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F1 - Williams recherche l’aide d’un grand constructeur pour revenir au sommet

La seule solution dans une F1 aussi inégalitaire

18 décembre 2017 - 15h42, par Alexandre Combralier 

Le spectacle en F1 pâtit de l’écart considérable existant entre les écuries de pointe (Mercedes, Ferrari et Red Bull) et les autres équipes. De fait, avec un plateau plus serré, les courses seraient plus excitantes, plus incertaines.

La solution, pour améliorer le spectacle, serait donc avant tout une question d’argent. Mais les considérations liées à la technologie, au règlement, sont évidemment liées à ce sujet. Williams, une écurie privée en déclin depuis deux saisons, ne pense pas autrement.

« Il est essentiel de corriger les bases économiques de la F1 » avertit ainsi Mike O’Driscoll, chef exécutif à Grove. « Corriger ces fondamentaux rendra la course plus compétitive et spectaculaire pour les fans. Et cela aidera toutes les équipes à être compétitives de nouveau. »

Dans les années 1980 et 1990, Williams, une équipe indépendante, pouvait dominer le plateau sans rougir face aux mastodontes. Désormais, un tel objectif semble irréalisable. Comment expliquer un tel déclin ?

Claire Williams surenchérit alors en décrivant une situation où les équipes « ne partent pas à égalité ». La directrice de l’écurie fait ici écho aux primes versées à chaque écurie, qui dépendent trop du classement final ou de considérations purement historiques (Ferrari reçoit ainsi plus d’argent simplement pour le simple fait de participer au championnat).

« Vous avez besoin d’argent pour gagner un championnat, mais avoir plein d’argent ne vous garantira pas pour autant la victoire à tous les coups. Mais le sport a besoin d’une distribution plus équitable des revenus » confirme Mike O’Driscoll.

« Le budget de Williams est de 125 millions de livres par saison, soit à peu près 35 ou 40 % du budget d’une grosse équipe. Pour Williams, ce budget couvre aussi pour une grosse partie les frais généraux, ce qui signifie qu’il y a encore moins d’argent à dépenser en R et D. »

Williams, malgré ces résultats en déclin, conserve une base de fans impressionnante. Cette année, plus de 30 000 fans se sont rendues à Silverstone, en pleine semaine, pour un évènement promotionnel organisé par l’écurie.

« Nous sommes chanceux d’avoir une fan-base aussi solide » se réjouit Paddy Lowe, le directeur technique, ancien de Mercedes. « Ce soutien, à Silverstone, montre la force de la marque Williams. Nous avons une responsabilité : conserver cette attractivité. C’est l’objectif de chaque employé chez Williams : gagner des courses de nouveau. Et nous sommes déterminés à y arriver. »

Une telle ambition paraît irréaliste quand on sait la différence de budgets entre les écuries. C’est pour cela que Williams recherche activement le soutien d’un constructeur, comme par le passé avec BMW.

« Un partenariat avec un manufacturier est d’une grande aide, parce qu’ils fournissent à la fois le moteur et la R et D. Donc vous bénéficiez de ces ressources et de ces apports financiers. »

Pour Mike O’Driscoll, il y a des gens de talent chez Williams… mais il manquerait du budget pour exploiter toutes leurs compétences.

« Nous avons renforcé beaucoup de secteurs techniques au sein de l’équipe. Nous sommes très chanceux d’avoir Paddy et nous avons aussi réussi à recruter des personnes extrêmement talentueuses pour notre équipe. »

Comme il n’y a pas que l’argent ou les ingénieurs, un dernier facteur peut faire la différence pour assurer le retour en grâce de Williams : avoir un pilote talentueux. A quel point un bon pilote est-il crucial pour Williams selon Lowe ?

« Est-ce que la victoire revient au pilote ou à la voiture ? Je dirais que c’est du 50-50. Si vous voulez gagner, vous ne pouvez avoir l’un sans l’autre ; les meilleures pilotes ont toujours tendance à gagner des courses, donc le pilote demeure un facteur très important pour gagner. »

A l’heure où Williams pourrait aligner l’an prochain deux pilotes inexpérimentés (Lance Stroll et Sergey Sirotkin), voilà qui n’annonce peut-être pas un retour en grâce dès 2018.


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