Formule 1

Russell, Norris, Albon : Qui est le plus prometteur ?

Comparatif de leurs carrières junior pour tenter de le déterminer

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Par Valentin Vilnius

29 décembre 2018 - 14:41
Russell, Norris, Albon : Qui est le (...)

La Formule 2 confirme plus que jamais être l’antichambre par excellence de la F1. L’an prochain, les trois premiers du championnat F2 de cette saison (George Russell, Lando Norris et Alexander Albon) courront en F1, respectivement chez Williams, McLaren et Toro Rosso.

Mais de ces trois futurs rookies, lequel est le plus prometteur ? Pour le savoir, il peut être utile de comparer leurs carrières respectives en formules junior.

George Russell : Deux coups de maître en GP3 et F2

Commençons par le champion en titre de la F2, le Britannique George Russell, aujourd’hui âgé de 20 ans. En 2014, le futur pilote Williams est champion dès sa première saison dans le championnat de Formule 4 Britannique organisé par le BRDC. Il avait la chance, il faut le noter, de courir avec Lanan Racing, écurie alors championne en titre. Quoi qu’il en soit, George Russell marque d’entrée les esprits et devient le plus jeune vainqueur du McLaren Autosport BRDC Award.

Cette même année 2014, George Russell s’engage dans le championnat Formule Renault 2.0. Alps. Il termine 4e, mais a deux circonstances atténuantes : il a changé d’équipe au tout dernier moment, et manqué deux épreuves pour cause de maladie.

En 2015, George Russell poursuit logiquement sa progression en Formule 3 Européenne, encore chez une bonne équipe, Carlin. Il termine 6e de l’exercice, avec une victoire et trois podiums. Cette année, en F3 Européenne, Felix Rosenqvist est sacré champion, devant Antonio Giovinazzi, Jake Dennis, Charles Leclerc et Lance Stroll. Un certain Alexander Albon termine 7e du championnat, juste derrière George Russell.

En 2016, George Russell « redouble » en Formule 3 Européenne, cette fois-ci chez Hitech. Il termine 3e du championnat, avec 2 victoires et 3 poles. Le champion se nomme alors Lance Stroll, devant Maximilian Gunther. A noter que George Russell finit aussi 7e à Macao.

En 2017, le Britannique réalise sûrement son plus grand coup d’éclat jusqu’à présent en devenant champion de GP3 dès sa première saison, avec ART. La concurrence qui lui est opposée (Jack Aitken, Nirei Fukuzimi, Anthoine Hubert…) est néanmoins relativement moins forte que durant les saisons précédentes en GP3.

En 2018, George Russell, pourtant rookie en Formule 2, met tout le monde d’accord en raflant le titre, devant Lando Norris et Alexander Albon. Malgré une première de saison malheureuse, le protégé de Mercedes s’est ressaisi et a creusé le large au classement, impressionnant d’aisance et de maîtrise.

Le parcours de George Russell est ainsi un quasi sans-faute et l’on sent une véritable montée en puissance à partir de 2016, et une grande adaptabilité aux nouveaux championnats pourtant plus relevés.

Lando Norris : Régulier sans être étincelant ?

Passons à présent au parcours de Lando Norris, qui des trois futurs rookies est le plus jeune (19 ans).

2016 est l’année de la révélation pour lui : il se classe premier en Eurocup Formula Renault 2.0., devant Dorian Boccolacci. Il remporte aussi le Toyota Racing Series, championnat moins côté (Pedro Piquet termine 5e du championnat). Il dispute enfin une demi-saison en BRDC Formule 3 Britannique, trois courses en F3 et le Grand Prix de Macao (11e place). Le soutien financier de son père, 501e fortune britannique, lui permet ces engagements multiples.

En 2017, en F3 européenne, Lando Norris confirme les espoirs placés en lui en devenant champion dès sa première saison complète. La concurrence opposée par Joel Eriksson et Maximilian Gunther n’est pas néanmoins outrageusement inquiétante (Mick Schumacher est 12e cette saison). Lando Norris confirme en outre à Macao avec une deuxième place.

Cette année, en Formule 2, Lando Norris a dominé le début de saison, en profitant de la malchance de ses concurrents, avant de baisser pavillon par la suite. Même s’il termine 2e de l’exercice (de peu), son bilan est plus inquiétant avec seulement une pole et une victoire.

Lando Norris est-il alors le crack que l’on annonce ? Relativement discret en Formule 2, malgré une certaine régularité, champion en F3 Européenne mais sans une opposition véritablement révélatrice, le Britannique n’a pas encore levé tous les doutes sur son potentiel.

Alexander Albon : La foi du charbonnier

Terminons avec le plus "vieux" des rookies (22 ans), Alexander Albon, qui a la carrière la plus heurtée. De 2012 à 2013, il réalise deux campagnes très décevantes en Eurocup Formule Renault 2.0.. Red Bull et Helmut Marko (ironie du sort) lui retirent alors son soutien.

En 2014, il persiste en Eurocup Formule Renault 2.0. et il y a du mieux, avec une 3e place finale, face à une opposition rude (Nyck de Vries est champion). Trois saisons en Formule Renault 2.0., voilà qui est cependant assez poussif…

En 2015, pour sa première saison en F3 Européenne, Alexander Albon finit 7e (juste derrière George Russell). A sa décharge, il courait chez Signature, qui n’était pas une référence.

En 2016, pour sa première saison en GP3, il termine 2e du championnat avec ART, n’étant battu que par Charles Leclerc. Il devance tout de même Antonio Fuoco, Jake Dennis, Jack Aitken ou Nyck de Vries.

En 2017 il grimpe en F2, toujours avec ART. La saison est plus décevante, avec une 10e place finale. Charles Leclerc termine encore premier, devant Artem Markelov et Oliver Rowland.

Alexander Albon réalise une saison 2018 en F2, chez Dams, bien plus convaincante avec une troisième place finale, 4 victoires, 3 poles et 8 podiums. Cependant, contrairement à George Russell et Lando Norris, il en était donc à sa deuxième année en F2.

Verdict : Russell est le plus prometteur, Albon devra batailler

En somme, que faut-il retenir du parcours des trois futurs rookies ? La carrière de George Russell apparaît comme la plus convaincante : le Britannique a su hausser immédiatement son niveau de jeu dans les championnats les plus disputés. Lando Norris, régulier mais pas encore fulgurant, n’a quant à lui pas confirmé qu’il était de la trempe d’un Charles Leclerc, et sa deuxième moitié de saison en F2 a été loin de lever les doutes légitimes à son endroit. La carrière d’Alexander Albon apparaît elle plus poussive : le Thaïlandais a obtenu des résultats, mais de manière assez laborieuse et peut-être davantage à l’usure.

Le passage en F1 est cependant un saut qualitatif considérable qui pourrait rebattre les cartes. La gestion des Pirelli sera une donnée cruciale pour faire de progrès rapides. En l’occurrence, Alexander Albon, qui n’a pas pris part aux essais privés chez Toro Rosso cette année, part avec une longueur de retard sur ses concurrents.

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