Formule 1

Interview - Daniel Ricciardo revient sur sa victoire en Hongrie

"J’étais beaucoup plus serein cette fois-ci"

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Par Olivier Ferret

29 juillet 2014 - 15:23
Interview - Daniel Ricciardo revient

Daniel Ricciardo ne pouvait rêver mieux pour commencer les vacances : une victoire en Hongrie, sa deuxième en Formule 1 après celle obtenue au Canada. Dans un Grand Prix fou, l’Australien a réussi à déjouer tous les pièges et profiter d’un peu de chance pour imposer sa Red Bull au nez et à la barbe de la Ferrari d’Alonso et de la Mercedes de Lewis Hamilton... après avoir dépassé ces deux pilotes en piste !

Daniel, Niki Lauda affirme qu’il est plus facile de gagner après une première victoire. Êtes-vous d’accord avec lui ?

Oh, ce qu’il dit est totalement sensé. Il faut savoir garder son calme lorsque vous prenez la tête de la course. Je l’ai prise alors qu’il restait encore trois tours à effectuer. Une situation qui différait peu de celle du Canada, bien que j’étais beaucoup plus serein cette fois-ci. Je ne dirais pas que j’ai commis de faute au Canada, mais mon pouls s’était nettement accéléré. En Hongrie, je me suis senti en pleine possession de mes moyens. Je pense que me retrouver là, connaissant ce sentiment, sachant que je peux le faire... Oui, cette deuxième victoire était plus facile à gérer pour moi.

Votre cœur ne s’est-il pas emballé lorsque vous avez dépassé Lewis Hamilton pour prendre la deuxième position ?

Un peu ! Tout comme au Canada à vrai dire. Je pouvais voir le leader. Fernando était en vue. Je savais que j’avais la voiture la plus rapide mais les tours filaient et je n’allais pas rester à l’arrière. Cela m’a pris du temps avant d’avoir cette première opportunité. J’ai essayé dans le deuxième virage, mais ça n’a pas fonctionné. La deuxième fois, j’ai presque réussi. Visiblement, j’avais les bons pneus et j’ai pu prendre l’extérieur. J’étais à fond. C’était très cool.

Vous avez pris la tête de la course au huitième tour, alors que vous aviez décidé de faire un arrêt au stand au moment où la voiture de sécurité entrait en piste...

Nous en discutions avec mon équipe un tour avant que la voiture de sécurité ne sorte. Je demandais si quelqu’un avait essayé les pneus tendres, et de combien de tours nous disposions jusqu’au changement. Mes pneus intermédiaires ne tenaient pas si bien le coup. La sortie de la voiture de sécurité nous a permis de trancher. Simon [Rennie, ingénieur de course] et moi nous sommes mis d’accord : "Faisons le changement maintenant."

Vous avez fait un arrêt lors de l’intervention de la 2ème voiture de sécurité. Un choix que les voitures qui vous suivaient n’ont pas fait. Êtiez-vous sûr que c’était la bonne décision à ce moment de la course ?

Hum.. eh bien... La première voiture de sécurité nous a bien aidé, mais lors de mon second arrêt, alors qu’aucun pilote ne s’arrêtait au stand, je me suis dit que nous avions peut-être perdu du temps sur ce coup. Tout s’est bien fini, mais à ce moment-là, je n’étais sûr de rien. J’avais remarqué une dégradation au niveau de mes pneus, et voyant que je souffrais un peu, mon team a décidé de m’appeler pour ne prendre aucun risque.

Par la suite, on vous a demandé de "penser à la façon d’user vos pneus". Y avait-il un message caché ?

Cette consigne était à prendre au premier degré : les gars à l’avant de la course allaient devoir s’arrêter au stand bien avant moi, et du coup, je ne devais pas user mes pneus à tenter de les battre, alors que je pourrais les dépasser rapidement par la suite. L’idée était de surveiller l’état de mes pneus afin d’avoir encore de quoi creuser l’écart lorsqu’ils s’arrêteraient.

Et vous aviez encore de quoi faire en fin de course...

Oui, je me posais beaucoup de questions sur les derniers arrêts, notamment le tout dernier. Nous savions que cela nous permettrait de terminer la course en toute sécurité, avec de bons pneus. Mais cela signifiait également que j’aurais à dépasser deux voitures rapides en fin de course. C’était la bonne décision. Mais à ce moment-là, je n’en étais pas encore certain. Simon a eu raison. Il m’a dit : "Tu vas rattraper Lewis et Fernando, alors ne tue pas tes pneus à essayer de le faire."

Je veux juste remercier l’équipe. Avoir deux victoires lors de la première moitié de la saison avec eux, c’est génial. Je lui dois beaucoup. Ils m’ont laissé le temps de prendre mes marques, ils ne m’ont pas mis trop de pression. Et les résultats sont là malgré tout.

J’espère que cela va créer une bonne dynamique pour la suite de la saison. En conditions pures de piste sèche, Mercedes a toujours un avantage significatif.

Et maintenant, qu’allez-vous faire ?

Je pense que je vais certainement partir en retraite. C’est la seule chose possible. Récupérer une motocross, quelques moutons à surveiller... Non, je plaisante ! C’est les vacances maintenant. Dix jours "off", pour prendre du bon temps, voir des amis de passage en Europe. Mais tout d’abord, je pense que je vais fêter ma victoire ces prochains jours. J’ai demandé à mes ingénieurs et mon coach d’annuler leur vol après le GP. Le programme était de se réveiller avec la gueule de bois. J’ai de la chance : j’ai remporté mes deux courses dans des villes où les endroits pour faire la fête ne manquent pas.

Ensuite nous reviendrons à Spa : c’est une très bonne course pour reprendre la saison. Et peut-être que la météo capricieuse de la Belgique nous donnera encore une opportunité de briller. Un week-end comme celui de la Hongrie, avec de la pluie, des voitures de sécurité, nous aide à sortir la tête de l’eau.

Sebastian Vettel a raison quand il dit que mathématiquement rien n’est encore joué. J’ai gagné du terrain en Hongrie mais je suis encore loin des pilotes Mercedes. Et de manière réaliste, ils ont encore de quoi creuser l’écart entre les mains. Cela ne change pas mon approche : courir pour la meilleure position possible. Si la victoire est possible, tant mieux.

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