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F1 - La fin des drapeaux bleus, une idée radicale et populaire ?

Plus de spectacle, moins de sécurité ?

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Le Grand Prix de Singapour a réveillé une polémique qu’on croyait plus ou moins éteinte en F1 : le régime actuel des drapeaux bleus, né en 1995, est-il le bon ?

Valtteri Bottas a longtemps été coincé derrière Nico Hulkenberg alors qu’il revenait sur lui à Singapour. Or, en raison notamment des perturbations aérodynamiques, ou de l’usure de ses pneus, il n’est pas parvenu à faire descendre l’écart entre lui et la Renault en-dessous des 1,2 seconde.

En effet depuis l’an dernier, le drapeau bleu ne peut être agité que si un pilote revient à 1,2 seconde d’un retardataire (la limite était de 1 seconde auparavant).

Valtteri Bottas a argué du fait que sur un circuit urbain, la perturbation aérodynamique était trop importante ; de plus, les F1 ayant plus d’appuis, les perturbations ont gagné en intensité. Selon lui, la règle des 1,2 seconde mériterait d’être revue.

Charlie Whiting, le directeur de course de la FIA, a dans la foulée écarté toute réforme prochaine. Bottas n’avait qu’à aller plus vite ! a répondu en substance Charlie à Mercedes.

Le système actuel a tout de même été confronté à ses limites à Singapour. Le cas de Valtteri Bottas n’était pas isolé. Romain Grosjean, en bataille avec Sergey Sirotkin, a écopé de cinq secondes de pénalité pour non-respect de drapeaux bleus. Max Verstappen en avait profité pour effacer rapidement son écart de 5 secondes avec Lewis Hamilton. « Ces gars sont fous » a même réagi le Britannique à la radio sur le moment.

Trois options sont sur la table de la FIA : le statu quo, l’adaptation de la règle en fonction des circuits ou des appuis des monoplaces, ou une dernière option plus radicale, la fin des drapeaux bleus.

La première option est celle évoquée par Charlie Whiting : les pilotes leaders doivent avant tout aller plus vite, et la règle, revue il y a un peu de surcroît, n’a pas à être réformée.

La deuxième option serait plus pragmatique et évolutive. La barre des 1,2 seconde pourrait évoluer en fonction, soit de l’appui des monoplaces (progrès techniques, changement de règlement), soit de la nature du circuit : ainsi sur un tracé urbain (Monaco, Singapour…), la barre serait relevée à 1,4 ou 1,6 seconde.

La troisième option est la plus radicale, mais pourrait être aussi la plus populaire : la fin des drapeaux bleus.

Charlie Whiting lui-même évoquait cette éventualité en mai dernier : « Nous savons que beaucoup de personnes n’aiment pas ce système, c’est pourquoi nous discutons de la possibilité de l’abolir. Cependant, nous devons réfléchir à une telle décision de manière très étudiée. »

En 2010, les patrons des nouvelles petites écuries entrées alors en lice, Caterham, Virgin et HRT, s’étaient, de manière logique, prononcées pour la fin des drapeaux bleus, qui pénalisaient le rythme de leurs voitures.

Tony Fernandes, le patron de la défunte Caterham, argumentait ainsi : « Les pilotes sont payés pour dépasser, que ce soit des retardataires ou des pilotes du haut du classement. Je crois que ce serait une bonne chose pour ce sport que les drapeaux bleus soient supprimés. S’il est si difficile pour un champion du monde de dépasser un retardataire, alors c’est triste pour ce sport. »

Richard Branson, le patron de Virgin, trouvait lui aussi « bien plus amusante » l’éventualité de la fin des drapeaux bleus.

En course à Singapour, on aurait ainsi pu imaginer une lutte beaucoup plus intense entre Max Verstappen et Lewis Hamilton, au milieu de la mêlée. A l’heure où Liberty Media veut rendre les courses plus spectaculaires et imprévisibles, la décision a de quoi être attractive.

Cependant, la fin des drapeaux bleus, en plus de mécontenter les grandes équipes alors que les prochains Accords Concorde se négocient, aurait un inconvénient sécuritaire : le risque de collision et de mésentente à 300 km/h repartirait à la hausse.

Une consultation des fans sur le sujet, méthode déjà employée par Liberty Media, ne permettrait-elle pas de trancher dans le vif ?


19 septembre 2018 - 17h10, par Alexandre Combralier 

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