Formule 1

L’essence, nouvelle guerre du développement en vue ?

C’est bien possible !

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Par Olivier Ferret

17 mai 2014 - 15:11
L’essence, nouvelle guerre du développeme

Adrian Newey a été le premier à le remarquer cette année : des voitures pourtant équipées du même moteur n’ont pas du tout le même comportement en ligne droite ni la même vitesse de pointe. La seule différence ? L’essence...

"En étudiant finement les données GPS, nous nous sommes rendus compte que, selon l’essence utilisée, il y a des différences très significatives pour un même moteur," note Adrian Newey.

Il y aurait ainsi pas moins de 30 chevaux d’écart entre le Mercedes alimenté par Petronas et le Mercedes alimenté par Esso chez McLaren. Mercedes ayant maitrisé le développement de son V6 de A à Z, Petronas a fourni la meilleure essence possible.

Le même travail est en cours avec Total chez Renault.

"Améliorer la consommation d’essence peut avoir une influence directe sur votre vitesse de pointe. Avec une meilleure efficacité énergétique, vous pouvez aller plus vite pour la même consommation et également améliorer la gestion de l’énergie électrique en conséquence indirecte. Cela peut vraiment faire la différence sur un temps au tour," indique Rob White.

"L’essence est devenue une vraie clé de la performance et du développement," reconnait Christian Horner. "Les pétroliers peuvent créer la différence avec cette règlementation et nous constatons qu’ils travaillent tous très dur."

C’est aussi le cas chez Ferrari, avec Shell. "Les règles concernant l’essence sont les mêmes qu’en 2013 mais dans les détails des formulations, c’est très différent. Un V6 turbo n’a pas les mêmes exigences qu’un V8 atmo," explique Guy Lovett, responsable de la technologie.

"Avec 100 kilos d’essence maximum, il faut qu’il y ait autant d’énergie que possible dans chaque gramme d’essence. Il faut un bon taux d’octane pour lutter contre le cliquetis mais pas trop élevé car l’octane nuit à l’énergie disponible. C’est un équilibre optimum à trouver et c’est vraiment un gros défi."

"Avec le gel des moteurs en cours de saison, l’essence et l’huile deviennent des outils de recherche de performance très importants, d’autant plus que nous n’en sommes qu’au début. Nous voyons de plus gros progrès qu’avec les V8, c’est clair. Tout le monde est sur une pente ascendante en termes de développement."

Chez Williams on utilise pour l’instant la même essence que Mercedes, celle de Petronas, ce qui explique les bonnes vitesses de pointe de la FW36. Mais l’an prochain, le sponsor Petrobras, qui a rejoint l’équipe en 2014, fournira sa propre essence. Rob Smedley sait que le pétrolier brésilien a fort à faire.

"Il peut y avoir beaucoup de différence de performances entre deux essences avec ces moteurs nouvelle génération. Ces V6 turbo ont un taux de compression bien plus bas que les V8, des régimes plus bas aussi mais sont plus efficaces. Avec une bonne essence il y a de gros gains à faire."

Petronas semble donc avoir le leadership en la matière et cela s’explique, selon son directeur des opérations, Eric Holthusen.

"L’essence a toujours été importante en F1 mais elle l’est encore plus avec ces nouveaux moteurs. Nous avons travaillé avec Mercedes pour faire du sur-mesure depuis près de deux ans maintenant. Cela fait 20 ans que je suis dans ce business et c’est la première fois, pour moi, que je vois l’essence comme paramètre pris en compte dès la conception du moteur."

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