aussi un certain nombre de pièces standards qui pourront faire leur apparition, donc ça risque de redevenir une Formule 1 définie par le moteur."

"Ça sera défini par son intégration, son installation dans le châssis et là-dessus on est très avancé. A la limite, on a un certain niveau de confiance et d’ambition, et à la limite pourquoi ne pas partager ? En 2005 et 2006, on était champion du monde et on ne motorisait personne. Effectivement, McLaren et Mercedes c’est une association forte, mais à ce moment là l’équipe Mercedes n’était pas présente, donc, on verra en 2021, je pense qu’il faut être modéré dans l’interprétation de ce développement."

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