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Endurance - Jacques Nicolet : La LMP1 2014 avance bien

Entretien avec le patron de l’équipe OAK


5 février 2013 - 22h30

En quelques années, OAK Racing et Onroak Automotive se sont imposés dans le milieu de l’endurance comme un concurrent et un constructeur incontournables. Quatre Morgan seront engagées aux 24 Heures du Mans et qui sait si une cinquième ne pourrait pas, dans les prochaines semaines, venir grossir cette liste. Jacques Nicolet mène sa barque sur le long terme alors qu’une marche bien haute apparaît à l’horizon avec le LMP1 2014. Entretien avec le patron de l’équipe niverno-sarthoise.

Jacques, vous maintenez votre présence en WEC avec deux Morgan engagées par le OAK Racing dans une catégorie qui, pourtant, n’offre pas de titre de Champion ?

« Oui, c’est vrai. Je trouve pourtant qu’ils serait normal que le LMP2 puisse également être l’enjeu d’un titre de Champion du Monde. Mais laissons le temps au temps. Le championnat est encore jeune. Cela viendra peut-être mais je pense que l’effort que cela nécessite de disputer un tel championnat mérite plus qu’un simple trophée en retour... »

Quelles sont les évolutions apportées durant l’hiver, à la LMP2 qui va disputer ce WEC 2013 ?

« Nous nous sommes donnés les moyens de mieux intégrer le moteur Nissan. Nous avons malheureusement redécouvert au cours de la saison, et ce malgré la qualité de ce moteur, beaucoup de petits problèmes inhérents au fait que tous ces V8 ont des fréquences de vibrations différentes. Nous avons donc subi des problèmes de démarreur ou d’échappement. Je pense que nous avons réglé tout cela maintenant. Nous avons également continué à travailler sur la mise au point de l’auto mais dans un cadre assez serré du fait du règlement. Par contre, nous disposerons probablement d’une version spécifique Le Mans comme les textes nous y autorisent. Nous travaillons ce sujet en même temps que nous passons en soufflerie pour la LMP1 2014. Mais lorsque l’on regarde la saison 2012, clairement, la performance était là et ce qui nous a manqué, c’est la fiabilité. C’est donc sur ce sujet que nous avons axé notre travail de l’hiver. Celui-ci n’est d’ailleurs pas fini. Nous allons désormais faire pas mal de travail de roulage. »

Eric Bachelart et Conquest Racing ne poursuivent pas l’aventure cette année par contre, vous avez vendu une Morgan en Chine !

« Avec Eric Bachelart, tout s’était mis en place un peu tardivement au début 2012 et cela s’est avéré un peu compliqué. Mais effectivement, l’équipe chinoise KCMG nous a acheté une auto. Je pense que malgré nos soucis de fiabilité, la vitesse démontrée par la voiture les a convaincu. C’est très important pour nous car cela nous permet de mettre un pied sur le marché asiatique et plus particulièrement en Asian Le Mans Series. Donc, nous allons accompagner de très près cette équipe afin qu’elle soit au mieux de ses performances dans ce championnat et nous l’accompagnerons également aux 24 Heures du Mans. Le fait que l’ACO ait accepté cette équipe, débutante en endurance, donne un signe fort de l’enjeu que l’Asian Le Mans Series représente. »

Vous délaissez le LMP1 pour 2013 ?

« Oui et nous le regrettons. Mais nous restons pour l’instant une équipe privée et comme vous le savez, et tout le monde le dit, la conjoncture est particulièrement difficile. Mener de front l’engagement de deux LMP2 et la construction de A à Z de la future LMP1 pour 2014, c’est déjà pas mal. Je dirai même que c’est assez exceptionnel. Après, nous sommes des compétiteurs dans l’âme et je n’aime pas renoncer, je crois que je l’ai déjà démontré. Nous faisons pas mal d’effort pour rester dans la course. L’an passé, nous avons changé de moteurs dans les deux catégories en milieu de saison. Pour une équipe privée, cela représente une charge de travail incroyable. »

Vous parlez de « construction » pour la LMP1 2014. Vous en êtes déjà à ce stade ?

« La construction mécanique n’a pas encore commencé mais nous sommes bien avancés au niveau des études. Nous avons déjà engagé plus de la moitié du budget prévu pour celles-ci. Nous en sommes au stade des maquettes et du passage en soufflerie. Nous commençons à bien cerner les différentes options possibles sur la voiture. »

Mais il y a une différence entre lancer l’étude d’une nouvelle voiture et engager réellement sa fabrication avec les coûts très élevés que cela implique. On a connu nombre de projets bien avancés au niveau études qui n’ont jamais franchi l’étape suivante.

« Après, ça dépend de l’esprit de l’équipe. Nous avons montré que nous ne renonçons pas facilement. Nous ne sommes pas à l’abri, bien sûr, mais je pense que si nous, nous n’y parvenons pas, il n’y aura pas beaucoup de monde qui va y arriver. »

Vous m’aviez déjà dit que vous ne vous lanceriez que si vous aviez un partenariat avec un constructeur...

« Oui mais rechercher ce partenariat et mener les études en parallèle, ce n’est pas incompatible. C’est en cours et ça fait partie du process normal. Il faut laisser le temps au temps. Nous y travaillons très fort. D’ailleurs, pour nous donner plus d’atouts dans nos démarches avec les constructeurs, j’avais souhaité anticiper au maximum afin que nous soyons bien avancés dans l’étude de notre LMP1. »

En tant que concurrent privé, que pensez-vous de cette réglementation qui rend l’hybride quasiment obligatoire si l’on souhaite être performant ? Et qui de ce fait contribue à une augmentation sensible des coûts ?

« Oui, c’est vrai et c’est la raison pour laquelle, je pense qu’une écurie privée comme nous ne peut raisonnablement imaginer participer en LMP1 hybride sans pouvoir s’appuyer sur un partenariat avec un constructeur qui apporte le groupe moto-propulseur. Je crois qu’il n’y a pas d’autre issue. »

Est-ce que vous mettrez à la vente cette LMP1 ? Est-ce une composante incontournable du modèle économique pour que vous lanciez sa fabrication ?

« C’est beaucoup trop tôt pour le dire, il peut y avoir plusieurs modèles possibles. Pour l’instant, nous sommes concentrés sur l’efficacité de cette future voiture et nous verrons ensuite les options qui vont s’offrir à nous. »

Les études sont menées intégralement en interne ou vous vous appuyez sur des compétences extérieures ?

« Notre bureau d’études dirige complètement la manœuvre avec, ponctuellement, des soutiens externes lorsque cela nécessite des compétences très pointues sur des domaines très spécifiques. »

Mais pour mener l’étude d’une voiture, il faut bien partir d’un encombrement du groupe moto-propulseur. Vous avez une idée aujourd’hui de ce à quoi il ressemble ?

« Oui, on a plusieurs solutions en parallèle. (Sourires) Ca fait partie de la conception de l’auto... Nous avons l’habitude de ce genre de démarche avec la LMP2 qui est disponible pour nombre de moteurs avec à chaque fois un arrière complètement différent. »

Comment jugez-vous la fusion entre Grand-Am et ALMS. Quelles sont ses répercussions pour vous, constructeur de LMP2 ?

« Clairement, l’incertitude sur ce qu’il va se passer pour le LMP2 dans cette nouvelle série l’an prochain fait que clairement, il va y avoir très peu de P2 cette année en ALMS. Plus que le prix de vente de l’auto, les équipes ont besoin, pour se décider, de savoir exactement quel sera la compétitivité d’une P2 face à une DP. Or aujourd’hui, nul n’en sait rien. Est-ce que effectivement, l’équivalence sera réelle ? Les P2 seront-elles légèrement avantagées ? Le contraire ? De plus, il y a la concurrence des LMPC qui sont très bien implantées là-bas et qui constituent une solution de facilité pour les équipes. Car la réglementation 2014 est plus claire pour les LMPC que pour les LMP2 et cela ne joue pas en notre faveur. »

On aura bien essayé de creuser pour en savoir plus sur cette future LMP1 2014 mais sans succès ce qui n’est pas une surprise... D’ici là, afin de prouver définitivement sa valeur, OAK Racing se devra de convertir la vitesse de sa Morgan en victoires, voire en titres. Cela ne pourrait qu’aider au lancement réel et définitif de la P1 2014. Et offrir ainsi une réelle alternative aux voitures d’usine. Le P1 en a besoin, les spectateurs également !

Propos recueillis par Laurent Chauveau



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