Formule 1

Ecclestone : ‘Schumacher était un leader, pas Vettel’

Maurizio Arrivabene en prend aussi pour son grade

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Par Valentin Vilnius

25 novembre 2018 - 09:42

Bernie Ecclestone n’a jamais sa langue dans sa poche : l’ancien Grand Argentier de la discipline, bien qu’il soit un proche de Sebastian Vettel, n’a pas hésité à revenir largement sur les faiblesses de l’Allemand.

Il faut dire que Sebastian Vettel s’est montré incapable de mener Ferrari aux titres mondiaux cette année. Bernie Ecclestone en fut le premier surpris, et déçu.

« Je pensais vraiment que Ferrari le ferait cette année, et je ne comprends pas vraiment comment ils ont fait pour perdre. Il n’y a pas de raison valable, je ne sais pas. »

« Seb a commis des erreurs, l’équipe aussi. Sur certains circuits, Mercedes était plus solide mais au bout du compte, en moyenne, Ferrari avait la meilleure voiture. »

Si Ferrari avait la meilleure voiture, la faute incombe donc en partie aux pilotes… Sebastian Vettel en particulier a commis une grosse erreur à Hockenheim, et, cédant sous la pression, a raté plusieurs de ses départs en partant en tête-à-queue.

Bernie Ecclestone croit savoir pourquoi : l’Allemand ne se sentait pas assez aimé chez Ferrari…

« Chez Red Bull, Seb était bien aimé, il en avait l’habitude. Il parlait avec tout le monde, tout le monde lui parlait. Il se sentait à l’aise dans l’équipe. Ferrari n’a pas été comme ça. Cela a affecté sa concentration. Et ça n’aurait pas dû arriver. Mais Sebastian a montré un côté émotionnel et sensible à sa personnalité, ce qui est étrange pour un Allemand… »

« Vettel doit renforcer sa résistance intérieure, regarder les choses avec plus de calme. Il n’est pas le produit fini. Il est juste désorienté. Il a tout en lui pour revenir et se ressaisir. Le vrai Seb nous manque ! »

Bernie Ecclestone attaque donc la capacité de Sebastian Vettel à assumer le leadership d’une écurie. La comparaison avec un certain autre Allemand est brutale.

« Michael Schumacher portait Ferrari sur ses épaules et a sorti l’équipe de la crise. Il était un leader. Vettel n’est pas comme ça. »

Ferrari a tout de même traversé une passe très difficile sur le plan émotionnel cette année, avec le décès de Sergio Marchionne. Le décès du président de Fiat a-t-il coûté le titre à la Scuderia ?

« Je le crois vraiment » répond Bernie Ecclestone. « Il était un homme dont tout le monde s’inspirait, et qui était respecté. Sa présence aurait donné un surcroît de confiance à tout le monde pour atteindre ce but. »

Selon Bernie Ecclestone, Ferrari doit désormais penser à opérer une restructuration interne. En creux, c’est Maurizio Arrivabene qui est visé.

« Ils doivent étudier de près l’organisation de l’équipe et déterminer si les bonnes personnes sont aux bons endroits. Aujourd’hui, Ferrari me rappelle l’état de l’équipe au milieu des années 90, quand j’ai convaincu Todt d’aller à Maranello. C’est un problème italien typique : chez Ferrari, ils ont des atouts précieux mais il faut quelqu’un pour les diriger. Je ne sais pas qui ça pourrait être, mais ça devrait quelqu’un parlant italien et qui serait à l’usine 24 heures par jour. »

L’an prochain, pour motiver plus encore Sebastian Vettel, Ferrari compte sur le jeune Charles Leclerc… Le Monégasque va-t-il pousser l’Allemand dans ses retranchements ?

« Pour moi, c’est un pas en arrière, c’est dommage » tacle enfin Bernie Ecclestone. « J’aurais gardé Kimi Räikkönen chez Ferrari. »

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