Formule 1

Alonso et la F1 : 2018, un chemin de croix comme dernier chapitre

Quand le plaisir n’y est plus...

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Par Emmanuel Touzot

24 janvier 2019 - 18:00
Alonso et la F1 : 2018, un chemin (...)

Heureux d’avoir eu gain de cause et d’assister au départ de Honda, remplacé par Renault, Fernando Alonso espérait une saison 2018 bien meilleure avec McLaren, après une campagne 2017 totalement ratée. Les premières courses lui donnaient d’ailleurs bon espoir que ça se passe vraiment comme ça.

En dépit de qualifications moyennes lors de la tournée hors Europe qui débutait la saison, Alonso se qualifiant 11e à trois reprises et 13e une fois, l’Espagnol effectuait son meilleur démarrage de saison depuis son retour chez McLaren avec une cinquième place à Melbourne, une course qu’il concluait en disant : "Maintenant, on peut se battre !"

Septième à Bahreïn et en Chine, il terminait également le Grand Prix d’Azerbaïdjan à cette place, non sans avoir subi un accrochage au départ et avoir effectué près d’un tour avec deux pneus crevés. Le fighting spirit d’Alonso était de retour, McLaren semblait en progrès, et tout laissait penser que la saison se déroulerait nettement mieux que les précédentes.

En Espagne, il se qualifiait une place derrière sa qualification de l’année précédente, au huitième rang, alors que l’amélioration apportée par McLaren ne donnait pas satisfaction. Huitième sous le drapeau à damier, Alonso s’inquiétait de voir que les développements effectués par l’équipe n’étaient pas à la hauteur de ceux de la concurrence pour ce retour en Europe.

Qualifié septième à Monaco, il manquait une belle occasion de résultat à cause d’un problème de boîte de vitesses qui mettait un terme à sa course au 52e des 78 tours. Au Canada, c’est un problème d’échappement qui mettait un terme à sa course, mais la différence était qu’il s’était qualifié 14e et n’avait aucun espoir de bien figurer.

Arrivait ensuite l’enchaînement de trois courses en trois semaines en France, en Autriche et en Grande-Bretagne. Les soucis de McLaren avec le développement se confirmaient puisqu’il se qualifiait aux 16e, 14e et 13e positions lors de ces courses, ce qui était toutefois mieux que son équipier, Stoffel Vandoorne, qui ne franchissait pas la Q1 une seule fois.

En France, il était loin des points lorsque sa suspension lâchait à trois tours du but, le classant 16e bien qu’il n’ait pas franchi la ligne d’arrivée. Il marquait toutefois quatre points lors des GP d’Autriche puis en Angleterre, mais les efforts déployés pour sauver une huitième place lors de chacune de ces courses commençaient à peser.

Qualifié 11e en Allemagne, il abandonnait encore dans les derniers tours suite à un nouveau problème de boîte de vitesses. En Hongrie, il comprenait que le châssis de la MCL33 n’était pas irréprochable puisqu’il n’atteignait pas la Q3 et terminait huitième.

Durant la pause estivale, il annonçait qu’il quitterait la Formule 1 en fin de saison, visiblement lassé de jouer en fond de peloton. Engagé en WEC en parallèle et désireux de courir à nouveau l’Indy 500 et le Rolex 24, il admettait avoir besoin de s’éloigner de la F1.

Une décision dont il devait se réjouir au retour de la pause en se qualifiant 17e en Belgique et 13e en Italie. Impliqué dans le gros accident du départ à Spa, il ne faisait qu’une dizaine de tours avant qu’un problème électrique ne mette fin à sa course.

Il profitait de son aisance à Singapour et marquait les six points de la septième place dans la cité-état, malgré une qualification en deçà des attentes, au 11e rang. Ce résultat fut par ailleurs son dernier dans le top 10 en Formule 1.

Qualifié 17e et 18e en Russie et au Japon, il bouclait ces deux courses à une anonyme 14e place. Il était de nouveau éliminé en Q1 aux Etats-Unis (16e) et la franchissait au Mexique pour s’élancer 12e. Il ne passait pas le premier tour aux USA après un accrochage dont il n’était pas responsable et le calvaire continuait à Mexico avec un problème de surchauffe au troisième tour.

Le week-end brésilien fut malgré tout l’un des pires de sa saison puisqu’il s’y est qualifié 18e et a terminé la course au 17e rang. La McLaren était à Sao Paulo la plus lente du peloton et l’annonce de sa participation au prochain Indy 500 entre les qualifications et la course était clairement perçue, toujours dans une communication douteuse de McLaren, comme une tentative d’éloigner l’attention.

A Abu Dhabi (photo), il se qualifiait 15e et terminait à la porte des points après de nombreuses pénalités subies après avoir coupé la chicane. Alonso n’y était plus et voulait simplement s’amuser au terme d’une semaine hommage lui étant consacrée dans le cadre de cette dernière course.

S’il n’a pas fermé la porte à un retour dans la discipline à l’avenir, l’Espagnol y a vécu des dernières saisons compliquées et veut désormais courir dans des championnats et des épreuves où il aura la possibilité de viser la victoire. C’est donc hors de la F1 que son avenir s’écrit pour l’instant et il faut admettre, après une telle carrière, que l’on préfère le voir ailleurs en train de lutter pour la victoire qu’en fond de peloton, à lutter pour une anonyme 15e place.

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