Formule 1

Retour sur... le GP d’Abu Dhabi 2010

Le Grand Prix du premier titre pour Vettel

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Par Olivier Ferret

30 octobre 2012 - 13:35
Retour sur... le GP d’Abu Dhabi (...)

Lors du GP 2010 d’Abu Dhabi, Sebastian Vettel a écrit une page de l’histoire en devenant le premier homme, depuis James Hunt en 1976, à remporter le Championnat du Monde en prenant la tête pour la première fois lors de la phase finale. Ce fut un succès populaire pour Vettel, qui a également ravi à Lewis Hamilton par la même occasion le titre de plus jeune Champion du Monde de tous les temps.

A l’orée du weekend, Vettel n’était qu’en troisième position au classement, et pour l’essentiel devait l’emporter sans que le leader Fernando Alonso ne termine mieux que cinquième. Déjà vainqueur à Abu Dhabi en 2009, il s’est d’emblée placé idéalement pour réussir son pari, en remportant sa 10ème pôle de la saison devant l’autre prétendant au titre Lewis Hamilton.

Pendant ce temps Alonso a pris la troisième place, et se donnait une bonne chance de remporter le titre s’il pouvait rester suffisamment proche de Vettel le dimanche. Jenson Button a pris la quatrième place, tandis que le quatrième acteur de cette course au titre, Mark Webber, se trouvait plus loin à la cinquième place.

Le premier tour s’est déroulé sans incident pour les prétendants clés. Vettel a devancé Hamilton au départ, tandis que Button avait bien démarré et pris la troisième place devant Alonso. Une autre place de perdue coûterait le titre à Fernando, et avec Webber juste derrière lui, il ne pouvait pas se permettre la moindre erreur.

A la moitié du premier tour, une collision entre Michael Schumacher et Tonio Liuzzi a entrainé une période sous voiture de sécurité, et plusieurs pilotes qui avaient choisi de partir en pneus tendres ont saisi cette opportunité de revenir aux stands pour passer en durs, et s’assurer ainsi de pouvoir aller jusqu’au drapeau à damiers. Parmi eux, Nico Rosberg et Vitaly Petrov.

Une fois le drapeau vert sorti, Vettel creusa l’écart avec Hamilton, qui à son tour s’éloigna de Button, Alonso et Webber. Les cinq premiers s’étaient dispersés. Cela semblait être une impasse car une fois de plus, le circuit avait prouvé n’offrir aucune possibilité de dépassement.

Webber n’était pas content de ses pneus, et n’ayant rien à perdre en termes de lutte pour le titre, il est repassé aux stands dans le tour 11. Il avait été encadré par les 2 Ferraris, Alonso devant et Felipe Massa derrière, et naturellement, l’équipe de Maranello suivait de près tout ce qu’il faisait. Webber représentait une double menace — s’il était devant Alonso, il aiderait Vettel à gagner le titre, même s’il en avait encore la possibilité lui-même. Deux tours après l’arrêt de Webber, Felipe Massa s’est arrêté, puis deux tours plus tard, Alonso lui a emboîté le pas.

Au début, il semblait que Ferrari ait bien joué, s’assurant que Webber ne pourrait pas passer devant Alonso. Mais la réalité était toute autre. Devant Alonso ne se trouvaient pas seulement des voitures devant s’arrêter, mais également Rosberg et Petrov, qui avaient déjà changé de pneus peu de temps après le départ, et pouvaient maintenant rallier l’arrivée. Si on comptait Vettel, Hamilton et Button, Alonso était réellement sixième, et donc deux places derrière celle où il devait se trouver.

Aidé de son efficace F-Duct, Petrov a réalisé une performance impressionnante. Malgré tous ses efforts, Alonso n’a pas trouvé moyen de dépasser la Renault, et l’écart avec ceux de devant qui n’avaient pas encore changé de pneus commençait à s’accentuer.

En tête, Vettel réalisait une course parfaite, sans faire d’erreur et en contrôlant Hamilton derrière lui. Lewis s’est arrêté au tour 23, et RBR a répondu en arrêtant Vettel un tour plus tard. L’homme de chez McLaren est ressorti derrière Robert Kubica, qui devait encore effectuer un arrêt. Tout comme son coéquipier de Renault, le Polonais a conservé derrière lui la voiture potentiellement plus rapide, tour après tour, permettant à Vettel de s’échapper.

Ces arrêts ont placé Button en tête, et McLaren a décidé de laisser le champion sortant à cette place-là, arguant du fait qu’il devrait stopper pour repartir troisième, advienne que pourra. Il est resté en piste jusqu’au tour 39.

Pendant ce temps Alonso était bloqué à la huitième place, avec Kubica et Adrian Sutil qui devait s’arrêter. L’Allemand n’était pas un problème, mais finalement l’écart entre Kubica et Alonso s’est accru, à tel point qu’il semblait pouvoir stopper pour ressortir en étant toujours devant la Ferrari. Et c’est ce qui s’est passé lorsque Kubica est rentré dans le tour 46.

Pendant ce temps Vettel déroula les tours restants et a franchi la ligne largement devant Hamilton. Lorsque les autres voitures ont terminé et que la septième position d’Alonso a été confirmée, on lui a dit qu’il était champion du monde.

"J’étais tenté de regarder les écrans, mais je n’ai pas pu car mon ingénieur, durant les 10 derniers tours, n’arrêtait pas de me dire toutes sortes de choses, comme les écarts ou le rythme de la course", dit-il. "Quelque part je l’avais également demandé, pour savoir où j’en étais. Je crois qu’il n’a jamais été aussi en forme pendant ces 19 courses que lors de ces 10 derniers tours !"

"Je me disais déjà "qu’est-ce qu’il se passe ?". Et je voyais parfois Lewis à l’écran derrière une Renault. J’ai également pensé que c’était Alonso derrière une Renault. Mais ensuite, j’ai juste essayé d’oublier, continué à piloter et me suis concentré sur moi-même."

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