Formule 1

Le jour où Ayrton Senna s’est révélé au monde

C’était le 3 juin 1984, à Monaco

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Par D. Thys

27 avril 2014 - 13:16
Le jour où Ayrton Senna s’est révélé (...)

C’est à l’occasion du Grand Prix de Monaco en 1984 que le talent d’Ayrton Senna a éclaté aux yeux du monde. Ce jour-là, il est en effet passé très près de la victoire alors que quelques semaines plus tôt, il n’avait pas réussi à se qualifier sur le circuit d’Imola au volant de sa Toleman.

Il faut dire que ce 3 juin 1984 à Monaco, il faisait un temps à ne pas mettre une F1 dehors. Ayrton Senna s’était qualifié à la 13e place et en course, sous une pluie de plus en plus dense, il est remonté jusqu’à la deuxième position et c’est au moment où il allait prendre la première place à Alain Prost que le directeur de course (Jacky Ickx) décida à la surprise générale de mettre un terme à cette course. Ayrton Senna était donc battu, mais c’était le vainqueur moral de ce Grand Prix.

Pat Symonds était ingénieur de piste d’Ayrton Senna cette année-là au sein de l’équipe qui allait devenir Benetton deux ans plus tard. “Ce n’était pas exactement ce que nous avions prévu,” confie Symonds à l’agence de presse Reuters. “On ne se disait pas que nous allions bientôt gagner des courses, nous avons tous été très surpris, car nous avons presque remporté cette course.”

“C’était assez surréaliste et nous ne savions pas trop quoi penser après la course. Nous avions en effet signé le meilleur résultat de l’histoire de l’équipe, mais en même temps, nous étions passés à côté de la victoire. Il y a eu une euphorie générale dans l’équipe parce que nous avions conquis la deuxième place et deux heures plus tard, nous avons commencé à nous dire que nous aurions pu remporter la victoire. C’était difficile à gérer.”

Pat Symonds savait bien sûr qu’Ayrton Senna était un bon pilote, il ne l’a pas découvert le 3 juin 1984. “Je savais que c’était un bon pilote. Lorsque nous l’avons fait venir chez Toleman, je savais que nous avions fait une bonne affaire. Toutefois, je ne vais pas essayer de vous faire croire que je savais que nous avions mis la main sur un tel trésor.”

“Lorsqu’il a commencé à travailler avec nous, nous avons tout de suite oublié qu’il n’avait aucune expérience et c’est ce qui fait les grands pilotes. C’était le cas avec Ayrton. Il se sentait tellement chez lui en F1 qu’on oubliait tout de suite qu’il était un débutant,” poursuit Symonds.

Ayrton Senna aurait-il pu gagner cette course si elle n’avait pas été arrêtée au 31e tour. La monoplace du Brésilien souffrait en effet d’un problème technique…

“Il est vrai qu’il avait une suspension avant fissurée et nous pensons que cela est arrivé lorsqu’il est monté sur un vibreur à la chicane. Personne ne peut savoir si la voiture aurait pu aller jusqu’à l’arrivée. Selon moi, le problème était sérieux, mais ce n’était pas sur le point de casser. Personne n’aura jamais la réponse à cette question,” ajoute Symonds.

“Il y a de nombreux pilotes qui ont besoin de toutes leurs capacités mentales pour être très rapide, mais ce n’était pas le cas d’Ayrton. Il pouvait être plus rapide que n’importe qui tout en étant capable de souvenir des moindres détails de chaque tour qu’il faisait. La télémétrie n’existait pas à cette époque, on se fiait donc au pilote et lui, il était vraiment très bon pour décrire le comportement de sa voiture. Il avait un talent naturel. Il avait cette confiance en lui qui n’était pas de l’arrogance, mais de ce fait, il n’avait pas le respect qu’on aurait pu attendre de lui pour les pilotes qui étaient déjà en place. Il pensait qu’ils n’étaient là que pour être battus,” conclut Pat Symonds.

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