Formule 1

Mansell et Piquet jugent la F1 d’aujourd’hui (partie 2)

"Les choses ont changé"

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Par Olivier Ferret

29 janvier 2013 - 16:14
Mansell et Piquet jugent la F1 (...)

Les moins jeunes d’entre nous se souviennent du duel entre Alain Prost et Ayrton Senna alors qu’ils étaient équipiers chez McLaren. Mais deux pilotes ont aussi bataillé ferme alors qu’ils étaient équipiers chez Williams : Nelson Piquet et Nigel Mansell. Ils se retrouvent aujourd’hui pour nous parler de F1... (retrouvez la 1ère partie ici)

Concernant les pilotes actuels en F1, Piquet ne critique pas. "Ils sont tous très bons, je ne doute pas de ça. Mais les choses ont changé. Avant il fallait mieux connaitre la technique, travailler plus avec les ingénieurs. Moi et Nigel, nous bossions sans télémétrie et nous devions sans cesse expliquer ce que la voiture faisait. Aujourd’hui il faut juste être rapide et ne pas faire d’erreurs pendant 70 tours. C’est tout. Pour les réglages c’était bien plus compliqué à notre époque."

Selon Mansell, c’est la sécurité accrue qui a changé le sport de bien des façons. "C’est une grande explication des changements, c’est un problème mais un bon problème parce que quand nous pilotions, Nelson et moi, chaque année quelqu’un était mort ou gravement blessé en F1. A l’époque il ne fallait pas nécessairement mourir pour terminer une carrière. En tapant, sans échappatoires, cela pouvait vous mettre mal. Aujourd’hui les pilotes ne pensent plus à ça, ils attaquent, ils sortent ils reviennent sur le circuit et personne ne se blesse, ce qui est fantastique côté sécurité."

"Il y a donc moins de défis," interrompt alors Piquet. "Un peu moins," reconnait Mansell. "Cela a un effet pervers parce que beaucoup de pilotes très bons en GP2 ou d’autres séries attendent et attendent à cause de la longévité des pilotes en F1. A notre époque c’était énorme de faire 180 ou 200 Grands Prix. Aujourd’hui Barrichello en a fait bien plus de 300. Et Button a déjà largement dépassé les 200. Toute la dynamique de renouvellement est impactée."

Depuis les années 80, le sport s’est aussi mué en spectacle. Une transition clairement assumée lorsque le DRS a été introduit en 2011.

"Les règles sont si différentes de l’époque et maintenant avec le DRS. Avant il fallait savoir prendre l’aspiration et freiner. Aujourd’hui avec le DRS vous passez comme ça. C’est facile Ce n’est pas vraiment naturel mais c’est comme ça. Au moins cela excite les fans," dit Mansell.

"C’est du show, rien que du show. Je n’aurais pas aimé courir avec le DRS ou le KERS," répond Piquet. "Et puis il faut aussi de la compétition entre les pneus, comme il y a entre les voitures et les moteurs."

"Pour moi, il faut changer les boîtes de vitesses," poursuit Mansell. "Tout est automatique maintenant ou presque, en montée comme en descente. Nelson et moi on s’est parfois vaincu l’un l’autre à cause d’une erreur sur un changement de vitesses. C’était parfois la seule différence entre gagner ou perdre."

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