Formule 1

Alonso et la F1 : 2015, la désillusion chez McLaren

Pas une seule Q3 et deux entrées dans les points

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Par Emmanuel Touzot

17 janvier 2019 - 18:00

Revenu sans pression depuis chez Ferrari au sein d’une équipe McLaren qui n’a signé que deux podiums (lors du même Grand Prix) durant les deux années précédentes, Fernando Alonso espère profiter en 2015 du retour de Honda pour relancer l’équipe britannique, dans laquelle il effectue un retour surprise, huit ans après le fiasco de 2007.

La saison commence très mal puisqu’il est victime d’un accident étrange lors des essais hivernaux. Emmené à l’hôpital, il manque le premier Grand Prix de l’année. Les images de l’accident montrent une McLaren immobilisée contre un mur mais pas spécialement abîmée, et des médecins cachant la scène de l’incident. Lumière ne sera jamais faite sur ce problème, même si un souci électrique a longtemps été évoqué.

Depuis son canapé, Alonso regarde les McLaren de Jenson Button et de son remplaçant, Kevin Magnussen, se qualifier en avant-dernière ligne, tout juste devant les Manor. Magnussen ne prendra même pas le départ et Button terminera hors des points.

Revenu pour la deuxième course, en Malaisie, Alonso se qualifie 18e, juste derrière Button. Comme en Australie, et en Chine lors de la course suivante, les deux McLaren sont en avant-dernière ligne. Alonso abandonne à Sepang et termine 12e à Shanghai.

Qualifié 14e à Bahreïn, il termine 11e. En Espagne, il réussit (relativement) sa qualification et signe le 13e temps mais abandonne de nouveau, tout comme à Monaco, respectivement à cause de problèmes de freins et d’une surchauffe moteur.

Avec deux qualifications en septième ligne au Canada et en Autriche, il abandonne lors des deux courses. Lors de la première, c’est un problème d’échappement qui le contraint à s’arrêter, tandis qu’il est victime d’un spectaculaire accrochage avec Kimi Räikkönen en Autriche.

Ce n’est guère mieux de l’autre côté du garage puisque Button a marqué quatre points à Monaco mais abandonne aussi au Canada et en Autriche. En Grande-Bretagne, Alonso marque enfin un point malgré une qualification au 17e rang.

En Hongrie, au terme d’une course très animée, il termine cinquième et signe ce qui sera son meilleur résultat avec McLaren cette année-là, mais aussi pour le reste de sa carrière.

Bien que son remplaçant chez Ferrari signe sa deuxième victoire avec la Scuderia, qu’il dédicace à Jules Bianchi décédé quelques jours plus tôt, Alonso assure ne pas regretter son choix et se dit satisfait d’avoir quitté l’environnement de Ferrari qu’il considérait néfaste.

Néanmoins, il n’hésite pas à dire que Honda est clairement responsable du niveau de McLaren, entre manque de performance et manque de fiabilité. Un manque de performance qui se ressent terriblement sur les rapides tracés de Spa et Monza où, après la pause estivale, il se qualifie en neuvième ligne. Il termine 13e à Spa et abandonne sur un nouveau problème mécanique à Monza.

A Singapour, c’est la boîte de vitesses qui rend l’âme malgré une qualification décente au 12e rang. Au Japon, Alonso se qualifie 14e et termine à la porte des points. Si ce n’est pas son pire résultat de la saison, il tient à marquer le coup et envoie un énorme tacle à Honda, à domicile : "On a un moteur de GP2 ! De GP2 !" assène-t-il à la radio devant les représentants de la marque.

Il termine à la porte des points de nouveau en Russie et aux Etats-Unis, où il signe d’ailleurs sa meilleure qualification de l’année avec une 11e place. En effet, tout comme Button, Alonso n’aura jamais atteint la Q3 cette saison-là, et c’est probablement la statistique la plus rude pour McLaren et Honda.

Honda et McLaren travaillent déjà sur un nouvel ensemble pour 2016, avec un moteur revu, et la fin de saison 2015 se déroule en roue libre. Alonso abandonne de nouveau au Mexique (son septième de la saison) et termine loin au Brésil et à Abu Dhabi.

Button termine neuvième en Russie et sixième aux USA, lui permettant de terminer tout juste devant Alonso au championnat. L’Espagnol termine là ce qui est pratiquement sa plus mauvaise saison en F1, si l’on met à part celle avec Minardi, et se rend compte que la masse de travail nécessaire est colossale chez McLaren, où il a rempilé pour 2016...

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