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F1 - Retour sur l’épopée Forti - La saison 1996, déjà la dernière

Après le décès de Guido Forti

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Comme nous venons de le rapporter sur notre site, Guido Forti, le fondateur de Forti Corse, qui deviendra plus tard Forti, est malheureusement décédé aujourd’hui. C’est l’occasion de revenir sur l’histoire de son équipe dans cette 3ème et dernière partie.

La saison 1996

Avec une base financière solide et les quelques progrès réalisés l’année précédente, la saison 1996 semble prometteuse pour Forti. Fin 1995, l’équipe négocie pour obtenir le plus puissant moteur V8 de la firme Cosworth pour remplacer le vieux moteur Cosworth EDD. Sa sécurité financière a notamment été démontrée par une rumeur disant que la Scuderia Minardi, une écurie plus compétitive mais en grosses difficultés financières, envisage de fusionner avec Forti pour assurer sa survie en Formule 1. Cependant, cette spéculation est balayée lorsque Pedro Diniz signe avec l’écurie française Ligier, remplaçant ainsi Martin Brundle, parti chez Jordan Grand Prix.

Les commanditaires apportés par la famille Diniz, notamment Parmalat et Marlboro, rompent avec l’écurie italienne qui voit son budget sérieusement écorné. Il est même question que Forti ne s’engage pas en Formule 1 en 1996 et sa survie est sans cesse remise en question. La conception de la nouvelle monoplace est retardée et l’écurie est contrainte de mettre en conformité la Forti FG01-95, rebaptisée Forti FG01-95B, pour le début de saison. Forti n’obtient le moteur Ford-Cosworth Zetec JS convoité et se contente de la version Zetec-R, tout en s’appuyant sur les commanditaires temporaires de l’écurie. Néanmoins, Forti s’engage en championnat du monde en 1996.

Roberto Moreno est remplacé par les Italiens Luca Badoer en provenance de la Scuderia Minardi et Andrea Montermini, ancien pilote de Formule 3000 de Forti et transfuge de Pacific Grand Prix, les deux pilotes apportant une contribution financière. Le Japonais Hideki Noda, ancien pilote de Forti, est également contacté. Le Français Franck Lagorce, devant être initialement le lieutenant d’Andrea Montermini, est remplacé par Luca Badoer avant le premier Grand Prix de la saison et devient pilote-essayeur.

L’écurie britannique Pacific Grand Prix s’étant retirée de la Formule 1 à l’intersaison, les Forti FG01-95B sont les monoplaces les moins performantes du plateau 1996. Lors du Grand Prix inaugural en Australie, les Forti ne sont pas en mesure de faire un temps de qualification en dessous de la barre des 107 % du temps de la pole position et ne participent pas à la course. Les pilotes se qualifient pour les deux courses suivantes, au Brésil et en Argentine. Luca Badoer termine onzième au Brésil et Andrea Montermini dixième en Argentine. Lors de cette course, la voiture de Badoer s’est retournée après une collision avec la Ligier JS43 de Pedro Diniz qui tentait de la dépasser. Au Grand Prix d’Europe, aucun pilote Forti ne se qualifie.

Pour la manche suivante à Imola, Forti aligne un nouveau châssis, la Forti FG03-96. Cette nouvelle monoplace a été conçue par le même personnel que l’année précédente mais cette fois-ci sous la houlette de George Ryton, ancien directeur technique de la Scuderia Ferrari. Les deux pilotes constatent une amélioration significative par rapport à l’ancienne voiture, en particulier en ce qui concerne l’appui aérodynamique et la direction de la voiture. Un seul châssis est disponible et Andrea Montermini échoue à se qualifier pour la course avec l’ancienne monoplace tandis que Luca Badoer, qualifié en dernière position, est à sept dixièmes de seconde de l’Arrows FA17 de Ricardo Rosset. Luca Badoer termine dixième et dernier de la course mais a souffert de problèmes de fiabilité durant l’épreuve et est à deux tours de la Minardi M195B de Pedro Lamy.

Les deux pilotes sont qualifiés pour le Grand Prix de Monaco mais Andrea Montermini détruit sa monoplace lors de la séance d’échauffement à la sortie du tunnel. L’écurie n’ayant pas de voiture de rechange, le pilote italien ne participe pas à la course. Luca Badoer abandonne au soixantième tour à la suite de problèmes électriques et d’une collision avec la Williams FW18 de Jacques Villeneuve qui avait six tours d’avance sur l’Italien. Ce dernier écope d’une amende de 5 000 dollars et d’une suspension de deux courses avec sursis.

Rachat par Shannon Racing

Après le Grand Prix de Monaco, des rumeurs annoncent que Forti ne finira pas la saison si elle ne trouve pas de repreneur. Entre les Grands Prix de Monaco et d’Espagne, Arron Colombo, le patron de Belco Avia, déclare qu’un accord a été conclu le 30 juin entre Guido Forti et Shannon Racing qui rachète 51 % de l’écurie. Shannon Racing et sa société mère FinFirst sont des sections irlandaises d’un groupe financier milanais qui a déjà créé des écuries dans les différents championnats de Formule 3 et le championnat international de Formule 3000 en 1996. Le groupe souhaite s’engager en Formule 1 par le biais de Forti. Arron Colombo est vraisemblablement à l’origine du partenariat, fixé pour la saison 1996 avec une option pour la saison 1997, car Belco Avia doit de l’argent à Forti. Dans le cadre du changement de direction technique, Cesare Fioro quitte l’équipe pour rejoindre Ligier et est remplacé par Daniele Coronna, lui même remplacé par l’ancien ingénieur de la Scuderia Ferrari, George Ryton.

À partir du Grand Prix d’Espagne, les Forti FG03-96 apparaissent dans une nouvelle livrée verte et blanche, symbolisant le rachat de Forti Corse par Shannon Racing. Ce coup de pouce financier permet à l’écurie d’assurer sa survie dans la catégorie-reine du sport automobile. Cependant aucun pilote de l’écurie italienne ne se qualifie pour la course. Au Grand Prix du Canada et au Grand Prix de France, les deux pilotes Forti se qualifient, Luca Badoer devançant même Ricardo Rosset au Canada mais aucune monoplace ne termine les deux épreuves.

Les difficultés financières de Forti, provoquées par un conflit entre l’équipe de Guido Forti et Shannon Racing, deviennent de plus en plus compliquées. À Magny-Cours, les deux voitures abandonnent en raison de problèmes moteur : les moteurs ont atteint leur kilométrage maximal, l’écurie italienne ayant des dettes envers leur fournisseur Cosworth.

Faillite et retrait

Guido Forti prétend que Shannon Racing n’a pas payé la somme d’argent due dans les six jours après avoir conclu le partenariat et réfute le fait que son écurie appartienne à hauteur de 51 % à l’entité irlandaise. L’équipe manquant de fonds, Forti risque de ne pas participer au Grand Prix de Grande-Bretagne. Finalement, l’équipe italienne y prend part mais les deux monoplaces ne font que quelques tours et ne se qualifient pas. Cette contre-performance est liée à des moteurs en fin de vie non remplacés en raison de la dette croissante de Forti envers Cosworth. La participation de Forti à ce Grand Prix est donc purement symbolique.

Forti Corse se rend au Grand Prix d’Allemagne mais les monoplaces ne sont pas assemblées de tout le week-end de course, la fourniture de moteurs ayant cessée définitivement tant que l’écurie n’ait pas épongé ses dettes envers le motoriste américain.

Guido Forti, après en avoir discuté avec Bernie Ecclestone, le propriétaire des droits commerciaux de la Formule 1, retire son écurie après le Grand Prix d’Allemagne alors que les négociations concernant la propriété de Forti Corse perdure, malgré la menace de la Fédération internationale de l’automobile d’imposer une amende pour n’avoir pas participé à la course. Après l’échec des négociations, Guido Forti annonce la fin du partenariat avec Shannon Racing et reprend les commandes de l’écurie. Il espère trouver de nouveaux commanditaires pour s’engager pour le Grand Prix de Hongrie.

Shannon Racing riposte en affirmant détenir 51 % de l’écurie et souhaite régler les problèmes financiers de Forti Corse en congédiant Guido Forti, toujours directeur d’équipe. Ce dernier saisit la justice pour mettre un terme à ce conflit de propriété, un processus difficile dans le système juridique italien. L’écurie tombe dans l’oubli pendant que le conflit de propriété est jugé, ce qui assombrit son avenir. L’équipe italienne fait face à la perspective de payer de lourdes amendes à la Fédération internationale de l’automobile pour avoir manqué des courses, voire d’être exclue pour avoir nui à la réputation du championnat, comme l’écurie Andrea Moda Formula en 1992.

Guido Forti retire finalement son écurie de la Formule 1 et ne prend donc pas part au Grand Prix de Hongrie, ni au Grand Prix de Belgique. Pourtant Forti, devant maintenant deux millions de dollars à la FIA pour avoir manqué ces deux courses, souhaite régler le conflit de propriété avant le Grand Prix d’Italie pour y participer, en vain. Forti devient la dix-huitième écurie de Formule 1 à disparaître en sept ans. Luca Badoer et Andrea Montermini restent sans volant le restant de la saison et les Forti FG03-96 ne participent plus à aucune course.

Lorsque Shannon Racing gagne le procès en septembre, Forti Corse n’existe plus. Les écuries de Shannon Racing dans les catégories inférieures du sport automobile ferment elles aussi leurs portes à la fin de la saison. Peu avant la disparition de son écurie, Guido Forti signe les Accords Concorde de 1997, qui auraient permis à l’écurie de participer à la saison 1997 si elle avait terminé la saison 1996, en raison des droits de télévision accordés à chaque équipe27.

La disparition de Forti marque non seulement le retrait de l’écurie de la Formule 1, mais aussi la disparition d’une équipe qui a connu le succès en Formule 3000 et dans d’autres catégories inférieures. Forti Corse aurait peut-être réussi son engagement en Formule 1 si elle avait réussi à conserver son budget de la saison 1995, conçu la Forti FG03-96 à temps, le départ de Pedro Diniz signifiant que l’écurie italienne avait peu de chances de survie, mais est devenue un autre exemple de petite écurie incapable de financer durablement un projet en Formule 1, une des dernières équipes privées à s’engager dans la catégorie-reine du sport automobile dans une époque où les grands constructeurs automobile accroissent leur participation dans ce milieu. Forti Corse est également cité avec Simtek et Pacific Grand Prix comme d’excellents exemples de cette tendance. Il a été également convenu que la quantité croissante d’argent impliqué dans le financement d’une écurie de Formule 1 a contraint de nombreuses écuries à se retirer de la compétition pendant les années 1990 et constitue ainsi une menace pour l’avenir de la discipline. Par ailleurs, certains observateurs considèrent que Forti Corse et d’autres écuries de niveau similaire ne méritaient pas leur place en Formule 1 et la règle des 107 % instaurée par la Fédération internationale de l’automobile à partir de la saison 1997 oblige donc les écuries à élever leur performance ou quitter la discipline.

Les monoplaces de Formule 1 de Forti Corse ont depuis été utilisées pour d’autres usages. Les Forti FG03-96 sont actuellement utilisées dans le cadre de journées de courses au Royaume-Uni sur des circuits comme Rockingham.

Source : Nextgen-Auto.com, Wikipedia.


12 janvier 2013 - 11h52, par Olivier Ferret 

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