Formule 1

Lawrence Stroll veut faire de Racing Point l’une des meilleures équipes de F1

Mais à long terme seulement

Recherche

Par Valentin Vilnius

5 janvier 2019 - 08:31
Lawrence Stroll veut faire de (...)

En participant au rachat de Force India, Lawrence Stroll a changé de statut, en passant de sponsor important à co-propriétaire d’une écurie de F1. L’homme d’affaires canadien avait bien sûr un but en tête, au moment d’investir autant de millions : placer son fils, Lance, dans une écurie plus compétitive, alors que Williams montre des signes de déclin.

Les perspectives sont en effet plus encourageantes chez Racing Point Force India : avec ces investissements frais, l’ancienne structure Jordan pourrait déployer tout son potentiel… et même inquiéter le top 3 d’ici quelques années. Tel est, quoi qu’il en soit, l’objectif de Lawrence Stroll.

« Je n’avais jamais prévu d’acheter une équipe de F1 » assure aujourd’hui le père de Lance au site officiel de la F1. « La raison pour laquelle nous avons été intéressés, moi et mon consortium, c’est parce qu’il s’agissait d’une équipe incroyablement spéciale. Finir 4e en 2016 et en 2017 – et l’an dernier, je pense qu’ils auraient aussi pu finir 4e s’ils avaient reçu plus de fonds des actionnaires – dans cet environnement incroyablement compétitif, en dit long sur le travail de cette équipe. »

« Ces gars ont dépensé moins d’argent, et ont mieux performé. J’ai donc regardé cela comme une opportunité commerciale. D’autant plus que j’ai passé du temps à discuter avec la F1 [la FIA] pour comprendre leur vision pour 2021, à propos des budgets plafonnés et d’une meilleure redistribution des revenus pour les plus petites équipes. »

« Et par conséquent, racheter une entreprise comme celle-ci, c’est une opportunité commerciale formidable. Je suis dans ce sport depuis 30 ans. Il y a seulement dix équipes et si vous regardez la valeur d’une franchise – que l’on parle de la NFL, de la Premier League –, entretenue correctement, chérie avec le temps, elle s’accroît de manière significative. Et je pense que la même chose arrivera pour la franchise F1. »

Vijay Mallya, quand il possédait Force India, avait tendance à gérer de loin les affaires quotidiennes, d’autant plus qu’il était empêtré dans des problèmes judiciaires. Lawrence Stroll, dont le fils sera un des pilotes de l’écurie, entend lui, au contraire, s’investir davantage à l’usine et dans le garage. Il n’a pas tardé à prendre des décisions : Bob Fernley, qui était l’adjoint de Mallya, a été prié de quitter l’écurie ; il a été remplacé par Otmar Szafnauer, ancien directeur des opérations.

« Je serai très impliqué » prévient Stroll père. « Le plan numéro 1 c’est de dire ‘Rien n’est cassé, donc il n’y a rien à réparer’. L’équipe a déjà un leadership formidable. Ils font un boulot génial depuis longtemps. Donc il s’agit de les soutenir. »

« Le plan numéro 2, c’est d’apporter de la stabilité financière. »

Avec ces nouveaux fonds, Racing Point Force India va-t-elle pouvoir rejouer d’emblée la quatrième place ? Il faudra pour cela battre Renault ou McLaren… Est-ce l’objectif de Lawrence Stroll pour 2019 ?

« A court terme, nous voulons continuer à nous battre pour les positions que nous occupons [en milieu de grille, pour la 4e place]. A moyen terme, nous voulons commencer à nous battre pour la troisième place, au lieu de la quatrième. A long terme, quand toutes les règles auront changé, j’espère que nous pourrons être l’une des meilleures équipes du paddock. »

L’ambition est considérable pour le long terme… Andy Stevenson, le directeur sportif, qui est directement responsable des résultats, adopte ainsi un ton plus mesuré…

« Nous n’avons plus rien à cacher. Les propriétaires de l’équipe ne se satisferont pas pour toujours de la 4e place, mais faire de tels progrès, c’est un grand pas à réaliser pour le moment. Les nouveaux propriétaires sont très réalistes. Lawrence est en F1 depuis très longtemps, il comprend ce sport et ce qu’il se passe sur et en dehors de la piste. »

Racing Point F1

expand_less