Formule 1

Alonso et la F1 : 2010, une arrivée remarquée chez Ferrari

Et un titre manqué de peu

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Par Emmanuel Touzot

7 janvier 2019 - 17:35
Alonso et la F1 : 2010, une arrivée (...)

Après avoir quitté une équipe Renault en difficulté, Fernando Alonso rejoint la Scuderia Ferrari qui, si elle sort d’une saison 2009 en demi-teinte après l’arrivée du nouveau règlement, fonde de gros espoirs sur l’année 2010.

A ses côtés, Alonso fait connaissance de Felipe Massa, qui effectue son grand retour à Bahreïn, en ouverture de la saison, quelques mois après son terrible accident de la Hongrie, qui l’a tenu éloigné des circuits pendant près d’une demi-année.

Le Brésilien effectue un retour remarqué et se place en première ligne aux côtés de Sebastian Vettel, et surtout devant Alonso, troisième. Mais ce dernier ne l’entend pas de cette manière et dépasse autoritairement son nouvel équipier au départ. En chasse derrière un Sebastian Vettel rapide, il prend le commandement après que ce dernier subit un problème mécanique qui va le priver de sa puissance et s’impose pour sa première course en rouge !

Les Red Bull sont de nouveau intouchables en Australie, en qualifications, où elles monopolisent la première ligne devant Alonso. Vettel joue encore de malchance et c’est Jenson Button, fraîchement recruté par McLaren, qui s’impose après une parfaite maîtrise des conditions changeantes de Melbourne. Alonso termine au pied du podium.

Il enchaîne des résultats légèrement décevants par la suite mais se fait remarquer en prenant les choses en main en Chine. Appelé en même temps que son équipier aux stands, Alonso refuse de penser qu’il va perdre une poignée de secondes à attendre que son équipier libère la place et il opère un dépassement sur ce dernier... dans les stands ! Une manœuvre critiquée par certains, saluée par d’autres, et qui lui permet surtout de terminer largement devant Massa.

C’est encore une fois en Espagne qu’Alonso se met en valeur et retrouve le podium, avec une deuxième place chèrement acquise devant son public, derrière un Mark Webber irrésistible. A Monaco, en revanche, il hypothèque ses chances de bon résultat avec un crash en essais libres 3 qui l’oblige à partir dernier, mais il remonte tout de même jusqu’à la sixième place.

Au Canada, il est de nouveau sur le podium mais passe à côté de sa deuxième course à domicile, pour le Grand Prix d’Europe sur le circuit urbain de Valence. EN Allemagne, il retrouve la plus haute marche du podium non sans déclencher une énorme polémique, puisque Ferrari impose à Massa, alors en tête, de le laisser passer, au moyen d’une phrase devenue depuis iconique : "Felipe, Fernando is faster than you" ("Felipe, Fernando est plus rapide que toi").

En Hongrie, il est de nouveau aux prises avec Webber, qui s’impose devant lui. A ce moment-là de la saison, les cinq premiers du classement se tiennent en 20 points, ce qui représente moins d’une victoire, puisque le barème est passé depuis le début de saison à 25 points pour un succès.

Il commettra sa seule erreur importante de l’année en Belgique. Sous la pluie intermittente de Spa, qui offre des conditions piégeuses, Alonso tombe en plein dedans et part en tête à queue après les Combes, percutant le mur et terminant sa course comme cela.

Un incident qui va faire sortir son orgueil, puisqu’il signe, une semaine plus tard, le hat trick à Monza. Les Tifosi font d’Alonso leur nouveau héros après la pole position et la victoire signées pour sa première course en Italie sous les couleurs de la Scuderia. Surtout, il prend la troisième place du classement devant les McLaren et reste à une vingtaine d’unités de Webber.

Il réalise un nouveau hat trick à Singapour, prouvant une fois de plus ses capacités exceptionnelles sur ce circuit urbain difficile. Pourtant, il lui aura fallu sortir une défense pleine de maestria en fin de course face à un Sebastian Vettel désireux de remporter la victoire. Finalement, les deux hommes passent la ligne avec 0"293 d’écart !

Au Japon, il finit dans le sillage des deux Red Bull à la troisième place, à 2 secondes du vainqueur. A Yeongam, où se déroule le premier Grand Prix de Corée du Sud de l’histoire de la F1, il passe entre les gouttes (qui font abandonner Mark Webber) et les problèmes (qui ont raison de Sebastian Vettel, alors en tête), et s’impose au terme d’une course de près de trois heures marquée par une longue période de safety car et des drapeaux rouges. Mais surtout, Alonso pointe en tête du championnat !

Au Brésil, Alonso ne peut rien faire contre les Red Bull mais assure, comme au Japon, la troisième place derrière Vettel et Webber. Cela lui permet surtout de se présenter en leader du championnat à Abu Dhabi, devant Webber (à 8 points) et Vettel (à 15 points). Hamilton, avec 24 points de retard, doit espérer un miracle pour être titré.

De miracle il n’y aura point à Abu Dhabi, mais un sacré scénario s’y déroule ! Obnubilée par Webber, principal poursuivant d’Alonso au championnat, la Scuderia Ferrari commet une énorme erreur stratégique et se calque sur l’arrêt de l’Australien, qui anticipe son entrée aux stands suite à une petite touchette.

En faisant ça, Alonso se retrouve dans le peloton et perd énormément de temps, ce qui ne serait pas arrivé en appliquant sa stratégie initiale, qui l’aurait fait s’arrêter en même temps que les autres favoris. Possiblement pétrifié devant l’enjeu, Alonso ne tente même pas une attaque lointaine sur Vitaly Petrov, qui possède certes une Renault redoutable en fin de saison, et boucle le Grand Prix en septième position.

Si cela s’avère être une place devant Webber, c’est surtout loin derrière Vettel, qui remporte la course et le titre dans le même temps, et devient le plus jeune champion du monde de la F1, titre qu’il possède toujours aujourd’hui. De son côté, Alonso blâme étonnamment Petrov.

En interne, la Scuderia désigne Chris Dyer, ingénieur de piste en chef et responsable de la décision stratégique, et se sépare du Britannique en tout début d’année 2011. Pour Alonso, c’est une énorme déception, contrastée par la satisfaction de rejouer enfin le titre, et d’avoir été immédiatement le numéro 1 chez Ferrari, un rôle qu’il attendait avec impatience.

Ferrari

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