Formule 1

La F1 réfléchit à des grilles de départ différentes

Mais rien ne sera décidé à la hâte

Recherche

Par Emmanuel Touzot

15 janvier 2019 - 09:20
La F1 réfléchit à des grilles de (...)

Pour sa grande métamorphose prévue en 2021, la Formule 1 réfléchit déjà à plusieurs idées, techniques évidemment, mais aussi sportives. Selon Pat Symonds, qui supervise l’aspect technique, plusieurs idées sont envisagées, y compris celle de revoir en profondeur le placement des pilotes sur les grilles de départ.

"Les choses sont fondamentalement différentes en F1 maintenant" assure-t-il. "Lorsque nous apportons des changements, il faut qu’ils soient fondés sur des données probantes. Nous voulons prendre nos décisions en nous basant sur des preuves et parfois c’est assez difficile. "

"Dans les années 60, il y avait beaucoup de voitures côte à côte et au fil des ans, nous sommes passés à cette formation de grille en quinconce de huit mètres. Nous nous posons la question, que se passerait-il si nous rapprochions les voitures les unes des autres et si nous les mettions à nouveau côte à côte, peut-être deux par deux ? Aurions-nous un premier tour plus excitant avec des courses plus serrées ou aurions-nous juste plus d’accidents ?"

Outre le fait de gommer l’avantage des qualifications, la possibilité d’accidents est en effet un risque non négligeable : "Si vous lancez des voitures plus près les unes des autres et qu’elles accélèrent au même rythme, elles arrivent ensemble au premier virage, ce n’est pas forcément ce que vous voulez savoir."

"Ce que nous voulons savoir, c’est ce qui va se passer, alors nous construisons une simulation pour l’utiliser comme intelligence artificielle mais aussi pour y mettre un humain. Nous pouvons donc avoir 19 voitures d’IA qui roulent avec un humain et ensuite nous pouvons commencer à simuler par exemple 50 courses. On peut alors établir l’augmentation du risque d’accident de manière fiable."

Symonds assure que si ce travail de simulation est fait, c’est pour éviter qu’une décision soit prise à la hâte, comme ce fut le cas en 2016 avec l’introduction peu réfléchie d’un nouveau format de qualifications.

"Nous pouvons prendre des décisions plus rationnelles et non de manière impulsive. Je pense que tout le monde se souvient de la farce des qualifications de 2016 quand, quelques semaines avant le début de la saison, quelqu’un a décidé de changer le format des qualifications."

Des qualifications par élimination dont tout le monde craignait qu’elles soient inintéressantes, et qui furent un véritable fiasco, au point d’être abandonnées dès la course suivante : "Même si les équipes ont dit que cela ne marcherait pas et que c’était mal, cela n’a pas changé. Nous voulons nous éloigner de ces mauvaises vieilles habitudes et travailler de manière plus scientifique."

expand_less